‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 65 sur 178 · Naville, ù · texte numérisé non relu

Naville, ù

h ANTHROPOLOGIK DE MAINE DE BIRAN

LA VIE HUMAINE

^nont les ol)j('ts eux-mômes ou les qualités tics objets, ou encore les ra[)ports semblables entre des phénomènes i)assagers, elles ont toujours la même nature, et le résultat est le même : elles désignent des api)arences. , Si noire esprit était réduit à connaître le monde par ses idé(*s générales, toute science véritable lui serait donc interdite, mais nous verrons dans le système suivant, qu'il atteint par la réllexion la réalité même, en nous et en dehors de nous. La psychologie pure et les mathématiques nous enseignent des vérités cerlaines. Klles diffèrent radicalement des sciences qui reposent sur l'expérience sensible et rentrent dans le système de latlention, comme les sciences naturelles, soit qu'elles déterminent les rapports de ressoniblance des êtres (»t les rangent dans des classes, soit (ju'elhvs aient pour objet les rapports de succession constante et uniforme des faits sensibles. M deP»i.*an pense avec Descartes (pi'il no peut y avoir de science proprement dite de ce (pii est sensible. Les sciences puriMuent expérimentales n'ont à ses yeux (pi une valeur empirique : la physicjue par conséquent ne d(' viendra une science (jui^ lors- (pi'elle (Mivisagera les faits sensibles, non pas comme un ensemble de (pialités, mais de grandeurs. Kntre une science expérimentale et rexpérience proprement dit<\ il n'y a qu'une dilTérence de degrés, et l'une et l'autre reçoivent de la sensation le même caractère de subjectivité.

C'est en vain ({uc l'esprit cherche à dissimuler la faiblesse de ses «-onceptions sous la rigueur artitlcielle de raisonnements purement logi([ue tels que le syllogisme. Il suffit de remonter aux véritables sources du syllogisme pour en apercevoir le peu de valeui*.

Nos idées générales, comme du reste nos idées particulières, ne sont au fond que des synthèses de jugements implicites. Si nous laissons de coté les jugements universels et nécessaires (jui ])ortent sur des éléments simples, et })artent d'intuitions intellectuelles (qui rentrent parconséquent dans le système suivant) pour n'envisager que les jugements de

simplr modalité comme sont tous nos jugements empiriques, ou fondés sur rexpérience sensible ; toute idée qui leur sert de sujet est en quelque sorte le centre d'une multitude de jugements, séparés les uns des autres-. L'idée de l'or, par exemple, contient implicitement l'affirmation : 1° qu'il existe un corps jaune, 2« inodore, 3 ductile, 4« malléable. Ces jugements n'ont aucune haison les uns avec les autres; c'est l'expérience seule qui nous montre ces propriétés actuellement ou habituellement coexistantes, dans un même objet. Une telle suite de jugements lorsque je développe le contenu d'une idée ne constitue pas un raisonnement. Je forme une description, non un raisonnement-, et dans cette description il n'entre rien d'universel, ni de nécessaire. Ainsi « jaune » devient le nom commun de tous les objets qui présentent les nuances de cette couleur ; mais il est bien clair que cette couleur varie en intensité selon les objets que chacun a .sa couleur particulière. Quand je désigne par le même nom des qualités hétérogènes ou (Ui moins ayant entre elles des diiïérenccs, qu'il m'est impossible d'évaluer avec précision, je suis donc bien obligé de reconnaître que ces noms désignentmes propres dispositions, non les choses. Par conséquent tout ce qui est affirmé des idées générales ne l'est que d une manière hypothétique et sous la condition que les ressemblances a])errues entre les individus du genre existent réellement ' ; mais on est toujours obligé, cela est évident, d altérer les ressemblances des qualités réelles pour les faire rentrer dans la même classe. Prenons un autre exemple.

On a formé le ujot animal en abstrayant des divers êtres organisés, qu'on compare, un cerlain nombre de propriétés qui sont censées leur être communes, telles que celles de sentir, de se mouvoir par une force propre, de se

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