Cousin
3. Borlrand. p. 210. Rapport des Sciences naturelles avec la psychologie, dans les Nouvelles >vuvres inédites de M. de liiran.
INTIIODUCTIUN
même pas dire qu'en l'entendant ainsi, on ridentilie à la matière, car la matière a du moins une certaine réalité, moins parfaite assurément (pie celle de l'esprit, mais analogue ; ce n'est pas à la matière telle qu elle existe réellement que nous réduisons le moi, mais à l'idée que nous nous en faisons, en tant que nous nous la représentons dans l'espace, cest-à-dire que nous la transformons en une collection de pbénomènes coexistants.
1/histoire de la pbilosopbie cartésienne justifie les ré- . flexions précédentes qu'elle-même du reste avait inspirées à M. de Biran.
Descartes comprit admirablement, et c'est là son principal titre de gloire, (pie le })oint de départ et le principe de la j)bilosopbie, est l'existence du moi, le i< je pense ». Mais à })eine tnit-il ])ar une vue de génie, saisi cette vérité, qu'il retombait dans les préjugés de la pbilosoplne scolastique « qui ne sont à vrai dire que les pivjugés naturels à ceux qui ne rénécliissentj)as)), et que passant brusquement du domaine psycbologique dans celui de la logique i)ure, ou d'une métaphysique verbale, il déduisait du «je pense, donc je suis » cette deuxième jiroposilion, d une nature bien différente « (jue suis-je:'une chose pensante )). Il abandonna presque aussit(jt le terrain solide de l'expérience intime, pour s'exposer à tous les dangers de l'esprit do systc'me. Il est vrai qu'il y échapj»a lui-même dans une certaine mesure, grâce à la noiion originale (pi'il se lit de la déduction ; celle-ci n'étant qu une chaîne d'intuitions, et chaque intuition ayant sa valeur propre, sa vérité indépendante de celles qui la précèdent, la méthode réagit heureusement sur la doctrine; mais le principe de cette doctrine, chez un esprit aussi vigoureux et aussi fort que Spinoza, produira toutes ses conséquences. Si l'idée du moi, bien entendue, est le fondement inébranlable du spiritualism(% lidée de substance telle qu'elle se trouve actuellement dans notre esprit, conduit logiquement aux systèmes o])posés, soit au matérialisme, soit à l'idéalisme.
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l'anthropologie de MAINE DE lURAN
INTRODUCTION
Rien n'était plus opposé assurément que de telles conclusions à la pensée de Descartes, lorsqu'il déclarait que son amc lui apparaissait si diiïérente de son corps, qu'il pourrait concevoir que son corps cessât d Vxister, sans être forcé pour cela d'admettre (prelle-méme^ en tant (pr^lle p(MiS(\ cessât d'être. Mais en tant qu il la conçoit comme* une substance, il devait être entraîné mal-ré lui ];ar les habitudes du langage, à lui attribuer une nature conmiune avec la substance du cor[)S. I.e concei>t de substance qui va devem'r le soutien et le lien des deux mondes, matériel et spirituel, linira donc, faute dune détermination précise d<' l'idée du moi, qui eut du lui servir d'archétype ou de modèle, par s'absorber dans le concept de la cboscî imaginée ^
Le mot substance désigne le fond permanent de loute réalité. Mais au lieu (le l'cMitendre dans son sens légitime, comme puissance d'agir, ou force non exercée, Descartes la résout dans une simple capacité ou possibilité indéterminée et infinie de modilicatiohs-'. C'est ce (pii reste de la cire quand on l'approche du f.Mi, («t qu'elle perd successivemcMit toutes ses détermiiialions sensibles; c'est quehpie chose d'analogue à l'espace pur, susceptible de recevoir une variété indélim'e de ligures possibles. La substance ainsi entendue sera nécessairement passive, i)uis(pi"en somme elb^ n'est rien de réel ; la réalité qu'on lui atlribue n'étant que lobjectivation d un concept vide, du concept logique de possibilité; le concept exprimant lui-même ce qui reste de nos perceptions externes ou internes, quand on en a séparé tout ce (pi elles conticMinent de déterminé, c'est-à-dire non létre, mais le non-ôtre. Il est bien évident, par suite, que les délerminalions actuelles des choses ou des êtres ne peuvent provenir de leur fond même, c'est-à-dire de l'actualisation d'une puis- sance qui existerait virtuellement en elles, ils reçoivent toutes leurs manières d'être du dehors. Les substances sont