‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 171 sur 178 · Journal. Navillc. p · texte numérisé non relu

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SES IDÉES roLlTlgUES ET SOCL\LES

vV.»

seuls peuvent consacrer. Que les lois humaines ordonnent des fêtes ; que les magistrats prennent toutes les mesures possibles pour les faire célébrer : tout sera inutile, parce que le premier mobile manque, savoir le sentiment qui ne se commande pas, et qu'aucune autorité humaine ne peut faire naître, mais cpii se rattache s[)ontanément à certaines images confuses qui emportent avec elles l'inlini du temps et de la durée. Ce sentiment de l'inlini est identique au sentiment religieux ou il en est la base. Or, tout ce que l'homme fait est nécessairement lini ou limité à une portion déterminée de l'espace et du lemi)s. Donc Thomme n'a pas le pouvoir de faire une religion, ou de créer une institution quelconque à laquelle puisse se rattacher le moindre sentiment religieux. Dans un siècle où l'on raisonne de tout, où Ton demande que tout soit démontré, il ne peut y avoir des religions ni aucune institution proprement dite ; l'analyse fait évaporer le sentiment. Sicile veut remonter jusqu'à la source où il se rattache et en mettre la base à nu, elle ne trouvera rien, elle niera la réalité de cette base sans s'apercevoir qu elle n'est pas de son ressort. Le chimiste ne peut pas davantage mettre à nu le principe vital, en niera-t-il pour

cela 1 existence ?

« Tout ce qui porte le caractère d institution, tout ce qui parle à Tàme sans l'intermédiaire des sens et de la raison, doit exciter notre respect; il faut bien se garder de vouloir le faire rentrer dans le cercle étroit de nos raisonnements ou de nos idées claires. Les philosophes du \\m' siècle se sont lourdement trompés à cet égard ; il n'ont pas connu

l'homme*. »

Cet esprit conservateur de M. de Biran, que Ion eût diflicilemcnt expliqué, s'il n'avait pas dépassé le point de vue du moi, c'est-à-dire de l'activité, s'explique au contraire par sa conception des sentiments qui constituent la vie de l'esprit. Ces sentiments sont au regard du moi subis. Ils dépendent en

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