Gouï^iii, I. III, iHil
2. Cousin, t. IV. 00-80. Rapports du physique el du moral. Navillc. t. III, 4u2-401. Antliropolofjie.
LA VIE ANIMALE
de les altr.lH.cr à une propriélé du cerveau, ,1e nndmotlre entre eux et les mouvements j.rovoqués parla passion ou I n.stu.ct qu une chfïéronce ,1e ,le,.ré. La volonté nest pas un degré supeneur ,1e la contractilité animale. Ce sont ,leux foncLons i.étérogones et qui supposent l'action de deu.x- forces différentes. B.cl.at a été dupe de la n,ème illusion que Con- . . ac c esl à-dire de la tendance .le notre esprit à sin>pli- (>.. et a conlon.Ire .lans le langage, par amour ,1e l'unité systématique ,1e classe, des faits de nature différente • les fonctions ,p,i appartiennent au corps avec les facultés ou les actes qui ne peuvent être allrihués qu'au moi '
I.a vie animale ou inconsciente est donc pour M. de Birau une vie originale. co„,plète en elle-même, radicalement distuicle de la vie consciente ou j.ersonnclle
Cette théorie de rinconscient, M. ,1e Biran crut la trou-
, .; r ^'" °*°P'"'^' '' Leibnit.. La différence qu il établit
u.t e la sensation sans conscience et la conscience repro-
dua eelle que Leibnit. lui-même fait « entre UpercepZll
^'K.e.;.«.,.lapi.emi.'.requiestlé.atintérieur,elamorcIe
c.uice ou la connaissance réfle.vive de cet état intérieur l-iuelle n .-st point donnée à toutes les âmes „i touioursri i ■n-e ame^ ». Mais lanalvse leibnicienne de la pens e r^o en parue sur un point de vue systématique : .AL de Biran précn,l s appuy,.r sur lob.servalion seule, et il établit, avec plus do netteté que Leibnilz, qu'il e.visle entre le mode de repré sentat^n que l'animal a de l'univers et la perception uZne 0 ,li,ference de nature, non de ,legré. L'intuition et I ima" i.'s qu elles CMstent dans l'intelligence de 1 animal son dt r.u,s mco^eients : la perception clie. l'homme est un fait de
da'ns"h ?,r '' f °"'r ' ""'" """ ''' "«'"'•'^ •^^' l'inconscient, dans la plulosoplne de .M. de Biran ; c'est ce qui est placé
L Cousin, 1. IV, 74. Bappor/s du phjsigue el du moral
- lassage de Leibnit. cMé par Maine de Biran. Cousin (4, 86el338.
l'aMIIROPOLOGIE de MALNE de UIllAN
LA VIE ANIMALE
au-dessous de la conscience. II ne s'agit donc point d'une dégradation continue de la vie consciente, mais d'une vie ■difTôrente. Sans doute, il y a lieu d'admettre une multitude de degrés dans la conscience i)ro|)rcment dite, depuis cette tension générale de tous les muscles qui constitue Tétat de veille, jusqu'à l'attention pro|)rement dite et la réflexion ; fïiais, en aucun cas, l'état de relâchement du principe de l'activité personnelle ne constitue un état véritablement •inconscient ; tout ce qu'on peut dire, c'est qu il favorise le développement de la vie inconsciente. L'inconscient, pour M. de Biran, c'est l'organique ; c'est-à-dire un ensemble de /onctions, indépendantes du moi, obéissant à des lois qui ne sont pas les sieimes, et cpii au contraire s'y opposent. M. de Biran répéterait volontiers, dit-il, avec l'apùtre : a Video aliam Jegem, in membris meis, repugnaiitem legi mentis me;c et «aptivantem me in lege peccati, qui est in membris meis » {Epistad Roni. VII, -23) ^
Mais si l'inconscient c'est l'organiijue, l'organique n'est pas le mécanicpie.La vie inconsciente qu'on lenvisage dans ses manifestations internes ou dans ses instruments organiques suppose dans l'organisme l'existence d'une sorte de finalité. Que l'on admette qu'il existe une multitude de forces vitales (autant (pi'il y a de molécules organisées) ou une seule, ou ce ([ui est plus vraisemblable un système de forces solidaires les unes des autres et obéissant toutes, dans la vie normale, à une force centrale, principe d'unicité de toutes les fonctions de la vie animale, il faut nécessairement admettre soit comme résultante, soit comme princi[)e, une tendance vers un but commun de conservation et de développement du tnéme animal. Il y a en d'autres termes une réalité invisible dans l'être vivant, (pii permet d'expliquer l'unité de ses manifestations diverses. Si on réduit, comme le font les cartésiens, l'animal à une macbine, comment expliquer qu aux
\. Cousin t. ni, 176. Divhion des faits psycUologinues el des faits plni. swlogiques. i t j
mouvements de cette machine correspondent des modifical.ons .nterncs, plaisirs ou douleurs, passions, représentations, qu. nn.lentenunscnslesmodcsde la conscience? Il faudra ou ramener ces faits à des mouvements, ce qui est contraire aux données de l'observation, ou faire appel à ri.ypotl.èse de Vharmonie préétablie ou des causes occasionnelles, c'est-à-dire, en somme, à u.i Deus ex- machina On comprend au contraire que ces deux ordres de faits expriment la même réalité invisible, se manifestant de façons différentes à des sens différents.
