I. ANTIinoPOLOC.IE DE MAINE DE lURAN
Tous ces faits obéissent à nni» nécessité naturoUe, ils sont les effets du concert de forces invisibles, non dun mécanisnie : tons tendent à une niénî<^ fin. AITedions et intuitions servefit (MMjiichjne sorte d'inslriinientà linstinct de conservation conirnnn à tons les êtres vivanis. La nature, en donnan( à la plupart d(\s aniniaux (l(,\s instincts déterminés, ne lein- a pas laissé linilialive des actes nécessaires à leur défense et à leur conservation ; elle a en (pK'lque sorlc inipi'inié dans Icnr constitution des tendances à certains mouvements coordonnés et invariables, qui s'accomplissent sous linlluence do modifications or;^ani(|ues liées ellesmêmes à des excitations ext(M*nes.
Cette vi(» inconsciente est liée à l'organisation j)hysi(pie de l'homme comme des animaux. Lliomun» ticMil de sa nature animale une foruK^ de siMisibilité, d'iiitellii^iMice et d activité, (pu a ses lois propres, indépendantes de la conscience; il obéit, tant qu'il vit. à une puissance spontanée, (jui n'a rien de conunun av(H' la volonté, qui s'oj)posc à elle comme la nécessité à la liberté.
Pour se manifester, celle-ci doit trouver dans l'oryaiiisalion les conditions de son (^xercice, c'est-à-dire un svstème musculaire approprié à son action. Mais les actes volontaires ont leur origine dans une force fiyperori^anique, non dans 1(^ cerveau. Tandis (jue les mouvements instinctifs ou spontanés sont (l(?s réactions du cerveau déterminées par certaines modifications organiques, le mouvement volontaire estretfel d une cause immatérielle, qui, en agissant sur le cerveau, brise la trame de la vie inconsciente [rumpit fœdera piti).
La volonté, qui se manifeste dans leffort musculaire, est identique à la conscience. La conscience, pour M. de Diran, n'est pas \c litui de tous les faits psychologiques, et comme un espace intérieur où se produiraient tout à la fois les états et les actes : il n'y a de conscience que des actes. Les états, qui par nature sont subis, sont inhérents à l'oriranisme, ou plutôt sont des modes du sentiment de la vie lié à lorira-
CONCLUSION
nisation. La conscience est inséparable de l'activité libre ; c'est en qu(dque sorte le sens de l'activité. Toute réaction fatale est, par nature, inconsciente ; elle affecte notre sentiment de la vie, mais le moi la saisit comme étrangère à lui et ne peut par conséquent se l'attribuer.
La vi(^ humaine, caractérisée par la conscience, peut dès lors revêtir deux l*ormes distinctes. Elle peut être constituée parla combinaison de la vie animale et de la vie consciente, et aura dans ce cas un caractère mixte, ou bien, par un suprême elTort, elle peut se concentrer sur elle-même, s'absorber dans la conscience de son activité propre, telle « une fiamme se consumant elle-même » : elle devient alors la vie rénexive. Dans le premier degré de la vie humaine, M. de IMran a lui-même distingué la vie sensitive et la vie
perceptive.
Dans le système sensilif, le cycle de la vie animale se déroule en quelcpu^ sorte, au regard de la conscience, ou du moi, qui y j)articipe comme spectateur et témoin. Les intuitions et lès images revêtent spontanément la forme du nonmoi; les affections s'associant à lidée d'un objc^ indéterminé deviennent les émotions et les passions, qui sont comme les instincts de Ihommeet, à ce degré de la vie pensante, les seuls mobiles de ses croyances et de ses actes. Tel est le plus bas degré de la vie humaine. L'homme ne s y distingue de l'animal que parce qu'il a le sentiment et l'idée de sa personnalité. Tandis que l'animal fait partie de la nature, rhomme même soumis à son empire s'oppose à elle. Il y a un abimo entre être déterminé sans le savoir, et avoir conscience de l'être ; car, en tant qu'on a conscience d'être déterminé, on est libre. Il n'y a qu'un être libre, qui puisse, à un moment donné, avoir l'idée qu'il est esclave.
