CHAPITRE VIII
CONCLUSION
a. i: Anthropologie (la doctrine et la méthode). — b. Place de la philosophie de Maine de Biran, dans l'histoire de la philosophie. — c. ExumeJi critique.
a. L'Anthropologie {la doctrine et la méthode).
L'idée que M. de Biran se fait de la nature humaine est beaucoup plus profonde que ne l'a dit Cousin, et beaucoup plus large. 11 n'a pas seulement « retrouvé » et « mis à sa place » l'activité volontaire et libre. En dehors de la volonté, identique selon lui à la conscience, il admet deux formes de vie originale, qui se combinent avec la vie consciente pour composer la vie humaine mais qui en sont distinctes : la vie animale et la vie de l'esprit. La vie humaine est intermédiaire entre celle de l'animal et celle des esprits supérieurs qui vivent dans une union constante avec Dieu.
Chacune de ces vies est la manifestation d'une force propre, il n'y a pas de passage logique ou métaphysique de l'une à l'autre ; on ne peut que constater leur existence, non l'expliquer.
La vie animale a son principe dans une force distincte du moi, qui tend à maintenir la conservation de l'individu et de l'espèce. De cette force dérivent, d'une part, la constitution anatomique de l'animal et le système des fonctions de la vie organique, d'autre part son sentiment fondamental de la vie, et le système des affections, des intuitions et des tendances, par lesquelles il se manifeste et se diversifie.