Naville, id
L'ANTHUuPOLOGIE de &1ALNË DE BIRAX
accroître le senlimeiil qui lui est associé, et à le faire prévaloir sur lémotioii présente, u L'activité est doue avant la préférence^ qui lui est subordonnée, dans tous les cas où il y a choix, liberté, comparaison. En d autres termes, l'àme n'est pas active, en tant qu elle préfère ce qui est le plus agréable à la sensibilité, mais en tant (pi <'lle élèv(^ une idée, un souvenir à un degré où il plait plus à la conscience ou au sens interne, que limpression ne plaît aux sens externes * ».
On voit quelle position occupe M. de Biran, dans le problème de la liberté. Aux partisans du déterminisme phvsique, il répondrait, nous l'avons vu plus haut, (pi en niant la liberté, ils nient la conscience, c'est à-dire le fait même de l'existence personnelle. On ne peut exister pour soi, c'est-à-dire s'opposer au monde, que si on échiq)p(' à sa nécessité. Le moi s'opj)ose au non-moi, comme la liberté s'oppose à la nécessité. Mais il ne sullit pas à .M. de Biran d'avoir démontré que le principe même de noire existence eonciente ou personnelle est un i)rin«ipe de liberté ; il veut montrer comment il pénètre la vie animale, l'humanise, la spiritualise, si c'est possible. L'opposition du déternn'm'smc et de la liberté n'est pas un problème [)our M. de Biran. c'est une réalité, un drame cpii se déroule en chacun de nous.
C'est en vain cpi'on lui objecterait l'inlluence des motifs et des mobiles sur la détermination de la volonté. Ou bien ces motifs et ces mobiles se réduisent aux images et aux impressions affectives de la vie animale; dans ce cas, le fait même de notre existence personnelle prouve, comme nous venons de le dire, cpi il y a en nous un pouvoir d agir, indépendant du déterminisme des organes. Ou bien on désigne par ces mots des idées et des sentiments, mais précisément, idées et sentiments, n'existent que par l'activité de l'esprit, qui n'existe elle-même qu à la condition