Naville. t. 11,177 (en noie
LA VIE HUMAINE
proprement dites de l'esprit, ce que les images indéterrainées ([ui résultent de la fusion spontanée des images pai-ticulières semblables dans l'intelligence de l'animal ou de l'enfant, sont à nos idées générales. Sous l'inlluence d une disposition organique ou d'une affection dominante, le sens des ima«>"es est excité et mis en mouvement ; de là ces fantomes divers, ces châteaux en i:spagne, qui sont toujours plus ou moins irrcguliers et incohérents, tout en étant pourtant sans cesse montés au ton de la sensibilité. Ou au lieu de se laisser aller à ces disi)ositions, l'esprit se ressaisisse. « Il fait un choix d'images analogues entre elles et au i)lan proposé, écarte toutes celles qui sont disparates ou hors du but. et parvient ainsi à former un tableau plus ou moins composé, dont toutes les parties s'harmonisent entre elles et concourent dans une véritable unité de dessein, de plan ou d'action'. » Ce qui caractérise ces combinaisons actives et les distingue profondément des associations fortuites des songes, c'est donc qu'elles sont soumises à un principe d'unité qui se rattache au premier déploiement de notre activité perceptive ; mais ce |)rincipe n'est pas abstrait, c'est la force et l'unité d'un sentiment qui les inspirent et les coordonnent.
Considérons successivement les notions morales et les
conceptions artistiques.
L'idée que nous nous faisons des actions humaines, soit réelles, soit possibles, c'est-à-dire la manière dont nous les qualifions, n'est pas arbitraire. Ce qui le prouve, c'esl que les hommes s'entendent à peu près - sur ce qui est bien ou mal, sur la vertu et le vice, les actions digiies déloge ou de blâme. Ces notions morales sont toutes conformes à. un certain sens, commun à tous les hommes, et qui varie seulement en raison du climat,= de l'époque, du tempérament individuel. L'homme est uni à ses semblables comme à son