Naville, id
conscience artificielle qui se substitue souvent à la conscience naturelle et la masque ou la déguise ^
Les combinaisons relatives aux êtres réels ou fictifs (jue nous appelons beaux, ont une analogie remarquable avec les notions morales. Il ne faut pas confondre le beau avec l'agréable. L'agréable est senti; il est antérieur à tout jugement proprement dit, il en est indépendant. Le plaisir résulte il'une relation déterminée de l'objet aux organes des sens, l'ne couleur, un son, peuvent être agréables. On ne dira pas qu ils sont beaux, il y a toujours dans un objet beau, une certaine complexité harmonieuse. Il est composé d'éléments qui se conviennent entre eux, et c'est cette convenance ou harmonie qui constitue précisément l'unité de l'objet beau. Mais quel est le principe de cette convenance? Ce principe est toujours obscur et difficile à définir. Il a son origine tout à la fois dans notre nature sensible et dans notre nature intellectuelle. Il faut d'abord que chacun des éléments perceptibles soit agréable en lui même; mais pounpioi telle combinaison de sons, de couleurs et de figures ou de formes est-elle belle .'- Nous ne le savons pas, nous ne pouvons pas le dire dans la plu|)art des cas. (( Tout(^s les qualités propres à exciter dans Tàme un même sentiment, quelque différentes qu'elles puissent être d'ailleurs, ont entre elles cette espèce d'analogie sentimentale qui peut les déterminer h appartenir à un même genre, dont le sentiment deviendra le unum et commune, ({ui servira de point de ralliement à tous les éléments de la même combinaison. Ainsi, par exemple, sous le genre, exi)rimé par ce signe tragédie, se trouvent comprises toutes les combinaisons d'actions et de circonstances qui tendent à exciter dans l'àme, la terreur ou la pitié, telles que la déclamation, la musique, la peinture, qui s'unissent à la poésie dramatique ^ »
1. Naville, t. III, 43-i4. Easai sur les fonde me ni s de la morale.