NavilU'. t. m
LA VIE H CM AINE
moyenne, intermédiaire entre la vie sensitive et la vie purement intellectuelle. C'est l'œuvre la plus achevée que l'homme puisse accomplir avec les matériaux qu'il emprunte à la vie animale (intuitions, affections et mouvementsj. Aux divers étages de la vie pensante, que nous avons passés en revue jusqu'ici, on retrouve les mêmes éléments, plus ou moins transformés et élaborés par l'activité de l'esprit. On dirait ces thèmes architecturaux de nos cathédrales, qui, très simples, près du sol, vont en s'enrichissant et en se développant, à mesure qu on s'élève. Mais, si parfaite cpi'on la suppose, la connaissance sensible porte la marque de son origine, et sera toujours incapable de satisfaire un esprit avide de certitude ; il est de même tels états du corps où l'âme se sent impuissante à discipliner ses émotions, et à conserver la possession de soi ; de telle sorte qu'on peut dire, d'une façon générale, des notions et conceptions diverses qui appartiennent au système perceptif, qu'elles ne satisfont que les esprits moyens et les âmes vulgaires. L'homme vraiment digne de ce nom aspire à le dépasser et à vivre d'une vie purement intellectuelle; il aspire à l'imité absolue. Le système réfiexif marque le sui)rême efîort de l'homme^n tant qu'homme pour s'y élever.