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LAXTHUOPOLOr.lE DE MAINE DH IllUAN
leur est accidentel, puisqu il suppose leur localisation, il n'en est pas de mémo pour les intuitions visuelles ou tactiles : elles se coordonnent naturellement dans l'espace \ et le moi au lieu de s'idenlitier à elle ne peut que s'en sc'^parer ; •elles sont naturellement variées et composées ; or « le moi varié et composé » est une expression contradictoire^. ()ue l'intuition visuelle soit simple en apparence comme celle d'une couleur, ou coniposée comme celle du spectre coloré, toujours comprend-elle des parties contigucs, juxta])osées ou coordonnées dans un espace que le moi est nécessité à mettre hors de lui, par la loi mémo (pii constitue primitivement son existence ^ Klles sont primitivement localisées dans lorgane visuel ou au-devant de lui, mais ne constituent pas encore des perceptions réelles, car le moi les reroit en quelque sorte toutes formées ; il en est le témoin passif et ne les rapporte pas encore à des objets réels distincts de son corps, l.c monde ainsi représenté n'a qu'une existence phénoméniiiue; pourtant comme tel, il n'est pas un pur rêve ; il n'est pas autre que l'intuition nous le représente puisqu'il n'est rien en dehors d'elle'. Il est suHisant aux besoins d'un être qui se borne à sentir et h se mouvoir, ou à réagir en conséqu(Mice des impressions r(M;i4cs, et tels sont les seuls besoins de l'homme pendant les premières années de sa vie.
Celte théorie de l'intuition nous fait saisir en quelque sorte sur le vif la différence radicale qui sépare la philosophie biranienne des philoso|)hies idéalistes. Les intuitions ne sont pas, dit M. de Hiran, comme le pensait Arnauld « de pures modalités représentatives de l'àme* » ; il serait intiniment plus juste de dire avec Malebranche qu'elles sont hors de l'ame ou plutôt hors du moi. Mais à vrai dire considérées en