‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 97 sur 178 · Navillft, t · texte numérisé non relu

Navillft, t

on peut encore la définir : « la trace d'un point qui se meut sans changer de direction^ ». L'idée qui nous la représente est donc simple, sinon absolument, du moins par rapport aux dimensions de l'espace. De l'idée de la ligne droite, c'est-à-dire de la ligne la plus simple, le géom<'tre passera à la figure la plus simple qui est celle du triangle. Les attributs de la ligne droite se retrouvent identiques dans le triangle : par exemple, l'un quelconque de ses cê)tés est plus petit que la somme des deux autres. Toutes les relations aperçues seront ainsi déduites de la même essence du sujet, qui est invariable. « Tous les attributs, dont je grossis successivement la première idée simple (jue je me forme d'une dimension de l'espace, ressortent toujours du fond de la même idée qui ne fait que se répéter ou s'ajouter à elle-même pour produire tous ses attributs, qui ne peuvent donc être jamais que des expressions de l'essence du sujet ou des dérivés de cette essence, tant qu'on reste dans le même système d'idées ou qu'on n'y ajoute aucun élément hétérogène -. »

La géométrie comme l'arithmétique doit donc toute sa rigueur et toute sa perfection à la nature même de son objet qui est simple, et par suite absolument clair et distinct. Les formes composées n'ont rien d'obscur, puisque c'est l'esprit ^jui les a composées, avec des éléments simples, qui restent toujours identiques à eux-mêmes. La ligne droite conserve son essence dans toutes les figures où elle entre comme élément. Elle n'est pas semblable, mais identique à ellemême. Les idées géométriques ne sont donc pas générales, mais universelles ; elles ne sont pas formées, comme l'idée de couleur rouge, par exemple, par abstraction et comparaison, elles sont immédiatement formées par l'esprit, et elles se répètent et s'ajoutent à elles-mêmes sans changer <le nature. De plus, tandis que les idées qui ont pour objet

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