PESA RD
ici (72 a) le plan, et (72 b) la coupe. Le parapet, d’une épais-
1 « Alb. Dureri pictoris et architecti præstantiss. de urb. arcibus,
ARCHITECTU R E MILITAI R E
seul- de trois à quatre mètres, présente, en coupe, une courbe destinée à faire relever les projectiles ennemis. Un mantelet en gros madriers de bois, tournant sur un axe horizontal, formant un angle avec l’horizon, et que l’on relevait seulement de manière à pouvoir passer la bouche de la pièce et à pointer, n’offrait pas de résistance aux boulets des assiégeants, et les faisait ricocher par-dessus la tete des canonniers. Ce système ne paraît pas avoir été mis en pratique en France, où les parapets ont très-anciennement déjà été terrassés et gazonnés, avec embrasures garnies de fascines au moment des sièges. Outre l’exemple que nous donnons ci-dessus, les parapets des courtines et bastions de la ville de Nuremberg , élevés par Albert Durer , offrent , sur une grande partie de leur étendue , principalement du côté où les fortifications sont accessibles, une disposition remarquable que nous reproduisons
ici (72 c). Ces parapets, percés d’embrasures pour du canon, sont
« castellisque condendis ac muniendis, rationes aliquot, præsenti bello- « rum necess. accomm. : nunc recens è ling. German. in Latinam tra- « ductæ ». (Parisiis 1535. )
DU MOYEN AGE
surmontés de liourds en bois hourdés en brique et mortier; ces liourds crénelés pouvaient recevoir des arquebusiers et même des archers, que l’on employait encore à cette époque. Les pièces en batterie se trouvaient couvertes par ces liourds, comme des pièces dans l’entre-pont d’un vaisseau de guerre, ainsi que le fait voir la coupe jointe à la vue extérieure des parapets. Les créneaux des hourds étaient fermés par des volets se relevant intérieurement, de manière à opposer un obstacle aux balles ou sagettes envoyées par les assiégeants postés sur la crête des glacis.
Nous avons vu quelquefois en France des embrasures de batteries découvertes, présentant à l’extérieur une suite de redents destinés à arrêter les boulets ou les balles ennemis (72 n)
et à les empêcher d’arriver en glissant jusqu’à la bouche du canon. Quant aux embrasures des batteries couvertes, elles conservent longtemps leur forme primitive, c’est-à-dire qu’elles ne présentent qu’un trou rond ou ovale avec une mire, et ce n’est guère qu’à la fin du XVI" siècle qu’elles s’ouvrent en s’évasant sous un arc (72 e). Nos artilleurs remarquèrent bientôt que la partie étroite des embrasures ne devait pas être ménagée au milieu de l’épaisseur des murs des casemates, car, ces murs ayant de six à sept mètres, la partie étroite de l’embrasure étant au delà de la bouche du canon se trouvait bientôt égueulée par le souffle
A RC II I T E C T U R E MUAT A IRE
casematées, la forme en plan représentée par la figure (72 f).
Pour les créneaux et meurtrières, etc., on conserva longtemps les formes primitives; on substitua aux archères souvent de simples trons coniques, avec on sans mire au-dessus1. Les créneaux des chemins de ronde furent garnis de volets percés d’un trou , et pouvant servir soit au tir de petites pièces , soit aux arqnebnsades , ainsi que l'indique l’exemple que nous donnons
ici (72 g), copié d’après les couronnements des courtines de Nu-
1 On donne aujourd’hui le nom de créneau aux petites embrasures percées dans des parapets pour la mousqueterie, et assez semblables, pour la forme, aux anciennes archères, tandis qu’on désignait autrefois par créneau l’intervalle carré, vide, compris entre deux merlons d’un parapet.
L> U MOYEN AGE
remberg (xve siècle). Quelquefois les embrasures de canon furent accompagnées de meurtrières plongeantes et latérales pour de la mousqueterie, disposées comme le fait voir la figure (7*2 h)1.
Quelquefois encore certaines embrasures furent construites pour recevoir soit de petites pièces de canon , tels que fauconneaux, soit de ces grosses arquebuses de rempart comme on en voit encore dans les musées français et allemands , et comme il en existe un grand nombre dans l’arsenal de Bâle. Parmi ces dernières embrasures , nous devons donner celles de l’ouvrage avancé de la porte Laufer, à Nuremberg, qui sont des plus curieuses à étudier. Cet ouvrage avancé, parfaitement intact, et ayant conservé la plus grande partie de ses accessoires de défense , date du milieu du xve siècle. Le jour des embrasures
Bastions de la ville de Nuremberg de la lin du xye siècle.