‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 98 sur 178 · Navillo, t. H · texte numérisé non relu

Navillo, t. H

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L A.NTIIROI'OLU«iIE DE MAINE DE BIRAX

des abstractions sensibles n'ont aucune valeur objiHtive, puisrjuClles ne nous font connaître (jue les rapports des pliénoniènes à notre sensibilité, les vérités mathématiques qui portent sur les rapports des objets avec notre entendement sont les mêmes pour tous et ne peuvent être autres (pi'elles ne sont. On ne peut pas dire que ces connaissances sont abs<»lues, car c'est là une expression contradictoire, toute connaissance ayant la forme de la conscience qui enveloppe la relation primitive d'une force à un terme résistant. On peut admettre au-dessus de la connaissance réllexiv(» une intuition de la réalité absolue; mais cette intuition n'est pas une connaissance ; elle n'apparti(Mit pas au svstème de la vie humaine. Les sciences nécessaires sont relatives à 1 homme en tant ipi homme : il n'en p(Mit être autrenuMif ; on ne peut pas demander à 1 homme tie connaître l(\s choses d'un autre jxMiit de vue que le sien ; le mot connaître perdrait dans c(^ cas toute signilication. Les vérités osvchologi<jues et mathématiques non sont pas moins très différentes de 1 idée cpie nous nous faisons des choses sensibles. La connaissance sensible dépend de notre ori^anisation (pii n a j)as pour lin naturelle la vérité, mais la conservation de 1 individu et do l'espèce ; il en résidte qu'elle nous montre les choses à travers un miroir qui peut les défomn^'. Les sciences j)sychologiques et mathématiques abstraient de la perception de nous-mêmes et des choses, les éléments sim|)les, et les relations de ces éléments entre eux ; elles portent non sur les apj)arences, mais sur la réalité cachée sous ces apparences ; cette réalité, en tiuit qu Objet de connaissance, ne peut être autre que nous la connaissons.

Est-ce (pie tel est bien l'objet des sciences mathématicfues :» Xe puisent-elles pas dans une intuition étrangère à i'aperce|)tion immédiate de la résistance, la matièn» de leurs inventions ? Kst-ce qu'elles ne portent pas sur des représentations, non sur des idées pures, ou plutôt les nqjré-

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LA VIE HUMAINE

sentations ne sont-elles pas la matière de ces idées ? La géométrie a pour objet la n^esuro des grandeurs ; mais pour déterminer les rapports ue ces grandeurs entre elles, il scml)le bien que nous soyions obligés de nous représenter les termes du rapport, et de nous les représenter dans lespace visuel ; l'espace tactile des aveugles se prête beaucoup plus diflicilement à celte représentation. Il entre évidemment d'autres éléments dans les notions géométriques ([ue des représentations visuelles, mais les représentations paraissent être le support nécessaire de ces idées. M. de r>iran semble avoir exagéré le rôle de l'activité de l'esprit dans ces notions, en faisant dériver la matière de la forme. Ce ne sont pas des idées générales ; mais on peut contester que ce soient de purs produits de la réflexion.

Toute la théorie biranienne des idées aboutit donc à la dictinctionradicaledes idées générales etdesidéesréflexives. Les sciences qui se fondent sur les premières, c'est-à-dire (pii s'attachent aux rapports de ressemblance des objets de nos sensations sont conditionnelles ; car de tels rapports n'existent ({ue « sous la condition de notre mode actuel de sensibilitéeteuégard auxconventionsqui forment les classes ou au langage qui les exprime ^ ». Les sciences psychologiques et mathématiques au contraire, qui portent sur des notions réllexives sont inconditionnelles ou absolues. Xominalisle dans le problème qui concerne la valeur des idées générales, il est conceptualiste en ce qui concerne leur nature, puisqu'il attribue une part à l'activité de l'esprit ou plus exactement à l'attention dans leur formation. Enlin, il est réaliste dans le problème de la nature et de la valeur des notions réllexives, mais son réalisme est essentiellement s|)iritualiste, puisque ces notions sont elles-mênics des actes simples, universels et nécessaires de l'esprit.

M. de Hiran rattache aux idées rédexives les idées d'un bien et d'un beau absolu qu'il oppose aux idées du bien et

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