I.a vie inconsciente telle que la conçoit M. de Biran n'est donc, en aucune façon, réductible à lautomalisme, si par automatisme on entend mécanisme.Mème quand des or<^anes ou des centres particuliers arrivent à prédominer da"ns la vie organique, sur l'ensemble, comme cela se produit dans certaines maladies, et notamment dans l'état de passion il se produit sous I influence de cette cause organique une véritable organisation d images, d'affections et de mouvements. Les passions, dit M. de IJiran, on( les caractères de I instinct ; or, ce qui caractérise linstinct, c'est la crislallisalion d'images et de mouvements déterminés, sous l'action de besoins organiques liés au cours des saisons ou aux révolutions périodiques <le certaines fonctions Qu'il existe des états <lu corps où certains organes particuliers s établissent en une .sorte d'indépendance des lois générales de I organisme, cela n'est pas douteux. Nul, mieux que M. de 15iran, n'était à môme de l'observer. Son estomac avait des tendances anarchiques qui apportaient le trouble et le désordre dans l'écpnomie de son être tout entier Au i«ou de s'équilibrer, nos différents organes tendent, chacun dans certains étals, à dominer les autres ; mais dans ce défaut môme d équilibre, se manifeste la tendance de chacun d'eux à se développer selon ses dispositions momentanées, de telle sorte que l'automatisme n'est qu'une sorte d anarchie passagère, résultant de ce que chaque partie tend à vivre au détriment des autres, ou du moins se refuse
TISSERAND. — I
l'anthropologie de MAINE DE BIUAN
à collaborer à la vie do 1 ensemble, par un caprice funeste à son véritable intérêt. C est en vain que le moi s'efforce, dans ce cas, de faire rentrer dans Tordre ces forces inférieures du corps, en leur imposant sa suprématie ; il est plus souvent conlrainl de subir leur tyrannie (pTil ne réussit à les discipliner. C'est en ce sens et par rapport à la conscience, c'est-à-dire à l'activité du moi réduite à 1 impuissance, cpie l'on pourrait appeler, avec M. Pierre Janet, la vie inférieure de l'esprit, telle (|ue la con(;()it M. de Biran, « l'automalisme psychologique ».
La vie inconsciente, c'est donc en réalité pour M. de Biran, la vie de ces puissarices inférieures qui dans 1 état de santé cons})irent par une harmonie qu'il est plus facile de constater que (rex[)liquer, à la conservation de l'individu. Elles préparent ainsi à cette force supérieure qui est l'àme, conçue comme moi, les conditions d une vie nouvelle : la vie intellectuelle et morale, en d'autres termes, la vie humaine |)ro- {)rement dite, qu'elles seraient incapables d'engendrer. M. de Biran n'eut pas adniis le transformisme. Il y a selon lui .solution de continuité entre la vie et la pensée : i< Malgré le système de la perfectibilité progressive et indétinie, nous ne pouvons, dit-il, nous empêcher de croire ([uils étaient plus près de la vérité ou dans une meilleure direction méthodi(pie ces anciens philosophes (|ui, après avoir embrassé le système çrénéral des facultés de l'être organisé vivant, sentant et pensant, sentirent le besoin de noter avec plus de précision les trois rap[)orts essentiellement distincts sous lesquels ils considéraient cette sorte de trinité d'existence, en employant les titres d'àme végétative, nutritive et raisonnable, pour exprimer trois principes île vie ou d'opération *. «
Ce système de la perfectibilité indéfinie, c'est la doctrine de Gondorcet; nous dirions aujourd hui : système de révolution. M. de Biran n est»pas évolutionniste, pour la même