Naville. id., 27, lt)idem
L ANIHROPOLOGIE DE MAINE DE BIUAN
<lise (|uc Toàl est le miroir de rame, à condition que l'on entende lame sensitive. C'est pour cela que les médecins peuvent diagnostiquer dans le regard d'un individu telle affection nerveuse ou autre altération maladive.
Hnlin les tendances motrices ont, comme les sensations affectives et représentatives, leur oripfine dans certaines déterminations de nos organes et [)lus exactement des nerfs moteurs, ((ue ces déterminations soient primitives ou qu'elles soient acquises. La répétition dun acte laisse des traces dans la machine vivante et les mouvements des divers(»s parties de cette machine se lient et se coordonnent, de plus en [)lus, suivant la même din^ction.
Ainsi tous les états par lescfuels se manifeste la vie animale, ou la vie inconsciente, sont inséparables de conditions organi({ues déterminées. Il faut voir là deux eff(*ts coexistants d'une nième cause : on ne peut ([ue constater leur relation, sans rexpli({U(*r. Un dira par exemple (pie la cause qui produit par les mouvements organiques de sécrétion telle modilication comme la bile, produit en même temps une certaine manière détre et de sentir pour 1 animal ^ Ces deux sortes de faits n'appartiennent pas à deux ordres différents comnnî le physique et le moral. Ils ne sont pas l'objet de deux sciences distinctes, mais d'une seule : la physio-
logie.
d. Sa nature.
Seulement cette science ne se réduit pas à la physique et par elle à la mécanitpie. L'impression vitale ou la sensation animale, qui en est inséparable, diffère essentiellement d'une impulsion et d'un choc. Nous l'avons vu, elle dépend du degré et du ton propre de la vitalité des organes et de la tendance constitutive de tout individu à maintenir l'intégrité de son être ou l'équilibre de ses fonctions. On pourrait dire en ce sens, quelle est |)ourM. de Biran, comme pour
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Ilerbart, un acte de conservation. L'inlluence des causes extérieures est toujours subordonnée au ton actuelde l'organe modilié. Comment expliquer d'autre part que nos sensations s'afTaiblissent graduellement par leur continuité ou leur répétition, si l'on n'admet pas l'existence d'une force essentiellement agissante (principe d'unicité ou d'individuation) qui tend à ramener l'équilibre dans ses organes et à maintenir la continuité de l'individualité organique et sentante.? <( 11 fallait, dit M. de Biran, être aveuglé par l'esprit de système, pour n'avoir pu reconnaître que les êtres organisés vivants différaient essentiellement des corps bruts, par la nature et le genre, en ce qu'ils avaient en eux-mêmes le j)rincipe de leurs mouvements ou changements d'état, c'està-dire une force propre (vis imila) qui non seulement différait des forces mécaniques appliquées à la nature morte, mais de plus, leur était souvent opposée et leur donnait des lois, au lieu d'en recevoir'. »
La lorcc vitale n'est donc pas un agent mécanique, comme l'ont cru les Cartésiens; c'est ce que Stahl comj)rit admirablement; mais il eut à son tour, aux yeux de M. de Biran, le tort de considérer cette force comme identique à l'àme pensante. « Il fallait forcer toutes les hypothèses et se mettre en contradiction avec les faits de notre nature et le témoignage du sens intime pour attribuer à l'àme qui aperçoit sa propre causalité dans ce qu'elle veut et fait réellement avec un sentiment de liberté, pour attribuer, dis-je, à cette force une, id(Mitique, et les faits de conscience, les actes de vouloir où elle se manifeste et les fonctions vitales de l'organe, soumises à des lois aveugles et nécessaires, of)posées à celles du vouloir ou au moi qui ne peut exister en aucune manière là où la conscience et la liberté ne sont pas. Certainement on ne pouvait faire une application plus fautive du principe de causalité que de rapporter tout ce qui se fiiit dans le corps vivant sans être pensé, ni voulu, précisément à une cause