Dans la vie perceptive, l'homme s'efforce d'échapper au destin, aux mille inHuences qu'il subit et de soumettre au contraire à son pouvoir les choses ou plus exactement ses sensations. Le sens musculaire est l'instrument de sa liberté. C'est de lui que vient l'idée du non-moi, c'est par lui que cette idée
se précise et se fragmente en objets résistants, d'une certaine grandeur, et situés à une distance déterminée. Par lui, nous pouvons agir, sur la vue, le toucher, et quoique à un moindre degré sur les autres sens, et achever, parla coordination des qualités sensibles autour d'u»! noyau résistant, la perception des obj(»ts. La perception extérieure a donc à sa base un acte de liberté; ce n'est pas le rellet passif des objets, une donnée immédiate, ou plutôt une simple combinaison des données |)rimilives des sens ; c'est un(^ véritable création de notre esprit, et comme sa prcmièn*. con(pirte sur la nature. L'esprit étend ensuite sa domination sur les choses par la formation <les idées générales. Dès qu'il est en possession du langage, qui est la plus précieuse de toutes les inventions humaines, l'homme s'en sert pour designer les ressend)lances ou anidogies de nos perceptions entre elles, ou des images qui en sont dérivées. Il forme ainsi un monde idéal |)lus simple et plus clair (pie le monde perçu, où les relations accidentelles des objets particuliers dans l'espace, sont remplacées par les relations logiques des idées de genre et d'espèce. L'esprit circule à l'aise dans ce monde abstrait, où les idées bien délinies sont reliées entre elles ])ar des rapports de subordination et de coordination ; il a l'illusion de la connaissance scientifique. Mais, en réalité, nos idées c^énérales se réfèrent à des analoû^ies sensibles qui sont le résultat d'une fusion toute passive des images. Ces ressend)lances sont relatives aux individus. On les considère, par une sorte de paresse de l'esprit, comme répondant au.\ relations véritables des choses ; on les transforme en identités, pour la commodité du langage. Les idées une fois formées, l'esprit les relie entre elles, grâce au syllogisme. Mais la rigueur de tout cet appareil logique n'en cache pas, aux yeux de celui qui réfléchit et remonte à l'origine des idées, la fragilité. La satisfaction que trouve l'esprit, dans cette conception du monde, est toute semblable à celle de ces personnes qui entretiennent les autres et cherchent à s'entretenir elles-mêmes dans l'idée de qualités
Ik
CONCLUSION
ou de perfections imaginaires; qui vivent pour le paraître, non pour l'être. Le véritable avantage de ces systèmes logiques, fondés sur l'expérience sensible, c'est de rendre possible et de faciliter le commerce des hommes entre eux ; ils leur permettent d'éviter les maux probables, en fondant une certaine prévision de 1 avenir ; ils ex^xent la liberté de riiomme, mais dans un monde plein d'illusions et de men-
songes.
Le j)hilosophe s'en rend compte ; pour s'en affranchir, il tache de se dégager entièrement de la vie animale. Les intuitions, où se réfèrent nos idées générales, n'ont pas la vérité pour objet ; elles se rapportent à un monde phénoménique, qui suflit aux besoins d'un être que dirigent ses instincts ou ses passions, mais non à la curiosité de celui (pii recherche la vérité. Quant aux émotions, elles ont leurs lois propres; il ne faut pas espérer les discipliner et s'en rendre maître. On ne peut avoir prise sur elles qu'indirectement, en agissant sur les organes dont elles dépendent, ou sur les images auxcpielles elles sont associées; mais la physiologie et la médecine sont trop peu avancées pour nous être d'un réel secours; quant à notre pouvoir sur limao-ination, il est limité par la vivacité et la force de certaines images qu'entretiennent les émotions elles-mêmes. 11 ne faut donc pas espérer « philosopher avec ses passions ». C'est en dehors de la vie animale que Ihomme doit rechercher la vérité et le bonheur.
