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l'aNTHROPOLO(JIE de MAINE DE BIRAN
théisme c'est l'enfance (1(^ la reli^non. Le panthéisme en est la négation ; il est nrr.r yeux de M. de Hiran synonyme d athéisme. Jyieu comme tout ce qui existe doit être conçu comme cause ; c'est une force irifinre, existant par soi, et ayant le sentiment de sa perfection. Le sentiment religieux qui s'adresse à la persoime divine, constitue toujours, si Ton veut, une sorte d'anthropomorphisme, mais cet anthropomorphisme peut être tout spirituel, c'est-à-dire dégagé de toute superstition, en ce sens cpie « l'homme ne peut aimer ni honorer, dans Fauteur des existences que la perfection des mêmes qualités et des mêmes vertus, par lesquelles il sympathise de toutes les forces de son àme avec des êtres d'une nature semblable à la sienne* ».
Nous ne pouvons pas concevoir d'une façon adéipiate la perfection de Dieu ; mais notre certitude de son existence suffit à fonder le sentiment religieux. « Aussitôt (pie Dieu est pensé, le monde est expliqué. Comme on n'a pas besoin de concevoir le comment de l'action de l'àme sur le corps pour avoir le sentiment de cette action, ou la conscience de liberté et d'individualité, on n'a pas plus besoin de concevoir le comment de la création ou de l'action de la cause suprême des existences sur le monde et sur lame, pour en avoir le sentiment et y croire néces.sairement comme au fait de Texislence-. » Nous ne savons pas comment le moi agit sur le corps et cela n'empêche pas que nous ne soyons absolument certain (certissimà scientià et clamante conscientià) de son action. De même, nous ne savons [)as comment la force qui meut les corps leur imprime ou leur communique le mouvement, bien plus, nous ne devons pas chercher à le savoir. L'erreur de Descartes fut précisément de feindre une hypothèse pour expliquer le comment de cette action. Rien n'est plus ridicule, dit M. dcHiran, que la manière dont il veut expliquer les vertus de l'aimant. Notre connaissance a des limites
l. N'avilie, III, 49.
LA RELIGION DE MAINE DE BIRAN
nécessaires, qu il est déraisonnable de vouloir franchir. Au fond tous ces concepts intermédiaires que les mystiques ont placés entre Dieu et nous sont une construction de l'imagination; c'est une sorte de rêve logique, sans fondement dans la réalité.
La réalité, telle que la conçoit ^L de Biran, est constituée par trois ordres de faits distincts, et irréductibles les uns aux autres : rim|)ression vitale, le sentiment de Teffort musculaire, l'existence de Dieu ; nous saisissons en nous comme trois plans de conscience superposés, qui sont en relation du reste les uns avec les autres, mais qui sont d'origine et de nature différentes. C'est en vain qu'on prétendrait déduire de la sensation animale comme la fait Condillac tout le svstème des opérations intellectuelles ; il est de même impossible de déduire des notions intellectuelles, cet ordre de vérités divines auxquelles on s'élève par le sentiment. On ne pourrait pas davantage une fois qu'on s'est élevé jusqu'à Dieu, déduire de son existence l'existence des êtres finis et les rapports qu'ils ont entre eux. 11 est impossible à l'esprit humain de relier ces différents ordres de fait entre eux et à l'existence de ])ieu, qui, dans l'ordre des essences, est le fait primitif, par la voie du raisonnement. Dieu est infiniment élevé au-dessus du moi. « Quand nous cherchons à le saisir sous son idée propre, notre intelligence retombe sur ellemême, saisie d'efïroi comme dans une sorte de vertige qui s'empare de nous à la vue du plus profond abîme : « Parleznous vous-même », disaient les enfants d'Israël à Moïse, mais que le Seigneur ne nous parle pas, de peur que nous ne mourions ^ )>.
Le langage même de Moïse, comme celui du Christ plus pur encore, plus intérieur, nous ne pourrions l'entendre, si nous n'en trouvions pas en nous, dans le langage intérieur de notre àme, l'expression approchée.
« On a beau faire, la p.sychologie, science de l'homme inté-