‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 72 sur 178 · Naville, id · texte numérisé non relu

Naville, id

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L ANTIIROI'ULOCilE DE MAIXE DE DIRAN

LA VIE HUMAINE

propre corps par une conscience commune; il a comme un sens (le la sensibilité d'aiitrui» rjui fait qu'il souiTre de ses souffrances et jouit de ses joies. De là ses mouvements naturels de pitié et de générosité : « Ce sont ces sentiments qui servent de fondement aux genres et aux classes sous lesquels nous rangeons les actions, les qualités de lesprit ou du Cd'ur, pour en discourir ou en raisonner : c'est tel sentiment particulier de la nature humaine qui constitue le unuui et commune de la classe -. »

L'origine de ces idées explique les variations des jugements moraux. Si certains sentiments sont en effet communs à presque tous les hommes, et forment le fond de notre constitution morale, ils n'en sont pas moins susceptibles d'une multitude de nuances et de <legrés divers. « Peut-être existe-t-il des hommes assez malheunnisemenl organisés pour (pie les mots sacn's de vertu, (riiumanité, de bienfaisance, ne soient pour eux (|ue de pures dénominations ou des combinaisons arbitraires d'idées simples '. »

Cela expli(pie enfin qu(^ la morale ne puisse être réduite à uwc sorte de calcul ou de géométrie. On ne peut appli(pier à ces combinaisons de l'esprit « les lois dune démonstration rigoureuse, qui se fonde sur l'identité et la fixité de signi- (Ication des signes, inconciliable avec les variations dont lout sentiment est susceptible^ ». Klles se réfèrent non à des principes, mais à des faits ; or, ces faits dépendent en partie du tempérament de chacun, d'une sorte de sens moral ou social. Les altérations et les variations de la conscience morale s'expliquent aussi par la persistance de certaines habitudes invétérées, dont on a oublié l'origine et que l'on subit sans les comprendre et les approuver réellement ; ces habitudes ont pu avoir à l'origine un motif moral : on les a contractées par imitation, et ainsi s'est formée en nous une

I. Ce sens est compris dans la cœneslhèse. Voir plus haut. i. Naville, t. If. 187.

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