Il se replie donc sur lui-même, et n'attend rien désormais que du bon usage de sa pensée. H s'efforce de s'abstraire de ses représentations cl de ses affections, et demande à sa réflexion seule la connaissance de la vérité. 11 crée par cette méthode la psychologie et les sciences mathématiques. Il juge les autres comme il voudrait être jugé lui-même, en se plaçant, non pas au point de vue de son intérêt, ni même de ses goûts, mais de la dignité humaine, telle que sa raison la conçoit. Il se forme enfin une idée de la beauté pure, sorte d'idéal abstrait sur lequel viendront se patronner ses
302 i/aNTIIROI>0L0GIE de MAINE DE UIHAN
représentations concrètes. L homme qui s'est élevé à cette perfection intellectuelle et morale puise dans l'exercice de la rénexion un contentement, une traniiuillilé, un calme inconnu de riiomme passionné. Il réalise en lui la i)lus haute sagesse et goûte le plus pur bonheur auxquels Ihomme puisse prétendre par ses propres forces. M. de Diran ne nomme pas cette vie intellectuelle, vie de l'esprit, parce qu'elle n'est pas, en effet, puremer»! spirituelle ; la réflexion est liée à l'exercice de l'activité musculaire, notamment aux mouvements par lesquels nous articulons les mots : telle est la condition de toute connaissance, mais non de toute pensée; il y a une vie supérieure à la plus haute forme de la vie consci(Mite.
L'homme qui s'est élevé à la vie réllexive n'en C(Mitiime pas moins d'être soumis, comme l'animal, aux iniluences de ses organes. Libre dans ses pensées, il est déterminé dans ses affections. 11 semblerait du moins i\iw sa volonté put refuser son consentement aux passions et résister à leur impulsion, et que, si l'union nesl pas réalisée entre la nature et l'esprit, du moins lunité et la paix régnent dans
l'esprit.
C'est encore une illusion que lexpérience de la vie détruit. C'est en vain que l'homme veut vivre isolé de son corps, et s'affranchir de la vie animale. La violence des affections dans certains états de maladie, la vivacité des images qui leur correspondent, sont, ou du moins peuvent être un obstacle invincible à l'exercice de la pensée; les ténèbres envahissent peu à peu cette région où le moi s'est retiré et obscurcissent la i)àle lumière de la réllexion. Si l'homme ne peut pas « philosopher avec les passions », il ne peut pas davantage, contrairement à ce que pensaient les stoïciens, se soustraire à leur iniluence.
Cette impuissance de la volonté ne vient pas seulement, du reste, de leur force, mais de sa propre faiblesse. A quoi se réduit l'intérêt de la vie humaine, ainsi concentrée en elle-même et séparée de la nature ? Combien étroite et mes-
COXCLUSION
quine apparaît la science humaine, quand on compare ce que nous savons à tout ce que nous ignorons, et que nous aurions pourtant intérêt à savoir! D'où venons-nous? Où allons-nous.» Pourquoi existons-nous? Pourquoi le monde existe-t-il ? Ce qui contribue encore à augmenter en nous le sentiment des limites de la connaissance, c'est que nous sommes nécessairement conduits à croire qu'au delà de ce que nous savons, s'étend une région mystérieuse où réside le secret des énigmes de la destinée humaine et de l'univers. Les limites de la raison nous interdisent assurément d'aspirer à la connaissance de la réalité absolue, mais nous ne pouvons douter qu elle existe, et pourquoi, à défaut d'une connaissance véritable, n'en aurions-nous pasquehiue pressentiment ?
C'est ce qu'ont admis plusieurs philosophes et les vrais croyants de tous les temps ; c'est ce que nous portent à admettre et l'instinct qui recherche en nous le bonheur et cette faculté de croire liée par sa nature à l'absolu, que ne peut satisfaire la science humaine. L'homme ne peut espérer trouver en lui-même le repos auquel il aspire ; car il est composé de deux natures ennemies qui jamais ne s'accorderont d une façon durable et déllnitive. Il faut qu'il sorte do lui-même, pour trouver le bonheur. Non pas ((u'il puisse revenir à la simplicité de la brute; une vie sans dignité ne sera jamais pour l'homme la vie heureuse; le bonheur n'existe que pour celui (lui en a lidée, qui se juge heureux; or, il est interdit à 1 homme qui rélléchit, et qui pense ce qu'il dit, de se juger heureux dans une condition ou un genre de vie contraire à l'idée qu'il se fait de sa perfection véritable. D autre part, le moi ne peut sortir de lui-même, par sa propre action, i)uisque la conscience est précisément le sentiment de cette action. On ne peut se suicider par un acte de volonté ; car le moi ne peut se détruire en s'affirmant. Il reste que « la sortie de nous-même » soit effectuée par l'action d'une puissance supérieure à l'organisme et à la volonté : par l'action de Dieu.
