‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 168 sur 178 · Journal, Naville, p · texte numérisé non relu

Journal, Naville, p

TISSERAND. — I-

LANTURuPoLOr.IE DE MAINE DE lUHAN

cxpliqiK^rquoM. de Hiran soit libéral en {)hilosopliie, et conservateur, c'est-à-dire |)artisan de la tradition en politique? La contradiction est plus apparente que ré(dle. Ses opinion^ politiques s'expliquent (comme ses croyances religieuses), par des raisons, d ordre psycliologi(|ue. M. \aville en a très justement fait la remarque, et nous nous bornerons à citer ou à résumer les quelques pages excellentes où il trait^^ cette

question.

« Le repos, Tordre, telle est en matière [)oliti(pie son invariable^ devise. L'observateur le plus superficiel saisira la relation de cette tcMidance de son esprit avec sa constitution physicpie et morale. Impressionnable comme il l'était, ressentant dans le trouble de ses sentiments et même dans le désordre de son organisation, le contre-coup douloureux des commotions (wtérieures, il ne pouvait contempler qu'avec effroi le spectacle des tempêtes politiiiues. D'autres ont besoin des excitations du dehors pour se sentir exister ; il leur faut de fortes secousses pour préserver de la langueur une nature ([ui saffaise dans le calme. Il portait, lui, dans ses nerfs agités, dans les mille variations d une sensibilité presque féhril«^ une source de mouvement qui n'était cpic trop abondante. Une base lixe, un point d'appui constant, tel était, nous lavons vu, le premier désir de son àmc ; lorsqu'il portait sa pensée sur les faits sociaux, ce désir se manifestait avec autant d énergie (pi en toute autre occasion. Il n'est pas rare qu'on souhaite la paix au dehors avec d'autant plus (h' vivacité ([uon la trouve moins au dedans de soi. Les vues de M. de Hiran sur la marche des sociétés se rattachent donc par un lien assez étroit à sa nature personnelle. On ne saurait toutefois, sans faire injure à sa mémoire, expliquer uniquement par les faits de cet ordre la ligne de conduite qu'il adopta. Une politique, qu on pourrait nommer presque d'instinct, trouve une base plus ferme dans ses opinions rétléchies^ »

1. NavilUv Vie de Marne de liimn (d5-5Gi. Introduction au livre intitulé : Maine de lîiran. Sa vie et ses pensées, c est-à-dire a,uJournaliniime.

Page 1