Cousin, t. in
2. Cousin, t. IV. 332. Ejyosition delà docfrine philosophique de LeibnitZy 1819. ^ '
dénuées de toute activité ; elles sont incapables d'agir les unes sur les autres, comme de se modifier elles-mêmes. Pour expliquer l'union de l'àmc et du corps, ou la correspondance des idées, sentiments ou désirs de l'une avec les mouv(Miien(s de l'autre, il faudra donc recourir à loccasionnalisme^ Si maintenant on envisage séparément chacun de ces ordres de faits, le philosophe n'aura pas d'autre moyen de les expliquer, s'il veut vraiment les expliquer, et non pas seulement constater dans quelles circonstances un fait se produit, c'est-à-dire à la suite de quels autres faits, que de les résoudre dans des faits plus simples, mais de même nature-. Le monde matériel ne se composera dans cette hypothèse que d'éléments homogènes formant par leurs combinaisons d..\s touts qu'il suffira de résoudre dans leurs éléments constituants pour les enti^ulre. On expliquera « une suite de mouvements coordonnés par un premier mouvement, une combinaison de formes ou de figures visibles par une j)r(Miiière forme qui ne l'est pas ' ». Le monde spirituel ne se composera à son tour que d'idées, idées claires ou obscures ; les idées claires, à moins qu'elles ne soient siml)les, se résoudront dans des idées simpl(\s; quant aux idées obscures, qui obéis.sent aux lois (h^ l'imagination, elles seront le reflet de lautomalisme corporel. Dan£: cette conception de la nature et de l'esprit, il n'y a aucune place pour l'idée de force ou de faculté, antérieure aux faits. Elle tend donc nécessairement au mécanisme dune part, et d'autre part à ridéologie. Bien plus, il y a une analogie nécessaire entre ces deux modes d'explication. Que faudra-t-il, pour que l'idéologie apparaisse à certains philosophes comme l'expression psychologique du mécanisme cérébral ? simplement la réduction de toutes les idées aux sensations et aux images qui en sont dérivées, de l'entendement à l'imagination.
i. Cousin, t. IH. 2G-27. Apercepiion immédiate.
2. Cousin, t. III. 157. Division des faits psychologiques et physiologiques.
:\. Cousin, 158. Id.
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L'ANTHUoi>OF.nt;iE DE MAIXE DE iilUAN
Descartes laissait subsister entre les substances matérielle et spiriluelle, entre lame et le corps, une distinction absolue ; mais cette distinction nélait autre, en somme, que celle des deux attributs qui caractérisent respectivement chacun»' d'elles. Pounpioi dés lors n'admettrait on pas une seule s(d)slan((' qui réunirait les doux attributs distincts do pensée et d'étendue .' « Sn\i< ces deux attributs, disait M. de Jîiran, Descartes lui-même comprend universellement tout ce que nous appelons les êtres, (pii sont tous ou j)ensants et inétendus, ou non pensants et par cela matériels et étendus, pures machines, sans qu'on puisse conccn'oir de classe intermédiaire. Donc et poussant la chaîne des déductions jusqu'au bout, on arrivera entin à démontrer qu'il n'y a et qu il ne peut y avoir (pi une seule substance, l'être inn'versel, seul nécessaire, le o-nuid tout, à ([ui appartient exclusivement le litre d'être ou de substance et dont tout ce ([ur nous appelons improprement de ce nom n'est en effet qu'une moditication. Les objets sensibles ne sont donc que j)ures ajq)arences sans réalité, sans consistance et dans un (lux eonlinuel ; nous-mêmes n'existons pas à litre d'être réels, tie personnes iiulividuell(\s vraiment séparées dureste delà natunv Le sens intime nous trompe à c(4 éi>-ard et son témoig-naivo même ne peut être invoqué, puisipi il ne se fonde sur aucune [)reuve démonstrative ou de raison et (pie le crllerhim de la vérilé ik^ peut être ailleurs que dans la lo^n'ipie. Le sentinient de noire personnalité individuelle ne petit avoir m' plus ni moins de vérité que celui de notre activité, de notre force motrice; or, ce sentiment nous trompe, en nous induisant à croire que nous sommes auteurs <le nos actions, les causes libres de nos mouvements, tandis (pie selon les cartésiens les plus ortJKKloxes, il ne peut y avoir (piune seule cause efficiente, qu'une seule force active, celle qui a tout créé, (pii crée encore à chaque instant les êtres quelle conserve. .Mais comme il est lo«,nquement certain (jue tous les effets sont éminemment ou formellement renfermés dans leur cause, on peut dire que tous les êtres sont renfermés dans
INTRODUCTION
l'être universel qui est Dieu ; c'est en lui seul que nous pouvons voir ou penser tout ce qui existe réellement; c'est en lui que nous sonmies, que nous nous mouvons et sentons n K
Ainsi, « en partant du principe de Descartes et continuant h abstraire ou à déduire de l'abstrait, un esprit aussi conséquent et aussi fort que celui de Spinoza, ne pouvait manquer d'arriver à l'unité de substance- ».
Malebranche se rencontre avec Spinoza dans la même route; « la logique les unit; le mysticisme, il est vrai, les sépare S); <f mais c'est en vain que le mysticisme cherche à nous tromper ou à se tromper lui-même sous ses différentes formes d'absorption ou de négation des personnes (homme et Dieu) ; au sortir de ces rêves de l'enthousiasme ou du sommeil de la pensée, l'esprit ne se retrouve que dans le panthéisme^ ; la route qui m(>ne à l'abîme peut être couverte de Heurs, mais l'abime est là^ ».
De ce principe de l'unité absolue dérivent donc nécessairement le déterminisme universel, la négation de la personne divine et de la personne humaine, c'est-à-dire en somme les mêmes conséquences que du ])rincipe même du matérialisme. Faut-il s'en étonner si, comme le suppose M. de Biran, l'idée cartésienne de substance se réfère nécessairement à (juelque symbole d'étendue ou d'espace?
Si nous passons maintenant des conséquences ontologiques de l'idée de substance à ses conséquences psychologiques ^ nous comjirendrons comment elle aboutit à l'idéalisme dé Hume.
Descartes, par cela même qu'il nie toute activité, réduit J'entendement à n'être que le lieu des idées ; comme il distingue pourtant entre les idées claires et les idées obscures,
4. Cousin, (. IV, p. 314-315. Doctrine pkUosopInque de Leihnitz.
2. Cousin, t. III..'p. 171. Division des faits psychologi(fues et pliysiolo- //iques.