‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 154 sur 178 · Naville, III · texte numérisé non relu

Naville, III

l'anthropologie de MAINE DE lURAN

rieur, se présentera toujours comme la première science, celle qui donne à la croyance ses fondements nécessaires et sans laquelle cette croyance n'est qu'un rêve de malade, une superstition aveuj^^le et grossière' ». C'est faute d'avoir connu la vraie philosophie et pour s'être écartés de la voie tracée par Socrate et Platon, que l'on a pu renouveler au moyen Age « les doctrines cabalistiques des alexandrins et des théosophes, le système des émanations, les visions extatiques, la démonologie, la magie et la divination- ». Quand les philosophes abandonnent le terrain solide de rex[)érience, ils se perdent forcément soit dans les vaincs abstractions de la raison logique, soit dans les extravagances d'une imagination délirante.

c. Rapports de la religion avec la psychologie.

Aussi la religion de M. de 15iran est-elle fondée sur son expérience même de la vie, éclairée par la réflexion ; en même tem})S qu'elle répond aux aspirations et aux besoins intimes de son àme, elle s'accorde avec lensemble de sa philosoi)hie et en est, en quelque sorte, comme nous le disions, le couronnement. Le sentiment religieux, qui a selon lui sa nature jjropre, et qui réside dans un sens distinct du sens intime et de la cœnesthésèse, n'en a pas moins quehiues-unes de ses conditions dappiUMtion dans ces sens inférieurs et, à un certain point de vue, extérieurs à lui.

Pour les myslicpies et tous les vrais croyants l'expérience religieuse est constituée i)ar deux états opposés entre lesquels est ballottée l'àme humaine, d une part, un état de sécheresse qui consiste dans l'ennui, linquiétude, le mécontentement de soi, d'autre part un sentiment de consolation et de joie qui engendre la béatitude. Ce rythme, variable selon les individus, des Ames religieuses, est analogue au

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