‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 170 sur 178 · Id · texte numérisé non relu

Id

l'anthropologie de malne de iuran

« Hors de la légitimité, dit M. (\o Hiran , je ne vois qu'anarchie ou despotisme ^ »

Jalousie, crainte servile, tels sont les sentiments du peuple dans l'état révolutionnaire et l'état despotique. « L'amour de nos rois tel ((u il était chez les Français était au contraire un sentiment religieux comme l'amour divin; c'était une sorte de culte (pii élevait l'àme et pouvait comme 1 honneur commander tous les sacrifices d'intérêt personnel, de la vie même-. » Ainsi M. de Hiran était royaliste, de cœur et d esprit.

La religion lui apparaît comme aussi nécessaire au perfectionnement et au honheur des peuples que la monarchie traditionncdle ; comme elle, elle est étroitement liée à certaines mu'urs, ([ui sont elles-mêmes solidaires des institutions.

« Améliorez les m^'urs i)ul)lic[ues, simplifiez les goùls et les habitudes, apprenez aux Français à connaître un peu le sérieux de la vie, cultivez les atlections, resserrez les liens de la famille, et vous pourrez les ramener peu à peu au sentiment religieux. Us sentiront en même temps ([u il y a un Dieu, un prince, une patrie ; ils en feront le mobile et le but

de leiu' vie'' »

Le sentiment religieux n'est pas un produit de l'activité du moi. Les religions ne peuvent être créées par la volonté des législateurs. M. de Biran écrit sur ce sujet des réllexions bien intéressantes, à la suite d'une procession de la Fête- Dieu à hKjuidle il venait d'assister à P>ergerac, en ISIO.

« Kn voyant ce peuple nombreux marcher en bon ordre, en suivant les bannières et la croix, prier avec ferveur, tomber à genoux au premier signe et l'air d(\jubilation de la nudtitude, je réiléchissais sur cette force des institutions (jue l'homme ne crée pas, mais que la religion et le temps

1. Vie de Maine de Biran, j8-50. Cité par M. Naville. 2». Journal (inédil), avril 1814.

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