Naville, id; 6'J
LA VIE HUMAINE
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imprime à tout ce qui se représente sa teinte particulière, et explique la prédominance de telles images qui saccordent mieux avec nos affections dominantes. Celle influence peut être telle que les croyances illusoires qui en dérivent, soient plus fortes que les témoignages contraires les plus assures, et forcent notre assentiment. « Telle est la croyance opiniâtre et inflexible ([ui s'attache aux visions des maniaques, des vaporeux, aux fantômes qui se produisent dans le sommeil par l'innuence sympatl.icp.e que certains organes intérieurs, comme l'estomac, lépigastre, le sixième sens exercent sur lorgane de limugination, soustrait alors à 1 empire de làmc'. » De là vient que les enfants et les jeunes gens sont si avides, les uns, de contes de revenants et de fées, les autres de romans, de récits de bataille et d'exploits héroïques. Le besoin démotion, si vif à cet âge, entraîne le besoin de croire • la volonté ne vient pas contrôler la croyance ; on croit ce qu'on désire. C'est le même instinct de crédulité qui entraîne les peuples i.rimilifs à se prosterner à l'aspect des phénomènes de la nature; à adorer des forces inconnues à diviniser toutes les choses qui leur ,.euvent être agréables ou funestes, à peupler de génies le ciel et la te.-re '.
Toute émotion continue ou répétée, cest-à-d.rc devenue habituelle, prend le caractère d'une passion. La passion est plus violente, plus tenace, plus tyrannique encore que émo- Lon. L'in.lividu ne vit plus qu'en elle et par elle ; il se trouve presque ramené à un état de simplicité native {simplex m Mtater. Comme la force à laquelle obéissent les lu^mmes passionnés est étrangère à leur volonté, il s'ensuit qu ds îieviennent naturellement superstitieux et fatalistes 'Toute passion est une sorte de culte rendu à un objet fantastique ou qui sort du domaine de la perception pour passer sous celui de l'imagination ; c'est ainsi que le joueur croît a la