‹ Essai sur l'anthropologie de Maine de Biran [microform]Chapitre 99 sur 178 · I. Naville. t. il · texte numérisé non relu

I. Naville. t. il

L ANTHRUPOLOGIE DE MAINE UE lilUAN

<Iu beau relatif, qu'il rapporte au système précédent. Ces deux notions se rattachent à ce qu'il y a dun et d'identique dans les jugements moraux et csthéti([ues, et d'indépendant par suite de tout ce qui vient s'y ajouter et (jui change comme les modes variables de la sensibilité et les caprices de l'imagination.

d. Le bien et le beau absolu.

Au lieu de se laisser emporter par ses passions du moment, l'homme moral se dirige d'après l'idée des rapports vrais et absolus qu il soutient avec ses semblables. Dès lors, « In conscience morale n'est pas autre chose (|ue la conscience même du moi qui se redouble et se voit pour ainsi dire dans un miroir animé qui lui réfléchit son image' ». Il jugera ses propres actions du point de vue de son sembiabh^ et il saura avec un autre ce qui se passe en lui. Il attribuera aux autres les mèuK^s droits qu'il s'attribue à lui-mépi<\ « ce qui est droit, dans la conscience de l'individu qui se l'altribue en propre, devient devoir dans la conscience de la personne morale qui attribue le même droit à une autre j)ersonne- ». La conscience morale s'identitie ici avec la raison. Klleélend à tous ce qu'elle juge bon pour chacun, et s'efforce de régler la sensibilité qui nous unit j)ar des liens natun^ls ou artiticiels à nos semblables, au lieu de lui obéir. Ainsi se forme dans la conscience humaine un type universel dn bien, très différent de l'idée que chacun s'en fait selon l'épocpie ou le pays où il vit.

En quoi consiste donc le bien ? Que doit-on vouloir pour soi et pour les autres ?

a Je dois à mon semblable dit M. de Biran, ce (pie je voudrais qui me fut fait, à ce seul titre de personne libre (car en cela consiste la vraie dignité de 1 homme i et non à celui -d'être sentant, puisqu'ainsi je n'aurais que des désirs et non

Page 1