‹ Essai sur l'architecture militaire au Môyen âgeChapitre 27 sur 34 · A RC H I T EC T U RE AI IL I T A I H E · texte numérisé non relu

A RC H I T EC T U RE AI IL I T A I H E

de neutraliser l’effet des boulets, car ceux-ci avaient naturellement moins de prise sur les parements, lorsqu’ils ne les frap-

paient pas à angle droit. Avant l’invention des bouches à feu, le talus n’existait qu’au pied des revêtements, pour éloigner un peu l’assaillant et le placer verticalement sous les mâchicoulis des hourds, et l’on tenait au contraire à maintenir les parements verticaux pour rendre les escalades plus difficiles.

Un détail fort important de la défense des places avait dû préoccuper les constructeurs de forteresses, lorsque l’emploi des bouches à feu devint général ; nous voulons parler des embrasures. Déjà nous avons vu comme au xve siècle les ingénieurs avaient cherché à masquer les pièces placées à l’intérieur des défenses , autant que possible, par diverses combinaisons plus ou moins heureuses. Les embrasures primitives, celles données par nous (V, fig. 47 c et 53), avaient l’inconvénient de ne présenter aux

DU MOYEN AGE

canonniers qu’un champ tellement étroit, qu’ils ne pouvaient guère pointer leurs pièces que suivant une seule direction ; celles du château de Schaffhausen (fig. 53 e), si elles offraient un tir plus étendu , devaient être facilement détruites par les boulets ennemis : les minces obstacles opposés à l’artillerie des assiégeants ne garantissaient les servants que contre la monsqneterie. Albert Durer avait déjà , dans les premières années du xvi" siècle adopté un mode d’embrasure qui, pour les batteries découvertes, présentait un grand avantage sur les modes précédents. Ces embrasures, appliquées aux batteries barbettes des bastions et courtines de la ville de Nuremberg, et que chacun peut voir encore aujourd’hui, sont reproduites avec leurs accessoires obligés dans son œuvre 1 . Nous en donnons

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