Naville. III, 5i8. Anthropologie
4. Naville, III, 314. Souvelles notes sur l'Évangile de saint Jean.
LA RELIGION DE M.UNE DE BIUAN
Ces trois vies sont exprimées, dit M. de BiranS dans les paroles de ILvangile de saint Jean ; de telle sorte que la vraie psychologie est comme le commentaire de cet Evangile. « Comme Jésus-Christ, le Verbe incarné médiateur, manifeste le Père, l'esprit en soi, la cause première de tout ce qui est, de même saint Jean, le précurseur annonce l'intelligence, le Verbe, mais il n'est pas le Verbe. Le moe, le Verbe incarné (ou entièrement uni au corps, à la chair), manifeste l'àme, comme il est manifesté, annoncé, par les signes corporels empreints dans l'organisation humaine. L'analogie, ajoute M. de Biran, me semble parfaite. »
Cette analogie, que M. de Biran établit entre la révélation interne et la révélation externe, fait nettement comprendre sa pensée sur les rapports de la philosophie et de la religion. « La vérité psychologique intérieure, dit-il en un autre endroit, correspond^ pleinement à la vérité religieuse absolue ou extérieure. Cela prouve que ceux qui veulent tout faire venir du dehors à l'homme, en proscrivant toute spéculation ou recherche psychologique, entendent aussi mal les intérêts de la religion que ceux de la philosophie ou de la raison-. » C'est vraisemblemcnt à de Bonald qu'il pensait, en écrivant ces mots.
Ainsi c'est en se connaissant soi-même qu'on pourra s'élever à la connaissance deDieu. La vie humaine est le symbole exact de la vie divine. La parole extérieure, l'effort musculairc, sont l'expression du moi ; mais le moi lui-môme n'est que la production à la lumière de la conscience d'une réalité plus profonde et cachée. Il n'épuise pas toute la richesse interne ou la fécondité de notre être ; il annonce une réalité qui le dépasse ; et ce que nous connaissons clairement ne doit pas nous faire nier ce que nous ne pouvons pas connaître de la même manière, mais qui, par nature, reste objet de croyance. De même dans la Trinité évangélique, saint Jean