SES IDÉES POLITIQUES ET >OCIALES
« En métaphysique, il avait restauré les droits de la volonté, qui fait la personne. C'est encore dans la valeur accordée à la })ersonne humaine qu'est le point de départ de sa doctrine sociale. » A ses yeux, la seule fin légitime de l'État était de placer chaque individu dans un milieu convenable pour son développement normal. « Il m'est bien évident, écrit-il, que le seul bon gouvernement est celui sous lequel Ihomme trouve le plus de moyens de perfectionner sa nature intellectuelle et morale et de remplir le mieux sa dc^stination sur la terre \ » Et ce gouvernement sera celui qui assurera la garantie de ses intérêts, par le maintien de
Tordre.
Il n'est donc pas nécessaire selon lui. que chaque citoyen jouisse du droit de sutîrage et de la liberté polit iipie. La conséquence, au contraire, de cette égalité (pTil nomme la folie du siècle, c'est de dévelo|)per « l'ambition, la jalousie, !e besoin de })arvenir, l'esprit de révolte et l'esprit de domination », toutes dispositions contraires à la véritable culture des âmes, à leur véritable perfectionnement. « La souveraineté du peuple, dit-il, correspond en politique à la suprématie des sensations et des passions dans la philosophie et
la morale -. »
Le repos de la société. Tordre sans lequel le libre développement de chacun est impossible ne saurait davantage être assuré par le desi)otismc ce qui ne maintient une paix extérieure que par la destruction violente de toute liberté individuelle )). Il ne p(Hit être assuré que « par un pouvoir ap[)uyé sur la foi politique des peuples et non sur la force des armes ou sur les passions de la multitude ». Or, l'idée de la légitimité est éminemment propre , par les sentiments qu'elle inspire, à atteindre ce but ; car elle obtient soumission volontaire i)Our le présent et coniiance pour
avenir^ ».