ORUONNANCE SOMPTUAIRE DE PHILIPPE LE BEL
« Philippes, par la grâce de Dieu, roy de France, à tous Seneschauls, baillis, prevost, vicomtes, majeurs, eschevins, et tous autres justiciers de nostre roiaume, à qui ces présentes lettres vendront, salut. Nous vous mandons et commandons que vous, ces letres veues, hastivement, et sans deloy, faciez crier, de par nous, par toutes vos seneschaulsées, baillies, prevostez et autres lieux de justice, que toutes manières de genz quiex que ils soient, privez ou estrangers en nostre roiaume, qui n'ont six mille livres de rentes à tournois, n'usent, ne ne puissent user en leur hostiexne hors, de vesselem.ent d'or ne d'argent, pour boire ne pour mengier ne pour autre usaige, puis huit jours en avant que ceste criée sera faite; et deJens les huit jours d'après ceste criée, tuit cils qui auront argent en vesselement, ou en autre manière, apportent ou facent apporter en noz monnoies ez bonnes villes et ez lieux certains ou noz gens seront establiz de par nouz, la tierce partie de l'argent ou le tout que ils arront en quelque manière que ce soit, ou de coupes ou de henas à pié ou sans pié, dorez et non dorez, ou soit argent en plate ou quelque manière que ils l'aient, se ils n'est en sanctuaires ou en autres choses qui soient en usage d'Ilglise. Et que nuls, sur paine de corps et d'avoir, n'y face fraude. Et les deux pars qui remaindront teignent et gardent devers eubz jusques à tant qu'ils aient autre commandement de nous. Et l'argent dessusdit nous voulons pour faire nos monoies pour le commun pro-
SO'-i APPRFCIATION OR LA l'OHTLNE PRIVÉE
lit de nostreroianme. Kt nous avons urdoné prix certains sur chascun mare eombien chascun en ara. Et se il avenoit que aucuns rel)e!ies feust contre cette ordenance, nous voulons que il perde la moitié de ce que l'en pourra trouver que il ara retenu par lui ou par autre après nostre commandement. Ei conrmomlons à tous, souz paine de cors et d'avoir, que nuls ne porte, ne ne face porter or ne argent ne hillon hors doit roiamne, et que nuls ne acliate or ne argent ne l)illon d'ores en avant , fors ceux qui seront establiz de par nous. Ce fut faict à Paris, le mercredi de avant Pasques flories de l'an mil deux cens nouante et quatre.
« Et commandons, suz la paine devant dicte, que tous preignent la monoie que nous faisons fere nouvelement. »
(Collection des Ordon. des rois de Fr., t. i, p. 324, de l'édit. du Louvre.)
Note F, p. 30.
RICHESSE rtE LA NORMANHIE AU XIV* SIÈCLE.
Telle était la puissance financière de cette province dès le quatorzième siècle, que, suivant deMasseville, un de ses historiens («), elle aurait offert, en 1338, à Philippe de Valois, de lui fournir, et au besoin, d'entretenir pendant trois mois, une armée de 4,000 hommes d'armes, tous gens de qualité, et de 40,000 hommes de pied; d'où serait résulté, pour la province, une dépense que Masseville établit ainsi :
(a) Hixtoire sommnire de Normandie, t. III, p. 15fi, in-12.
Les quatre mille hommes d'armes auraient compris,
160 clievaliers bannerels, k 30^ par
jour 240 livres.
640 bacheliers, a 15^ 480
3,200 écLiyers, à 7^ O"! 1,200
Plus 40,000 piétons, à 2^ 4,000
Dépense par jour 5,920'
Par mois de 30 jours 177,600'
Et pour trois mois 332,800' de répo(|ue.
En 1338, le marc étant à 61. ,532, 80 ol. égalaient, eu
poids d'argent, 5,683,200 1. du xix^ siècle, et, en pouvoir,
34,099,200 de nos francs actuels !!
Note G, p. 43.