‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 6 sur 178 · Cousin, t m · texte numérisé non relu

Cousin, t m

o. Cousin, t. rV, 316. Doctrine philosophique de Leibnitz.

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L ANTHROPOLOGIE DE MAINE DE lURAN

il est amené à considérer les premières comme innées et comme inhérentes, en quelque sorte, à la substance de l'àme, les secondes comme produites en elle à l'occasion des affections du corps. Locke, quoi([u'il fût intimement pénétré de l'esprit cartésien, refuse d admettre lexislence des idées innées et il faut reconnaître que sa critique de la théorie d(î l)escart(vs sur ce point ne manque pas de justesse. Il est assez dinicilo, en effet, si l'on n'admet pas la distinction de la puissance et de l'acte, d'achncttre des idées innées dont la phipartdes hommes n'auraient aucune connaissance. On peut les concevoir avec Leihnitz comme virtualités; mais les principes de la philosophie de Descartes, lui interdisent, seh)n M. de liiran, d'admettre un l(d mode d'existence.

Locke conserve cependant 1 idée de substance, qui non seulement ne lui est d'aucune utihté puisqu'eUe n'exphque rien, mais qui introduit dans sa doctrine une contrachctior» for.dament.div Pour Descartes, Tàme par cehi même (pielle ne f)eut cesser (h^ p(M»ser sans cesser d'être, pense toujours; il y a donc dans eliatpie esprit un fon<l permaruMit de pensée qui fait \v durable de la substance; ainsi se\i)liquent les idées imiées, et h\ conscience cpie hvs premières sensations ne créent pas, mais ne font en (juehpie sorte qu'exciter. Les i(h''es innées existeid. d'abord (hms l'àme sans que le moi les aperçoive ; le moi ne commence d'exister (pi'au moment de lapivmière sensation adventice; mais il a dans Ux substance pensante son fond(^ment métapliysiquesans son expression ^ Rien de pareil dans la théorie de Locke. Gomme l'àme est conçue comme une table rase, non seulement il n'y a pas en elle d'idées innées, mais il faut admettre que laperception de soi, ou conscience, qui selon ce philosophe estjoiideà la première sensation, vient comme elle du dehors; et s'il attribue à la conscience une telle origine, il n'est vraiment pas étonnant, remarque M. de Biran, qu'il se soit demandé si la matière ne pourrait pas penser. « (Question tant répétée

4. Cousin, t m. 18i. Division des faih psychologiques et physiologiq

ues.

INTRODUCTION

depuis Locke, dont la solution affirmative convient si bien aux hommes qui imaginent plus qu'ils ne réfléchissent S). Mais, d'autre part, du moment que nos idées se réduisent à des modes simples et aux combinaisons de ces modes, l'idée de substance va se réduire à l'idée d'une collection, et comme il est clair (pi'une collection de modes n'existe pas en dehors de ces modes, que devient l'àme, table rase ? Il commence par en poser l'existence, pour la nier ensuite. Condillac commet le même sophisme =■'. Pour expliquer l'existence de la sensation, il pose d'abord celle de la statue, de la rose : autant de substances, qu'il démontr.era, dans la suite être des fantômes sans réalité.

On conçoit que Hume ait voulu exorciser ce fantôme '. 'J oute réalité se réduit pour lui à l'ensemble de nos sensations ; l'idée de cause et lidée de substance n'expriment rien de plus que l'ordre habituel de nos sensations, envisagées comme successives, ou comme coexistantes. Comme rien ne nous garantit, en dehors de l'expérience et de l'habitude, que cet ordre est lixe, sa doctrine aboutit nécessairement au scepticisme.

Mais si la philosophie de Hume est une crilitpie pénétrante <le la philosophie de Descartes et de s?s disciples dogmatiques, elle en dérive elle-même, dans sa partie positive. Vax effet, le fantôme de la substance n'a pas entièrement disparu ; ces modes inertes, qui en se juxtaposant, forment le monde et l'esprit, en retiennent la nature, cest-à-dire la vaine apparence. Qu'est-ce que ces atomes sj)iriluels, sinon la substance pensante morcelée en éléments distincts que l'expérience réunit?

Que Ton absorbe avec Spinoza toute réalité dans l'abîme de la substance universelle, ou qu'on la dissolve dans une multitude de modes passifs et séparés, on aboutit donc au

1. Cousin, t. m, 18.;. Division des faits psycholooiq ues et phjsiolofjiques. ^ "^

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