‹ Essai sur l'architecture militaire au Môyen âgeChapitre 24 sur 34 · vu, s’exprime ainsi : « Mais que si nous avons quelque · texte numérisé non relu

vu, s’exprime ainsi : « Mais que si nous avons quelque

« chose de supportable (en fait d’institutions militaires), nous « le devons tout entier aux ultramontains. Vous savez, et vos « amis peuvent se le rappeler, quel était Y étal de faiblesse de « nos places fortes avant l’invasion de Charles VIII en Italie, « dans l’an 1494. » Et dans son procès-verbal de visite d’inspection des fortifications de Florence, en 1526, on remarque ce passage : « Nous parvînmes ensuite à la porte de Sun-Giorgio « (rive gauche de l’Arno) l'avis du capitaine fut de la baisser, « d'y construire un bastion rond , et de placer la sortie sur le « flanc, comme c’est l’usage. » Voici (67) une vue cavalière du

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château de Milan tel qu’il existait au commencement du

XVIe siècle1, qui fait comprendre le système de défense et d’attaque des places du temps de François I" . On remarque ici le mélange des défenses anciennes et nouvelles, une confusion incroyable de tours, de réduits isolés par des fossés. En A l’armée assiégeante a établi des batteries derrière des gabionmules, protégées par des bastilles B, sortes de redoutes circulaires eu terre tenant lieu des places d’armes modernes, mais commandant les ouvrages antérieurs des assiégés. En C on voit des boulevards flanqués par des tours en avant des portes; en 1) des courtines non terrassées, mais couronnées de chemins de ronde; au rez-de-chaussée sont disposées des batteries couvertes dont les embrasures se voient partout en E, tandis que les parties supérieures paraissent uniquement réservées aux arbalétriers, archers ou arquebusiers, et sont munies encore de leurs mâchicoulis. En F est un boulevard entourant la partie la plus faible du château, dont il est séparé par un fossé plein d’eau. Ce boulevard est appuyé à gauche en ff par un ouvrage assez bien flanqué, et à droite en H par une sorte de réduit ou donjon défendu suivant l’ancien système. Ife ces deux ouvrages on communique au corps de la place par des ponts à bascule. Le château est divisé en trois parties séparées par des fossés et pouvant s’isoler. En avant de la porte qui se trouve sur le premier plan en 1 et le long de la contrescarpe du fossé, estdisposé un chemin de ronde avec des traverses pour empêcher l’assiégeant de prendre le flanc K en écharpe et de le détruire. Mais il est aisé de comprendre que tous ces ouvrages sont trop petits et ne présentent pas des flancs assez étendus, qu’ils peuvent être bouleversés rapidement les uns après les autres si l’assiégeant possède une artillerie nombreuse, dont les feux convergents viennent les battre sans autre embarras que de changer la direction du tir. Aussi à cette époque déjà, pour éviter que ces ouvrages trop resserrés ne fussent détruits en même temps par une seule batterie qui pouvait les enfiler d’assez près, on élevait dans

1 Gravure allemande du xvie siècle, tirée du cabinet de M. Alfred Gé rente.

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l’intérieur des places, au milieu des bastions, des terrassements circulaires ou carrés, pour battre les bastilles terrassées des assiégeants. Cet ouvrage fut fréquemment employé pendant le XVIe siècle et depuis, et prit le nom de cavalier ou plate-forme ; il devint d’une grande ressource pour la défense des places, soit qu’il fût permanent, soit qu’il fût élevé pendant le siège même, pour découvrir les boyaux de tranchées , pour prendre en écharpe les batteries de siège, ou pour dominer une brèche profonde et enfiler les fossés lorsque les embrasures des flancs des bastions étaient détruites par le feu de l’ennemi. A l’état permanent, les cavaliers furent fréquemment élevés pour dominer des passages, des routes, des portes et surtout des ponts, lorsque ceux-ci, du coté opposé à la ville, débouchaient au bas d’un escarpement sur lequel l’ennemi pouvait établir des batteries destinées à protéger une attaque, et à empêcher l’assiégé de se tenir en forces de l’autre côté. Le pont de Marseille traversant le ravin qui coupait autrefois la route d’Aix était défendu et

enfilé par un gros cavalier placé du côté de la ville (67 bis)

Vue rie la ville de Marseille. (Topog. delà Gaule, Mérian.)

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