‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 8 sur 178 · Cousin, p. 164. M · texte numérisé non relu

Cousin, p. 164. M

'S. Cousin, p. 161. IJ.

l.NTRODUCTION

abstractions mathématiques. Ils ne diffèrent pas seulement \ par la grandeur, mais par la résistance ; et la résislancres ■rreducUble à la grandeur ; la notion de force est plus pro fonde que celle .l'étendue. L'hypothèse cartésienne 'est assurément séduisante puisqu'elle favorise la tendance e cspnt a I unité ; mais la nalure ne se laisse pas enferm r lans les cadres que notre imagination veut ha imposer S n a n,et au contraire des forces derrière les faits, ces forces .; ant nécessairement hétérogènes aux faits, ne pourront "trc mises en équation avec les faits eux-mêmes ■ D'au" e part 11 fau.lra admettre plusieurs ordres de faits, hétérogènes

-.reeux,etparco„séquentnonégauxouéquivalentsLes l'f ^'«"t 'a tendance essentielle est d'unifier ses représenlations, repoussera donc systématiquement l'idée de force q^quel expérience en proclame la justesse et la nécessi é.' : M.u. Il ne sert a rien .le construire des systèmes bien faits ' ç.;.e la nature contre.li,. L'objet de la sc'ence ne It^î ' être asservi aux caprices .le notre imagination ou aux

rigueurs de noire faculté de raisonner I-, L l,iim..,„„ „ 1 I- -, laisonner. La connaissance

n,ai„ a .les limites, que la science véritable ne cherche \>i\h a dépasser.

l/hypolhèse mécaniste lut la source .l'erreurs plus graves encore en physiologie qu en physique '-. Au lieu d'expliqué es fonctions différentes par des âmes ou des princip'es'd.ï

rents, comme lavait fait Aristote, on consùLa tous les aits comme les effets de .livers modes .l'arrangement td

Z'X'f :""■"■"■ ^"^"' '" =' ^^'^ »'>«^-''- de tou au e enicienle, on peut très bien sans inconséquence n'a.l-

nettre qu une seule classe de facultés ou de fonctions atî- •'..ees au corps, ou à certaines propriétés du corps ; on as.

..liera la v,e psychologique incon.scie„te, constifuée ar el

ensafons animales, les images, le plaisir et la doul ur \ ia vie proprement physiologique; on attribuera aux organes

<■ «erlrand. I,uppo,;s ,les sciences naUo-elles avec la psychologie m '

^^,j^^ Cousin, , ,„, p. le,. „,,,„„ ,,., ^„,^ ^^^„^,^;j^^ ^^ ;- .;;^;

JISSERAND. — I.

^^ i/aNTIIHOPOLOGIE de MAINE DE BIRAN

la proj)riOté de sentir comme d'exécuter certains mouvemenls; en suivant cette pente on sera conduit à expliquer de la même façon la pensée, c est-à-dire à la considérer comme la fonction d'un ori^^uie.

Se horne-t on, comme les physiciens modernes, à déterminer les antécédents véritablV^s des fails, les analogies qu'ils ont (Mitre eux, on fait assurément un travail utile, dont on uv peut se dispenser, en aucun cas, quell(^ que soit l'hypothèse que Ion a adoptée'. Mais d abord on a une tendance à remplacer les essences nominales, les entités, lesquiddités de la vieille école par des termes de propriétés, abstraites de tout sujet (liidiérence, et de croire qu on a expliqué quelque choS(^ quand on a parlé de vilalité, de S(Misibilité,de motilité Par ces expressions abstraites, les physiologistes désignent les analogies ipie présentent les diverses manifestations de la vie animale ; Us subslituentà une multitude de faits particuliers l'idée des propriétés qui leur sont communes, et cherchent ensuite les rapports de ces propriétés entre elles, c'est-à-dire l'ordre dans lequel elles se succèdent et coexistent. Mais qu ils ne s'imaginent pas avoir rien expliqué: Ils n'ont fait (pie reculer leur ignorance. D'où dérivent ces propriétés générales elles-mêmes ? elles sont aussi incxpli(piées que les faits particuliers dont elles sont l'expression réduite ou a|)pauvrie ; au fond la même difliculté subsiste, et c'est en vain ipie les savants cherchent à la dissimuler par une généralisation souvent arbitraire et précipitée. En d'autres termes les savants modernes se bornent à déterminer les lois qui régissent les faits; mais ils n'expliquent pas ces lois, qui ne sont en somme qu'une expression abrégée» des faits eux-mêmes.

