‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 15 sur 178 · LE FAIT PRIMITIF · texte numérisé non relu

LE FAIT PRIMITIF

par une force hyperorganique sur cette partie du système musculaire qui est placée s*Ôus sa dépendance. C'est un sens, si l'on veut, mais un sens original, le sens de l'effort, ou de l'activité.

La théorie de M. de Biran se trouve ainsi également éloignée de celle de Condillac qui ramène la conscience à la sensation, et de la thèse cartésienne qui en fait l'attribut d'une substance toute spirituelle. La conscience est une réalité positive, non transcendante*; c'est un fait singulier qu'on ne peut expliquer, en ce sens qu'on ne peut le réduire à une idée plus simple, ou à une image sensible ; mais on peut du moins déterminer les conditions de son existence. Quand nous voulons agir, dit M. de Biran, il se produit dans notre cerveau comme la détente d'un ressort central qui semble entrer en action par lui-môme ; cette détermination motrice une fois produite dans le centre est transmise immédiatement par les nerfs jusqu'à l'organe musculaire ; enfin celui-ci se contracte, la conscience ou le sentiment de l'etTort ne se produit qu'à ce moment-là ».

L'action de la volonté est immédiate et instantanée. « La force manifestée et son produit sensible, externe ou interne, coexistent en un seul point indivisible du temps et sont inséparables, quoique distincts, dans la dualité primitive qui constitue l'existence même du moi. Admettez le moindre intervalle ou le plus simple intermédiaire sensible entre un acte de vouloir et son effet, vous dénaturez cet acte, vous détruisez la force même dans son principe ou son mode essentiel de manifestation -\ » Vous réduisez en d'autres termes la volonté au désir, et sa relation au mouvement produit au lieu d'être une action véritable, c'est-à-dire la relation d'une cause à son effet, n'est que la consécution habituelle de deux faits.

Le désir, en effet, pour M. de Biran, n'est jamais une

IbUl ?îrT''/,;//' '**f -:2*^- ^*^«'- ^"'' les fondements de la psychologie, louf. i. 111, Anthropologie, p. 477-480.

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