‹ Essai sur l'architecture militaire au Môyen âgeChapitre 22 sur 34 · A K (J H I T ]•: ( ' T U K E MIL! T A IRE · texte numérisé non relu

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aux projectiles ; que les nierions1 de pierre enlevés par les boulets se brisaient en éclats, véritable mitraille plus meurtrière encore que les boulets eux-mêmes L’architecture défensive , pour prévenir l’ébranlement des anciennes murailles et des tours, garnit les courtines par des terrassements de terre intérieurs , et remplit parfois les étages inférieurs des tours. Mais lorsque la. muraille tombait sous les coups de l’artillerie de siège, ces amas de terre, en s’éboulant avec elle, facilitaient l’accès de la brèche en formant un talus naturel, tandis que les murailles seules non terrassées à l’intérieur ne présentaient en tombant que des brèches irrégulières et d’un accès très-difficile. Pour parer à ces inconvénients, lorsque l’on conservait d’anciennes fortifications , et qu’on les appropriait à la défense contre l’artillerie, on farcit quelquefois les terrassements intérieurs de longrines de bois , de branchages résineux ou flambés pour les préserver de la pourriture; ces terrassements avaient assez de consistance pour 11e pas s’ébouler lorsque la muraille tombait , et rendaient la brèche impraticable. Si les vieilles murailles avaient été simplement remblayées à l’intérieur de manière à permettre de placer du canon au niveau des parapets, si les anciens crénelages avaient été remplacés par des nierions épais et des embrasures en maçonnerie, lorsque l’assiégé était assuré du point attaqué, et pendant que l’assiégeant faisait ses dernières approches et battait en brèche, on élevait en arrière du front attaqué un ouvrage en bois terrassé assez peu élevé pour être masqué du dehors, on creusait un fossé entre cet ouvrage et la brèche; celle-ci devenue praticable, l’assiégeant lançait ses colonnes d’attaque, qui se trouvaient en face d’un nouveau rempart improvisé bien muni d’artillerie : c’était un nouveau siège à recommencer. Cet ouvrage rentrant était d’un très-difficile accès, car il était flanqué par sa disposition naturelle, et l’assaillant ne pouvait songer à brusquer l’assaut, les colonnes d’attaque se trouvant battues en

1 C’est le nom qu’on donne aux parties du parapet comprises entre les créneaux ou embrasures.

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face, eu flanc et même en revers. Lorsque Biaise de Montluc défend Sienne , il fait élever derrière les vieilles murailles de la ville, et sur les points oii il suppose qu’elles seront battues , des remparts rentrants dans le genre de celui qui est figuré ici (57).

« Or avois-je délibéré , dit-il , que si l’ennemy nous veuoit as- « saillir avec l’artillerie, de me retrancher loing de la muraille « où se feroit la batterie , pour les laisser entrer à leur ayse ; « etfaisois estât tousjours de fermer les deux bouts , et y mettre « à chacun quatre ou cinq grosses pièces d’artillerie, chargées « de grosses chaînes et de gros clous et pièces de fer. Derrière

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