‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 43 sur 178 · II. — 8YSTKMK SDN^ITIl · texte numérisé non relu

II. — 8YSTKMK SDN^ITIl

a. Union t/tt moi avec les n/Jections elles inluilions. — I). ( nion du moi avec les l races des a //'ec lions et îles intuitions. — c. Association de V idée de cause avec les premières sensations affectives et reprêsev'ii lires : e' mol ions et passions.

a. (,'nio)i du moi arec les affeclions et les inluilions.

Il est impossible (re.\|)li(iii(M' le passaufi* de la vie incoiis- (•i<Mjt(\ (Hi innt(>rs()iiii('lle de l'auinial à la vie conseienle et personnelle. On ne peu! <pn' c<)nslat(M* le l'ail et indi<pier les circonslanccs dans lcs({nellcs il se produit. I/<'xislenee de la p(M-sonnalilé se manifeste che/. Tliommc par la tensiun voloîilaiii' di' tous l(^s muscles ((ui caractorise l'élat de veille, et notammrni la station droite ; chez l'enfant, elle apparaît l)i(Mi avant (pi'il puisse se tenir droit, et eoFitrehalaneer par son ellorl propre l'action <le la j)esant(Mu* : ell(M-oïnci<l<^ avec la transformation des mouvements spontanés et notaiiimenl des cris, en mouvements volontaires, ou en cris d appel. Au lieu d être une simple rcsultante du jeu des forces physicpies et vitales, le moi sa[)parait comme une force autonome, ([ui a l'initiative de ses actes : c'est un empire dans un em[)ire.

Mais s'il se distin^^ue de luniveis, dès qu'il existe pour lui-même, il commcfice par se confondre avec son corps : il n'existe d'abord (pie dans le concret de ses sensations et c'est ce concret ([ui est l'homme ». « L'expression « je pense », « j'agis » signifie primitivement : moi, corps organise, dou«'^ de sentiment, de force et de volonté, j'exerce une action sur ce corps étranger dont j'éprouve aussi des impressions * ». Les impressions purement aiïectives qui se confondent d'abord avec le sentiment confus de la vie irénérale absolu(\ prennent, dit M. de Biran, un caractère de relation

1. Cousin, t. III. .{perception immédiate ^44-4.1) .M. de Biran y développe les mêmes idées que dans l'Essai sur les fondements de la psyckolorjie.

LA VIE HUMAINE

en s unissant par simple coïncidence avec l'effort ou le moi ; mais tant que ces impressions sont rapportées uniquement au corps en masse, le moi sympathise jusqu'à s'identifier ou se confondre avec elles ^ Comment expliquer l'attraction ou la sympathie qui rapproche des éléments si opposés.^ Sans doute, eût répondu M. de Biran, par le caractère qu'ils ont en commun d être irreprésentables et inetîahles. Il ne faut pas oublier non |>lus ([ue l homme vit avant de savoir qu il vit : il est naturel dès lors, que le sentiment du moi ne se dislingu(^ pas de ce système d'affections qui constitue notre premier mode d'existence ; d'autant })lus que ces alTeçtions continueroni pendant longtemps d'être l'unique mobile de nos actes. Il n'empêche que le sentiment du moi tel qu il l'entend est radicalement distinct i)ar son origine et sa nature, des afîeclions organi(pies, et que leur affinité est incompréliensible.

Il s'en dégage peu à peu à mesure qu il prend une connais.sance plus précise des différentes parties de son corps. Le système général musculaire se divise bientôt en plusieurs systèmes particuliers en raison des résistances particulières que rencontre le sens de 1 effort; et en mettant chacun de ces termes cji dehors de lui, le moi apprend à les mettre en dehors les uns des autres, et à connaître leurs limites communes-. Les impressions organiques sont dès lors rapportées aux organes qu il connaît })ar la résistance qu ils lui opposent. Ainsi se forme laperception interne de notre corps comme d'une étendue sentante, l'étendue n étant encore per(;ue que comme un continuum de résistances. L'association de l'élément affectif et de l'élément de résistance, (jui le constitue se produit assez tard chez l'enfant; elle se dissout dans certaines maladies, telles que la paralysie, ainsi que le prouve l'observation de Rey Régis.

Si le caractère de relation qu'ont les affections au moi

1. Naville, t. II, 4.}. Essai sur les fondements de la psycliolor/ie.

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