‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 2)Chapitre 14 sur 81 · Fig. 91 (Amarejo); 92 (Meca · texte numérisé non relu

Fig. 91 (Amarejo); 92 (Meca

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tant dans cette céramique espagnole. On sent un effort tantôt pour copier la nature, tantôt pour l'interpréter et la styliser.

Dans la première catégorie je place le fragment que représente la figure 9 3 (Elche, Musée de Madrid) où se trouve dessinée une plante o-rasse, d*après nature, ou tout au moins de manière à imiter la nature, car les différentes feuilles sont irrégulières quoique symétriques ; il en

Fig. 93, 94, 95. — Elche. (Madrid.)

est de même de la figure 9/1 (Id.J où l'on voit comme les extrémités de vrilles de volubilis ou de vigne, de la figure 95 (Id.J qui semble représenter une feuille de fougère, et des figures 96, 97, 98, où l'on reconnaît aisément des épines courtes ou longues1.

Mais le prix revient au grand tesson, Fig. 99, qui se trouve à Madrid ; le champ est divisé en deux par une double ligne sinueuse ressemblant à un ruban brodé de pois ; d'un côté sont de menues tiges flanquées de

1. Fig. 96, 97, 98 (Meca). Le dessin delà figure 96 ressemble, si l'on veut, à certaines feuilles de scolopendre dentelée.

LA CERAMIQUE

feuilles et de petites baies rondes, peut-être des branches d'olivier ou de laurier, de l'autre de petits rameaux portant des fleurs éloilées.

Fie 96, 97, 98. — Meca.

Il faut en rapprocher un fragment qui, s'il était plus grand, aurait beaucoup de valeur; je l'ai trouvé à l'Amarejo, et déposé au Louvre.

Flg. 99. — Elchc. (Musée de Madrid.)

On y voit deux fruits, des grenades très probablement, cantonnés de part et d'autre d'une tige en S. Cela formait un ornement courant d'élégante

Fig. ioo. — Amarejo.

G8 I.A CERAMIQUE

forme ondulée : une autre zone parallèle à celle-là avait aussi reçu des fruits ou des fleurs, mais il en reste trop peu pour que j'ose préciser davantage (Fig. ioo).

La supériorité reste encore à un important débris de vase à peu près

cylindrique du Musée de ïarragone.

Entre de longues dents striées verticalement de lignes droites et de raies de points, on voit de larges marguerites portées par une tige souple ornée de deux feuilles. Le dessin est tout à fait juste et la fleur semble copiée d'après nature. C'est un des motifs à la fois les plus simples et les plus francs que j'aie notés dans le vaste ensemble de la décoration ibérique1 (Fig. 101).

Je dois comparer à ce fragment, auquel ils le cèdent d'ailleurs, deux vases complets conservés l'un au Musée de Madrid (Fig. 102) et l'autre au Musée de Murcie (Fig. io3)2.

Le premier, qui provient peutêtre d'Elche, est une petite cruche avec une anse en travers du col. La principale zone est richement décorée de métopes dont le champ est occupé par des feuillages : des tiges qui semblent sortir de terre portent à leur extrémité supérieure de larges feuilles en forme de cœur, comme

Fig. 10 1. — Musée de T

arragone.

1. Caidlogo del Museo arqueldgico de Tarragona, p. 167, n° 2565 (Num. 2564- 2567). Fragmentos de vasijas con pinturas monocromalas. D. P. y S. A. (ExcmaDiputacion Provincial de Tarragona y Sociedad

arqueolégica Tarragonense). M. G. J. de Guillén-Garci'a, Les Hétéens etc., fig. 3.

2. De ce dernier je n'ai dessiné que l'ornement. Le motif se répète plusieurs fois autour de la panse.

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Fie. io2. — Musée de Madrid.

Fig. io3. — Musée de Murcie.

Fig, io4 à n5.

des feuilles de lierre ou de liseron ; sur les côtés sont des feuilles plus petites etdepelites boules, boutons de fleurs ou fruits. Le vase de Murcie est une sorte de bouteille à une anse allant du goulot à la panse ; à la naissance de la gorge est une zone de métopes, et le champ de chacune a reçu une simple feuille en forme de cœur. A droite et à gauche la feuille est flanquée d'un groupe de points qui se retrouve à la même place sur le vase de Madrid.

