‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 18 sur 178 · Bertrand, Ibid. 2'j · texte numérisé non relu

Bertrand, Ibid. 2'j

I ANTJmoPOLOClE DE MAINE DE BIHAX

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volonté, que cette oblitération existe dans les fibres muscula.res, ou dans la partie interne <les nerfs destinés à transmettre au centre l'effet sensible de la contraction ou du mouvement o,,éré. IH à ceux- qui soutiennent que le paraytique ou 1 amputé sont cependant doués de volonté M ,le H.ran répon.I qu'il ne peuty avoir dans ce cas quune croyance ^mdee sur le souvenir d'un pouvoir ancien, non une apercep-

/;o«véraableduntel,,ouvoir.Cetteaperceplionesttoulinté- "omo ; elle est toujours liée au sentiment .le notre volonté et du terme organique qui lui résiste, et diffère radicalement de la représentation dos conditions extérieures de l'action . Ignorance où nous sommes de la manière .lont s'effectue cette action, ne peut donc pas faire que nous n'en ayons pas le senlnnent, et ce sen.i„K..t ne gagnerait rien en précision et en surete quand nous en connaîtrions ou plutôt que nous nous en représenterions exactement les conditions objec- .ves. ,< Le claveciniste, ,lit M. de Uiran, na pas besoin de conna.tre le mécanisme de son instrument pour en jouer, et cette connaissance ne ferait pas qu'il en jouât mieux. Lame pourrait connailre la structure du cerveau, des nerfs et des muscles sans mieux n.ouvoir. Mais sans connaitre celte Structure, elle pourrait voir intérieurement ces libres comme e clavccunste voit et toucbe le clavier, et avoir en même temps la conscience du résultat du jeu des pièces; mais cette connaissance serait toujours différente du sentiment interne de le(n- action '. ., ''cnumcnt

Quant à ceux qui nient cette action pour cette raison quelle est inintelligible, et qu'on ne saurait, en aucZ façon, concevoir que l'àme, substance spirituelle, agit sur le corps, substance matérielle, ils se créent ,les diflicultés .maginaircs Ils raisonnent juste, en partant de leurs l,vpo- Iheses et de leurs définitions; mais bypothèse et définition ne s appliquent pas au cas présent. Le sentiment du moi n est pas le sentiment, ou la connaissance imn,édiate dune

<■ Bertrand. /4iV/. 307.

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substance spirituelle • ; il ne nous révèle pas, ou du moins ne nous fait pas connaître une réalité nouménale, existant en dcborsdu domaine de lexpériencc intime; c'est le sentiment de 1 action présente et positive dune force déterminée Aussi est-il impossible de le mettre en doute. De ce qu'on ne peut l'expliquer par l'action réciproque des deux substances spirituelles et matérielles, il suit seulement, ou bien que 1 bypothèse des deux substances n'est pas nécessaire, ou bien que certains problèmes dépassent la portée de notre esprit. Malebrancl.e et Hume ont raison à leur point de vue cest-a-dire en partant <le leurs définitions; mais ils se' livrent à un pur exercice de logique. Ils substituent à une donnée immédiate de la conscience qu'ils n'avaient qu'à constater, un problème métaphysique qu'ils inventent de toutes pièces.

Au fond, toutes les objections que l'on peut adresser et qu on a effectivement adressées aux théories qui admettent I existence de la volonté et d'un sentiment primitif de son action motrice, proviennent, selon M. de Biran, des deux préjugés les plus tenaces qui aient de tout temps obscurci la vue des philosophes, et qui consiste.it à faire soit de la nécessité logique, soit des habitudes de l'imagination le critérium de la vérité psychologique. Hien n'est vrai, selon cette opinion que ce qui peut être conclu ou imaginé

Comme la volonté est essentiellement le fait primitif, qu'à ce litre elle ne se rattache à rien, mais est un commencement absolu, d est clair qu'on n'en peut démontrer l'existence à la façon de la conclusion d'un syllogisme. Comme d'autre part, elle n'est pas la substance ou la puissance infinie, au delà de laquelJe, par définition, rien ne peut être conçu on ne peut être forcé par la raison de l'admettre ; ceux qui font du principe de contradiction l'unique condition de la vérité, seront donc conduits à la nier. Il est bien clair pourtant que la logique est par elle-même stérile; qu'elle

i- Anthropologie, p. 433.

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