PORCELAINE EN FKANCE DANS LE XIV" SIECLE
« Un pot à eau Ae, pkrre de jionrce laine, en 1372, est un fait des plus remarquables. On ignore dans quel temps a commencé en France l'usage de la porcelaine, et même de la poterie fine émaillée de blanc. On sait seulement que la première faïence qu'on y employa au quatorzième siècle et jusqu'au seizième, était importée d'Italie, d'où elle aurait tiré son nom ; c'était un produit des fabriques de Facnza et de Castel-Durante, villes des Etats de l'Eglise {a) : mais ou ne peut révoquer en doute l'existence de la porcelaine
(a) Suivant l'opinion commune, la première faïence française, dont les fabriques ne commencèrent à s'étendre qu'au xvi' siècle, nous sérail venue du bours; de Faience, en Provence; mais il est certain qu'on en fabriquait aloiR dans plusieurs autres villes de France.
en France dans les mêmes temps, soit qu'elle nous vînt de l'Inde par le commerce d'Orient, soit qu'elle eût été imitée en Europe par des moyens factices. On en trouve la preuve dans les efforts infructueux qu'on fit alors pour en expliquer le mode de composition. Les uns croyaient y reconnaître un mélange de plâtre et de coquilles liés par du blanc d'œuf ; d'autres n'y voyaient que de la poudre de coquillage pétrie avec de l'eau gommée et de Ici chaux fusée ; et l'on imprimait encore cela au dix-septième siècle.
A quelle époque la porcelaine parut-elle en France pour la première fois? Voilà la question. Legrand d'Aussy, dans ses recherches sur le luxe de nos anciens banquets, ne répand aucune lumière sur ce sujet; il ne rappelle aucune circonstance précise ; il n'établit aucune présomption puisée dans les documents de date antérieure aux temps modernes. C'est donc un fait bon à recueillir que la mention de vases de porcelaine dans un acte authentique français de 1372. Ici le mot pierre doit fait supposer un pot tout différent de la poterie ordinaire, un vase dont la substance n'était pas connue ; ce qui ramènerait à l'idée d'une origine étrangère et lointaine, d'une porcelaine orientale. Le prix n'annonce pas d'ailleurs un objet d'une très grande rareté.
Note H, p. 4-3.