Naville, III. 135, trf
LA RELIGION DE MAINE DE «IRAN
sensation et aux diverses transformations qu'elle peut subir. Ainsi pourraient s'expliquer également les divergences qui existent entre les opinions des divers moralistes sur la nature humaine. La Rochefoucauld prétend que l'homme est foncièrement égoïste, Rousseau qu'il est naturellement bon. En vérité, il est l'un et l'autre à des degrés différents, selon les individus et les circonstances- Il y a une part de vérité dans chacune de ces opinions, en apparence, contradictoires. Elles ne sont fausses que parce qu'elles se donnent pour la vérité complète. Au fond, malgré la diversité des systèmes philosophiques, il n'y a pour M. de Biran qu'une seule philosophie intellectuelle et morale, la philosophie des Socrate, des Descartes, des Leibnitz, des Kant^
Mais il n'y a de même qu'une vraie religion, et les premiers dogmes des notions éclairées par Dieu s'accordent avec ceux des premiers sages. C'est en nous que nous retrouvons la signilication profonde de ces premières vérités. Lorsqu'elles furent proclamées parles prophètes, l'humanité ne les a acceptées que parce qu'elle n'a fait en somme que les reconnaître. Ils ont exprimé ce que tous sentaient confusément sans avoir le pouvoir de le discerner. Ils leur ont fait prendre conscience de ce qu'ils savaient, mais de ce qu'ils n'étaient pas assez habiles pour apercevoir-.
Il ne faut pas distinguer entre les vérités religieuses et les vérités philosophiques. Leur source est la même ; aussi pourquoi ne dirait-on pas, dans le sens le plus éminent de ce mot; la philosophie de Jésus-Christ ou des Evangiles comme on dit : la philosophie de Socrate-^ f
M. de Biran reconnaît l'existence des deux révélations ; il ne nie pas la valeur et l'autorité de la révélation externe dans son domaine ; mais en définitive, pour la bien entendre, il faut toujours en revenir à la révélation intérieure ; ce qui
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