30i l'anthuoi-ologie de uaixe de nin.w
Aussi s'opère le passage de la deuxième à la troisième vie • la vie de l'esprit. Celte vie se surajoute à la v.c consciente, comme celle-ci sest elle-même greffée sur la v.c •«nimale Elle a sa source dans l'action dune force mfmiment élevée au-dessus <lu moi. Kllc se manifeste par des faits nouveaux, qu'on peut nommer « sentiments ». Mais, tandis (|uc les sentiments purement intellectuels s .dentiliaiont avec l'acte même derinlclligence, flamme sans éclat et sans chaleur, les sentiments spirituels ..'ont rien de .letcrminé, et i.o.n-lant ils inondent lame de lumière, et lu. communiquent une fo.-cc sn.-i.umai..e. Ces sentiments sont tout a la fois des insli..cts sublimes et .lesins|.iralions,.les .ntuit.ons ineflables, où le moi perd la co.iscience de lui-même, et vit abso.'l.é dans l'intini Tels sont les signes par lesquels se ma.iireste en nous la présence .le Die... L'homme part.c.pc linsi à sa science. 11 se trouve t.-ansi.orlé au-dessus de luiniê.ne et ses connaissances les plus certaines lu. apparaissent alors comme un pAlc rend .le la science d.v.ac. La science dont il était si lier subsiste, assurément, ma.s, comparée à la scic.ce de la réalité absob.e cp.e Dieu seul possède elle ..c lui semble embrasser que des ombres et des fantômes : « Heureux l'hom.ne qui se sent inspiré ».
FI de m.--me (lue M. <le lii.-an a .-echerché le moyen, sans le ,lécouv.ir, de discipliner les affections ,lé.-églées <le sa sensibilité et les caprices .le so.. imaginatio.., il se demande s'il n-v a pas u.. n.oye.. pour rho.nmc .l'attirer sur lu. les bienfaits <le la g.'àce divi..e. Son expéric.ce lu. apprend qu'on ..e pe..l pas plus commander à cette puissa..ce s..r..aturelle q.. à la ..écessilé orLra..ique : notre puissa.ice a pour limite le .no..de des idées réHexives et des mo..vements volo..laires. Mais du moi.,s, et c'est ab.si que se dénoue l'actio.. ou le d.amc de la vie humaine, o.. peut m.M-.ler i.ar ses actes, ses méditations et ses prières, par la bonne direction en u.. mot de ses pensées, la bonté et la misér.cordc de Die.i. !•:.. mè.ne temps qu'un régime moral, .1 y a u.. régime physique approprié à la vie de l'esprit ; ce rég.mc
CONCLUSION
encore mal connu, il dépend de notre volonté de s'y soumettre. L'action de l'homme seul n'en serait pas moins bien insuffisante; mais l'intention peut avoir une force et une fécondité admii-able ; l'cruvre ébauchée par notre volonté s'achève par l'action de la grâce .
Tel est, envisagé dans ses principaux degrés d'intensité ou de perfection, le tableau de la vie humaine, que M. de Biran a esquissé .lans les fragments de V Anthropologie. Au milieu est la co.iscience, ca.-aclérisée par l'opposit.on du moi cl d.i no..-moi; au-dessous, la vie organique, qui peut être dite, relativeme.it à la conscience personnelle, inconsciente, mais qui n'en est pas moins accomj.agnée d'un mode original de sentir; au-dessus est la vie pu.-e de l'esprit; les disUnclio.is de la conscience s'effacent peu à peu quand se manifeste le sc.timent <le l'infini ; toute oj.position cesse, toute lutte s'apaise ; lame s'élève à l'unité absolue.
