‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 23 sur 178 · Cousin, t. IV · texte numérisé non relu

Cousin, t. IV

L ANTHROPOLOiilE DE MAINE DE BIRAN

LA VIE AMMALE

sur les parties paralysées, mais que quand on lui cachait l'objet ou la cause (par exem|)Ie en piquant ou pinçant une partie du corps sous la couv(M'ture du lit), le paralytique n'avait aucune perception du siège de la douleur quoiqu'il en en fût affecté comme d'une impression interne générale e( 1res pénible. Ce lU) fut qu'après ({ue la faculté de mouvemeni eût été recouvrée, par l'usage de remèdes appropriés, que le malade apprit de nouveau à localiser ses impressions extérieures, ou à en juger le siège et la cause hors de lui ^ Sans doute la sensation dans ce cas n'est pas com[)lètement inconsciente, puis(jue s'il ne sait pas où il souffre, le malade sait pourtant qu'il souffre ; cela tient à ce qu il n'est pas complètement paralysé et qu'il a conscience des contractions musculaires que sa volonté opère, dans les paili«'s du corps (pii restent sous sa dépendance. Mais précisément, il se produit par suite de son hémiplégie, une sorte de dédoublement dans la j)erception ([u'il a de son corps, et tandis qu'il a consciencede la partie qui reste placée dansie chanq) de son action motrice, ilse borne à éprouver une impression générale ou plutôt indélerminée, dans celle (jui esl paralysée. L"o])position qui existe entre les caractères d(^ la sensation et ceux de la perception ou de la conscience est donc bien caractéristique. Si nous étions bornés aux sensations vitales ou organiques, nous n'aurions jamais l'a perception de notre corps ; cette aperception est inséparable au contraire de la conscience, c'est-à-dire du sens de l'effort -.

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