‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 21 sur 178 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LA VIK AMMALE

o Prouves de lexislenco d'une vie inc l'syoh<.logi,|„es (affeolions, intuilio.is, ....„„,.„.« „. ,,. .•lals). - c. Ses co„dili,.„s o,«a.m,ues. - rfS^ nature

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a. Preuves de Vexislence d'une vie mconscienle.

Si la conscience esl le (ail primitif, dans l'ordre de la con, ..a.ssance, a vie et lesenlin.ent sj,ontané de la vie la précè- Icnt, dans 1 ordre de lexistence. L'animal, l'enfant c,u, vient ' e naître, v, vent, mais ne savent pas qu'ils vivent ; ils vivent dune ve mconsc.ente au-dessus de laquelle lanimal ne relèvera jamais, à laquelle viendra s'ajouter, chez lenfant, a u,, moment donné, la conscience. Comment s'opère •lans la doctrine de M. de Biran, le passage de la vie cons^ |-'onlea Imconscienl. et qu'est-ce que l'inconscient ^ La llK-or,e l,nan.enne de linconscient est aussi remarquable I-ar sa netteté que celle de la conscience, et elle n'a Hen perdu aujourd'hui de son intérêt.

La conscience de soi est inséparable de l'exercice de la ^ olonte ; or vouloir, c'est mouvoir et par conséquent pouvoir a.s couinent exercera-t-on ce pouvoir si on ne 'sait pas q . on le possède, et comment saura-l-on qu'on le possède, s. on ne 1 exerce pas? Nous n'avons qu'un moyen d'éviter ce cercle : c est de franchir l'ordre de la connaissance, c'est-" < ne la conscience, et d'observer du dehors les conditions <l apparition des mouvemenls volontaires. Si on observe l'enfant, dès sa naissance, on constate que

L ANTHROPOLOGIE DE MAINE DE lilRAN

LA VIE ANIMALE

la locomotion cl la voix, qui rentrent dans le môme domaine, sont mises en jeu par des affections pénibles ou les premiers besoins de Tinslinct de nutrition * ; les premiers mouvements sont instinctifs ; ils n'ont pas leur origine dans les centres ; le cerveau ne fait que réagir par sympathie à la suite des excitations, qui lui arrivent des organes de la vie végétative. Ces mouvements et ces cris à force d'être répétés, finissent par déterminer dans les centres moteurs certaines habitude^, et comme un mécanisme qui, à un moment donné, se déclanchera de lui-même. Primitivement lenfant crie parce quil souffre, puis il crie pour crier ; les mouvements et les cris ont passé de l'inslinct à la spontanéité ; leur expression est différente, et la nourrice ne se trompe pas sur cette différence d'expression. Enfin dans un dernier progrès qui marque le passage de la vie animale à la vie humaine, l'enfant se rendant compte qu'il est l'auteur de ses mouvements spontanés, (pi'ils dépendent de lui, les exécutera volontaire- "ment. Ainsi sort peu à peu des ténèbres de la vie organique la première lueur d'humanité. En résumé l'enfant vit, se meut, crie avant de savoir qu'il vit et qu'il exécute ses mouvements -.

Mais cette vie impersonnelle qui précède la vie consciente n'est-elle pas purement machinale ? ()u'est-ce qui prouve qu'elle est accompagnée de sentiment ? L'enfant (|ui vient de naître vit d'une vie purement animale. Or il est bien certain qu'on ne peut pas attribuer aux animaux, comme l'a profondément vu Descartes, la conscience de soi ; ce serait leur attribuer par cela même une personnalité, c'est-à-dire admettre qu'ils s'opposent au monde comme dos esprits éclairés et libres s'opposent à la nécessité aveugle; la liberté et la pensée sont en efîet des facultés inséparables de la conscience. Mais si les animaux ne pensent pas, ils ne se yéduisent j)ourtant pas à des machines. M. de Biran admet

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