‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 150 sur 178 · Naville, HI · texte numérisé non relu

Naville, HI

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passent ou changent, soit qu'elles se perfectionnent, soit qu'elles s'altèrent dans la succession des âges'. »

Ainsi ont procédé les vrais sages de tous les temps.

De Donald dit que l'homme doit croire aux vérités universelles, morales, sociales, qu'il trouve établies dans la société, sans aucun examen, et sur la foi de la société et du genre humain. — Mais, répond M. de Biran, si Socrate et Jésus ont su s'élever au-dessus de toutes les vaines croyances du paganisme, généralement et unanimement établies dans la société de leurs temps, ils se sont rendus coupables envers elle, et par conséquent, il faut dire que la sentence qui les condamne était justifiée? « Malheureux donc ceux qui naissent dans les sociétés où régnent encore les ténèbres, où les premières vérités de la religion et de la morale se trouvent obscurcies ou altérées par un mélange de superstitions ridicules ! Leur raison doit pour toujours (S'enchaîner aux croyances de la société, elle n'a aucun moyen, aucun droit de se relever, et l'bxamen de ce qu'il faut croire lui est interdit-. »

Qu'est-ce du reste que cette société « considérée en général » « gardienne des vérités fondamentales de l'ordre social » ? « Ce n'est point l'esprit humain, ce n'est aucun entendement individuel qui est le siège, le véritable sujet d'inhérence des notions ou des vérités dont il s'agit ; mais c'est la société qui douée d'une sorte d'entendement collectif, différent de celui des individus, en a été imbue dès l'origine par le don du langage, et en vertu d'une influence miraculeuse exercée sur la masse seule indépendamment des parties. L'individu, l'homme n'est rien : la société seule existe; c'est l'àme du monde moral; elle seule reste, tandis que les personnes individuelles ne sont que des phénomènes. Entende qui pourra cette métaphysique sociale^ ! ».

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