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L ANTUaOl'OLOllIE DE MAINE DE HIUAN
admet au contraire pleinement l'idée de la grâce, et c'est j)ar là surtout qu'il se rattache au christianisme.
Les stoïciens ont trop présumé des forces humaines. Livrés à nous-mêmes, nous ne pourrions nous soulever du sol où nous attache notre corps, et nous élever à la vie de l'esprit. L'homme a besoin pour cela d un secours, d'un ai)pui extérieur; c'est j)ar l'idée du Fils médiateur entre Dieu et riiommc que la philosophie chrétieime, se distinjj^ue surtout, à ses yeux, de la j)hilosophie stoïcienne ^
Si Ihomme ne fait pas le mal volontairement, il est bien rare qu'il j)uisse s'attribuer* tout le mérite de ses bonnes actions. Dans les dernières aimées de sa vie, >L de Biran revient souvent sur cette idée qu'il ne se sent pas l'auteur de ses bons mouvements, de ses bonnes pensées, des sentiments d'enthousiasme (pii le lransj)orlent ou de consolation qui l'apaisent. Or il n'y a de paix véritable, précisément (jue dans de tels états qui sont comme un don de la bonté divine, (( Heureux les hommes qui se seiitent inspirés, c est-àdire (pii sont placés sous lintluence de ce bon génie qui les conseille et les dirige- î »
Mais cette puissance qui produit en nous, par sa présence, le sentiment relii»-ieux reste mvstérieusc et impénétrable. Oue aairne M. de Hiran, dans sa recherche du bonheur, à la substituer à cette nature indifférente à nos maux, mais que le hasard nous rend quebjuefois propic(* ? Dans le premier comme dans le second cas, notre bonheur n"est-il pas à la merci d'une force étrangère? Kncore avait-il l'espoir, autrefois, que la médecine pourrait un jour arracher à la nature la coimaissance de ses secrets et découvrir les conditions physiques du bonheur. Mais comment espérer connaître jamais les desseins de Dieu et se rendre sa volonté favorable? Est-ce que notre destinée ne reste pas aussi incertaine, notre bonheur aussi instable ? Ces illuminations, ces joies