‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 151 sur 178 · Id · texte numérisé non relu

Id

L A.NTHUOPOLOGIE DK MAINE DE UIRAN

Les vérités psychologiques, religieuses et sociales sont au contraire, pour M. de Hiran, essentiellement individuelles, « en tant qu'elles sont propres à chaque individu et nées avec lui ou créées avec le sentimeri'. de sa personnalité* », cl c\\c6 ne sont des vérités, « qu'autant que chacun les constate à leur titre par la réflexion doid il est doué ». Ces vérités n'en sont pas nioins universelles et nécessaires; bien plus, elles ne peuvent létre qu'à cette condition-'. Les vérités transmises aux individus par la société sont seuhMuent générales ou spécifiques, et relatives à telle position ou circonstance particulière ■; elles sont transnn'ses soit au moyen de l'enseignement direct, soit par l'influence de l'exemple ; elles ont leur raison d'être dans des habitudes sociales, variables selon les temps, les pays et différent plus ou moins selon les individus '. Bien loin de venir du dehors, les vérités universelles, quel qu'en soit l'objet, sont comme l'instinct des êtres intelligents ou moraux, et viennent de lindividu lui-même en tant qu'il vit en société, mais non de la société ^ Ce qui est vrai des animaux l'est aussi des hommes : « Si les animaux font tous la même chose, c'est qu'ils agissent d'après une sorte de modèle intérieur, primitif, donné à tous également et uni à chacun d'eux, ou indivisible ment lié au principe de sa vie propre ; et par suite, c'est qu'ils ne se copient pas ou ne s'imitent pas les uns les autres. Car s'ils se copiaient ou s'ils agissaient d'après ce modèle extérieur, en vertu des premières habitudes acquises ou d'un enseignement donné, ils feraient tous des choses difTérentes plus ou moins analogues, et jamais les mêmes parce qu'ils mêleraient toujours plus ou moins de leur propre à ce qui leur vient du dehors ^ » On peut dire

Page 1