‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 22 sur 178 · Anthropologie, p · texte numérisé non relu

Anthropologie, p

I existence dune vie purement sensitive ; il admet nu'U existe des sensations sans conscience.

Si nous ne pouvions saisir en nous quelques traits de la vie animale, nous ne pourrions assurément nous faire aucune idée du mode d'existence des animaux, et de lenfant, avant l'apparition de la personnalité '. Mais il nous arrive de sur- |)ron(lre certains états qui se trouvent en quelque sorte sur les confins de l'inconscient et du conscient. C'est ainsi que nous réussissons à percevoir, quand nous nous réveillons brusquement, soit des paroles que nous proférions en rêve, soit des douleurs qui nous affectaient dans notre sommeil.'sans que nous en eussions conscience. Nous nous rendons bien compte, dans ce dernier cas, que la douleur préexistait à la conscience que nous en avons ; nous nous étions endormis en souffrant ; tout nous fait supposer que nous avons contmué de souffrir, pendant notre sommeil ; nos gémissements qu'ont entendus les personnes présentes, n'en sont-ils pas la preuve ? Nous prenons donc conscience d'un état préexistant, en dehors de nous, dans cette vie impersonnelle, mais non dénuée de tout sentiment, qu'est la vie organique K ■ l'ne autre preuve que le sentiment spontané et la conscience sont.Ieux faits distincts et qu'ils appartiennent àdeux ordres différents, se trouve dans la célèbre observation de Hey Itégis. Nous ne pouvons pas actuellement avoir conscience de souffrir, sans ])crcevoir dune façon plus ou moins exacte, l'endroit oii nous souffrons. La localisation des sensations lient à la même cause que la conscience, à savoir aux contractions musculaires que nous produisons dans la région de l'organisme où réside la cause de la douleur. Or, lîey Itégis nous rapporte qu'appelé auprès d'un hémiplé- ,gique complètement paralysé, quant à ses facultés de mouvoir, il s'assura par des e.\-périences répétées que le malade sentait vivementtoutes les impressions faites, immédiatement

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