Dira-t-on que cette explication est impossible, et d ailleurs mutile au savant? Kn réalité, lélimination de l'idée de cause, entendue comme force [)roductrice, peut être une source d'erreurs, en tant qu'elle favorise la tendance de l'esprit à for-

i. Cousin, p. 166. Id.

IXTRODrCïION

ce ks a Mlogios qu, existent entre les laits, pour s'élever .'I Klee d une lo. générale qui .les embrasserait lous'. AJais elle est particulièrement dangereuse en psvcl.olo,ne où elle a pour eonsé,,uenee de nous voiler le ca.-aetère essentid dos fa.ls. Les laits de eonscience ne sentendent que dans leur rappori au suje.. .p,i est précisément, pourM. de Bir«„ -..- cause elticiente, une force. .S. on les considère n .M.ors du n,o. qui se les attribue, on les transforme en ab«rc.o„3 sans réalité, en pures possibilités, qui se prêteront •' tous les jcu.x do notre esprit, ,n,isquc c'est lui ,p.i les a créées; ma.s il n'y aura pas plus de ressemblance entre ces con.bu.a,sons artilieielles et les opérations de 1 àn.e qu'entre « le clnen constella.ion et le chien animal abovant ... ['ap, b ca .ou de a méthode e.vpérimentale à la psycl.ologie, c es - . -.In;e la transfonnatio,. do cette science en une" se ence expornnentale, soi. subjective, soit objective, selon qu'I porte sur los faits p.sychologiques, ou les i'aits ph i !T.l.es qu. leur .sont associés, est, au.vyou.xdoM.leBiran 'a ogafon même do la psychologie proprement dite

Ams, aucune science, pas plus le.s sciences de la nature <l..e la psychol„g,o. ne p,.,. se passer de l'idée de force ■ c es. pour,p,o, toutes j.résupposent l'analyse réflexivo oui res .tue . l,dée de force ou de cause active avec s.! d,:

e limit- ' "'""'■ "r '^ ^•^"""-«"-. - -.-i'icatiln et ^es hm.te... La psychologie ainsi entendue, est pour M de

'■■•a... ce que la philosophie est pour Descartes la se ion e 'les pnncpes de toute connaissance. .Mais la notion fonda "";" aie de la psychologie est l'idée de force, non I lé t substance. "*

on?e ?ns' a.rT "' '""' ''"" ''' °^^"'^° "^ ^ -'-<^. ' dëho's !. ' "' ''"" '' "'^■••^'^*^"^- °" ««^ %-- 'H.

'< >1 "0 s'agit pas d'en faire un moyen d'explication ; tout

*• Borirand, p. 258.

l'ANTIIUOPOLOC.IE de MAINE DE lURAX

au contraire, on la donne ou Texprimo comme la limite nécessaire de tout ce qu'il est possible et permis d'expliquer, de traduire en images, de résoudre en éléments sensibles '. »

Quand le savant est arrivé à admettre sous un groupe de phénomènes l'existence d'une force, là s'arrête nécessairement son explication. Mais pour considérer les phénomènes sous le rap])ort nécessaire qu'ils ont avec leur cause, le savant n est pas dispensé de les observer, d'en déterminer les analogies avec les autres laits, de les mesurer. Tout ce travail est le même, soit qu on cnq)loie, soit qu'on écarte la notion de cause... Il doit être particulièrement minutieux et précis dans le premier cas, puiscpie le signe révélateur de la cause, c'est la reproduction de.^ mêmes phvnomvuQs, du même rapport.

« Gela bien entendu, si l'on demande pourquoi ou comment l'effet a lieu, il n'y a (pi'une seule bonne réponse au pourquoi, et c'est précisément celle dont Molière nous a tant fait rire. Pounpioi le quinquina chasse-t-il la fièvre? et pourquoi chaque remède a-t-il cette vertu? Le plus savant ne peut répondre autrement que le |)ersonnage comique : Parce (pi'il y a en lui cette vertu qui le rend cause nécessaire, occulte (à son tiUv de vertu; de tels eiïels sensibles qu'il manifeste-. »

Ainsi le dynamisme assigne des limites à la connaissance scientilique. L'erreur des mécanistes aux yeux de M. de Biran fut de vouloir expliquer à fond les phénomènes. Ils partent du postulat de l'intelligibilité universelle, et convoivent toute connaissanci^ des corps sur le modèle de la connaissance malhémati(pie. IMur expliquer le passage de la cause à reiïet, il fallait donc admettre qu'il y a homogénéité de nature entre les deux termes delà relation, ou que l'idée de l'effet supposé complexe peut être résolue en éléments

1. Cousin, t. III, 466. Division des faits pftijcholofjiques el phjsioloyiques.

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