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(7 °2 i) est allongé , et facilite par conséquent le tir plongeant pour battre le fond du fossé aussi bien «pie les glacis. Ce jour
ou ce créneau est garni d’un gros rouleau de bois placé verticalement, avec frettes et pivots en fer. Le rouleau est percé d’outre en outre dans une partie de sa hauteur d’un jour oblong de 0m,09 de large et de 0m,42 de long , qui laisse juste le pas-
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sage de la balle des pièces de rempart. Le coup tiré, en faisant tourner le rouleau sur son axe, on masquait entièrement les hommes placés dans l’embrasure. A donne le plan général de l'embrasure , B son élévation intérieure, C le plan et la vue du créneau avec le rouleau tournant , et D la forme géométrale de ce rouleau avec ses dimensions. L’ouvrage avancé de l’une des portes de la ville de Bâle laisse voir encore en place des meurtrières, ou plutôt ce que l’on appelle aujourd’hui des créneaux ainsi munis de rouleaux de bois percés d’un jour longitudinal , pour passer le bout d’arquebuses à main.
Mais il faut dire que vis-à-vis l’artillerie tous ces détails de la défense parurent bientôt insuffisants, et plus gênants qu’utiles ; négligeant alors, dans les forteresses, ces précautions, trop convaincus peut-être de leur peu d’utilité , les ingénieurs se contentèrent d’embrasures très-simples de forme, ainsi que l’indique la (fig. 72 r), de créneaux ouverts donnant un angle plus ou moins aigu, laissant juste le passage du bout du mousquet , et au moment des sièges seulement , on appliqua les moyens préservatifs qui devaient garantir les hommes ou les pièces en batterie dans les casemates ou à ciel ouvert. Après avoir attaché une trop grande importance à ces détails de la défense, lorsque l’artillerie à feu modifiait profondément l'art de la fortification du moyen âge, peut-être en fit-on trop bon marché depuis le xvir siècle. 11 est certain que contre les effets de l’artillerie on ne peut songer à opposer que des obstacles d’une grande puissance, et assez simples cependant pour ne pas ralentir le service, et pour pouvoir être remplacés promptement et facilement.
A partir du moment où les bastions accusèrent une forme nouvelle, le système de l’attaque comme celui de la défense changea complètement. Les approches durent être savamment combinées, car les feux croisés des faces des bastions enfilaient les tranchées et prenaient les batteries de siège en écharpe. On dut commencer les boyaux de tranchée à une grande distance des places, établir des premières batteries éloignées pour détruire
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les parapets des bastions dont les feux pouvaient bouleverser les travaux des sapeurs, puis arriver peu à peu à couvert jusqu’au revers du fossé en se protégeant par des places d’armes pour garder les batteries et les tranchées contre les sorties de nuit des assiégés, et dresser là sa dernière batterie pour faire la brèche. 11 va sans dire que, même avant l’époque où l’art delà fortification fut soumis à des formules régulières, avant les Errard de Bar-le-Duc, les Antoine Deville, les Pagan, les Vauhan, les ingénieurs avaient dû abandonner les dernières traditions du moyen âge. Mais partant de cette règle que ce qui défend doit être défendu , on multipliait les obstacles, les commandements, les réduits à l’infini, et on encombrait les défenses de tant de détails, on cherchait si bien à les isoler , qu’en cas de siège la plupart devenaient inutiles, nuisibles même, et que des garnisons, sachant toujours trouver une seconde défense après que la première était détruite, une troisième après la seconde, les défendaient mollement les unes après les autres, se fiant toujours à la dernière pour résister.
Machiavel, avec le sens pratique qui le caractérise, avait déjà de son temps prévu les dangers de ces complications dans la construction des ouvrages de défense ; car dans son Traité de
fart de la guerre, liv. vu, il dit : « Et ici je dois donner un
« avis : 1" à ceux qui sont chargés de défendre une ville, c’est « de ne jamais élever de bastions détachés des murs; 2° à ceux « qui construisent une forteresse, c’est de ne pas établir dans « son enceinte des fortifications qui servent de retraite aux « troupes qui ont été repoussées des premiers retranchements. « Voici le motif de mon premier avis ; c’est qu’il faut toujours « éviter de débuter par un mauvais succès, car alors vous inspirez « de la défiance pour toutes vos autres dispositions, et vous « remplissez de crainte tous ceux qui ont embrassé votre parti. « Vous ne pourrez vous garantir de ce malheur en établissant « des bastions hors des murailles. Comme ils seront constam- « ment exposés à la fureur de l’artillerie , et qu’aujourd’hui de « semblables fortifications ne peuvent longtemps se défendre,
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« vous finirez par les perdre, et vous aurez ainsi préparé la « cause de votre ruine. Lorsque les Génois se révoltèrent contre « le roi de France Louis XII, ils bâtirent ainsi quelques bastions « sur les collines qui les environnent ; et la prise de ces bastions « qui furent emportés en quelques jours entraîna la perte de la « ville même. Quant à ma seconde proposition, je soutiens qu’il « n’y a pas de plus grand danger pour une forteresse que « d’avoir des arrière-fortifications, oii les troupes puissent se « retirer en cas d’écliec ; car lorsque le soldat sait qu’il a une « retraite assurée quand il aura abandonné le premier poste, il « l’abandonne en effet, et fait perdre ainsi la forteresse entière. « Nous en avons un exemple bien récent par la prise de la « forteresse de Forli, défendue par la comtesse Catherine contre « César Borgia, fils du pape Alexandre YI, qui était venu l’atta- « quer avec l’armée du roi de F rance. Cette place était pleine « de fortifications où l’on pouvait successivement trouver une « retraite. Il y avait d’abord la citadelle, séparée de la forteresse « par un fossé qu’on passait sur un pont-levis, et cette forteci resse était divisée en trois quartiers séparés les uns des autres « par des fossés remplis d’eau et des ponts-levis. Borgia, ayant « battu un de ces quartiers avec son artillerie, fit une brèche à « la muraille que ne songea point à défendre M. de Casai, com- « mandant de Forli. Il crut pouvoir abandonner cette brèche « pour se retirer dans les autres quartiers; mais Borgia, une fois « maître de cette partie de la forteresse, le fut bientôt de la « forteresse tout entière, parce qu’il s’empara des ponts qui « séparaient les différents quartiers. Ainsi fut prise cette place « qu’on avait cru jusqu’alors inexpugnable, et qui dut sa perte « à deux fautes principales de l’ingénieur qui l’avait construite :
« 1°11 y avait trop multiplié les défenses; 2° il n’avait pas laissé
« chaque quartier maître de ses ponts 1 » L’artillerie avait
changé aussi bien les conditions morales de la défense que les conditions matérielles : autant au xmc siècle il était bon de
1 Œuvras compJ. de N. Machiavelli , édit. Buchon, 1852. Voirie château de Milan ( fi g . 67), qui présente tous les défauts signalés par Machiavel.