Naville, id
4. Cousin, t. III. \[9-l'2ù. Aperception immédiate. ii. Cousin, id., 81.
LA VIE HUMAINE
elles-mêmes, ce ne sont point encore des représentations « objectives » ; car l'intuition peut exister chez un être dénué de conscience ; or, où il n y a point de sujet, il ne saurait y avoir d objet. La vérité, c'est que primitivement, ou plus exactement, dans la vie purement animale, l'individu se confond « avec la nature, c'est-à-dire avec ce qui est passif et nécessaire^ ». 11 devient, comme dit Leibnitz, le miroir concentrique où se peint d une manière plus exacte et plus détaillée cette nature dont il fait partie ; la vie étant (( d'autant plus parfaite. j)leineet entière, que les organes des sensations sont plusnombreu.K, les impressions plus variées, plus étendues et plus profondes -». Telle est la vie primitive, dans l'état de confusion du sujet et de l'objet. Quand le moi ap])arait, autour de lui, comme d'un centre invisible vient se polariser ce système de sensations musculaires et d'impressions affectives qui constituent notre corps; mais les intuitions en resteront distinctes, elles continueront d'exister dans l'espace (jui en est la forme naturelle, et qui en s'opposaut au moi va prendre le caractère de non-moi ou d'objet. Le problème psychologique de la perception extérieure ne consistera donc pas à se demander comment étant données des représentations modes de ma conscience, le moi les détache en quelque sorte de lui-même, et les projette au dehors. Les intuitions ne sont pas des « modalités représentatives de l'àme », elles existent avant la conscience et en dehors d'elle; elles s opposent naturellement au moi, dès que le moi existe. Mais le non-moi ainsi représenté est encore indéterminé ; il n'a qu'une existence phénoménique; il ne constitue pas la réalité extérieure, objet de perception : ce problème appartient à la section suivante.
Si l'espace est la iorm3 primitive de nos intuitions visuelles et tactiles, il ne l'est pas de toute sensation ; et la théorie de M. de Biran sur ce point, diffère nettement de celle de