Mais, pour bien entendre cette philosophie, il ne suffît pas de re.ivisager dans ses résultats, il faut aussi en connaître la genèse, inséparable elle-même de la méthode qui la
détermine.
M de lîiran est parti de l'idéologie. Dans le Mémoire sur Vhalniude, il rattache la philosophie aux sciences expérimentales, telles (lUC IJacon les a conçues. Elle porte sur les faits non sur les causes invisibles qui les produisent. Et pour connaître ces faits, il veut qu'on ne les sépare pas de leurs conditions d existence. U commence donc par entendre la psychologie, à la façon de Condiliac et des physiologistes'. Mais di-s l'origine de ses recherches, il est amené,
■ . „■..; ,1 .i„lrp vue dit-il, (fiie (le rechcirher cl d'analyser des entJ ds à ' n s ;rùonl,é'dè les conna.l.e, en réfléchissant d^in cw^s. r ce q.ie nous éprouvons dans Pexercice de ..os sens et de nos f»cuU6s dhcrscs et en éludian. de l'autre les conditions ou le jeu des facullts d.\ c ses >^ c.xeicice. Jai voulu essayer d un..-,
Xer an C6é du moi.."! l'idéologie à la physiologie ; j'étais cond..it ,r la nà >re de la questio.. qui appartient en .nême temps aux deux IdCues i4T pensé même q..e l'idéologie en général ..e pouvait q. c «ag er à ce te alliance, et qu'il appartenait surtout à «. Pl»'f ■^"^ ' « r6,u...d.-e un peu de jo.ir sur quelques obscurités de letre pensant,
TISSER.VNO. — I.
l'anthropologie de maink de uirax
pour expliquer les eiîels de Ihabitude, à faire une distinction profonde entre les états de la sensibilité et les actes intellectuels ou volontaires. Il les considère encore, dans le Mémoire sur l'habUnde, <'omme deux propriétés distinctes du niènie fait primitif, comme deux arbres jumeaux qui se tiennent et se confondent dans la même souche^ ; puis il se rend compte, bieid.U après, et déjà dans le Mémoire de la décomponilion de la pensée, que ces deux ordres de faits répondent à deux ordres distincts de réalité. Dès lors les faits de sensibilité sont conçus comme les modes d une vie inconsciente; la conscience étant au contraire constituée par le sentiment de l'activité. La pliiloso])liie, en tant qu'elle a pour objet létude des faits de conscience, devient donc une science ori-inale, distincte de la pbysiologie et ménu^ de ridéolog-ie, (pu' n'est à vrai dire qu'une pbysiiiue mentale. i:llr a poiu' poinl de déi)art le (t je pense » ; c'est Descartes et n(ui Condillac (pii est à ses yeux le père de la i)hilosopbie moderne.
Le psycijolog'ue ne pcnit connaître les faits de conscience ([u'en les rapportant à leur cause, c'est-à-dire à l'activité qui les produit, au moi. Mais il ne faut pas confondre^ la cause ainsi entendue avec a la substance pensante » de 1)« scarles. Lidée de cause i)Our M. de Biran n'est pas une idée innée; c'est un fait, et le fait [)rimilif dans l'ordre de la connaissance. La psychologie qui est la science du lait primitif est par cela même la science des principes de toute connaissance, car ils ont en lui leur origine ; elle seule peut en fixer le sens et la valeur.
mais, tlc^ (|Mun adùple la marc ho du pliysiciiMi. on dcit, à son p.xemple. no s'occuper (pic du rai)porl et de la succession des pliénonuMies, en laissant derrière soi. et sous le voile qui les couvre, les causes premières qui ne sauraient jamais devenir pour l'homme objets de connaissance. Nous ne savons rien sur la nature des forces. Elles ne se manifestent à nous tiue par leurs effets; l'esprit humain observe les effets, suit le (il de leurs diverses analogies, calcule leurs rapports, (piand ils sont susceptibles de mesure : là sont les bornes de sa puissance. Mcmou^e sur V habitude, 16-17. Cousin, l.