Au contraire, les ornements figurés du numéro io4 au numéro 1291 semblent avoir la précision qui est la marque de la stylisation décorative; la figure n3 mérite une mention spéciale à cause de la marguerite qui remplit le vide du champ et qu'il serait impossible d'identifier rigoureusement.

Cette fleurette se retrouve aussi sur le fragment de Madrid n° 176^1 (PI. I) avec une double spirale formée de vrilles ; on la voit aussi sur la figure 88, et plus compliquée encore sur la figure i83. Peut-être bien

même, faut-il la reconnaître, très agrandie, sur les tessons 161, 1 64, i67(Meca)2.

Non moins intéressants sont des tessons à décor végétal de l'Amarejo actuellement au Musée du Louvre. Ils proviennent de jarres très grandes, comme le prouvent la courbure et l'épaisseur de l'argile (Fig. i3o-i3'i) ; la décoration est faite d'éléments floraux, mais elle n'a rien de semblable, par exemple, à celle de la figure 99. Les vrilles tracées en lignes serpentines où en spirales y dominent ; mais ces vrilles mêmes sont franchement stylisées et se raccordent avec tout un ensemble de figures

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Fie. 116. — Me

1. Fig. io4 (Elchc); it>5, 106 (Albcrca de Murcie); 107 (Meca) ; 108 (Elche) ; 109 (Meca) ; 110 (Albcrca de Murcie) ; m (Elche); 112 (.Meca) ; n3 (Alberca de Murcie) ; 1 1 4 (Meca); n5 (Amarcjo); 11O

(Meca); 117 (Elche); 118 (Gabeza del Griego) ; 1 ig (Amarcjo); 120 (Meca); iai, 122 (Amarcjo); ia3(Meca); 12'», 120, 12O (Amarcjo); 127 (Meca); 128, 129 (Amarcjo). 2. Voy. infrà, p. 85.

Fie. 127-12

irrégulières, dessinées hardiment, sans parti pris, qui rappellent des figures géométriques mais n'en sont pas précisément. J'ai noté des ornements analogues, et surtout les mêmes procédés en beaucoup de fragments recueillis à My cènes même '.

En dehors des débris de cette grande jarre, sur des tessons de l'Amarejo etdeMeca que j'ai déjà signalés (Fig. 127, 128, 129), on reconnaît sans peine une ornementation du même type, et c'est elle aussi qui se

Fig. 129. — Amarejo.

retrouve sur deux morceaux du Musée de Tarragone2 (Fig. i35) et de Villanueva y Geltrû (Fig. i5).

Nos figures i3i, i32, 1 34 (Amarejo) en particulier présentent une forme que j'avais crue jusqu'à présent spéciale à Mycènes. Schliemann a recueilli un débris sur lequel sont figurées deux spirales opposées, et de chacune d'elles sort un corps d'escargot3; à l'Amarejo se retrouve le même ornement, sauf la tête de l'animal, et ce motif a eu beaucoup de succès, comme le prouvent d'assez nombreux fragments ramassés en divers lieux. Les traits du quadrillage que l'on remarque sur les tessons nos 110, m, 1 1 4, n5, i36, 139 (Meca), se rattachent peut-être

1. Voyez par exemple : A Furtwaengler et 2 G. J. de Guillén-Garci'a, Les Ilétéens

G. Leeschcke, Mykenische Vaseit,\>\. XXIX, etc., fig. 2 (= Musée de Tarragone, n° 2067

nos 24", 25o, 262, a58 ; pi. XXXII, nos 3o2, et n° 2566).

363, 364, 373, 374; XXXVIII, n™ 386, 387, 3. MykenischeVascn,p\.XXX\l,{ig.36l

n[\ LA CÉRAMIQUE

au même principe ; mais on verra plus loin qu'on peut aussi songer à une autre interprétation.

Si dans tous ces motifs l'idée végétale est un peu obscure, il faut faire une exception pour la figure i3o, où l'on voit la plante sortir de terre, s'étaler en éventail et lancer de droite et de gauche ses tiges et ses vrilles, sans que néanmoins disparaisse la stylisation géométrique.

Fie. i3o. — Amarejo. (Louvre). ^^

Enfin je crois qu'il convient de faire quelques réserves, avant de les rattacher à la décoration florale stylisée, sur un certain nombre de dessins imprécis, comme ceux que représentent les figures i36, 137, i38, i3q, i/io, i4 1 , i42, i/i3, i^4, 1 45, 147, i48, 149, i5o; lafigure 1 46 au contraire donne assez bien l'idée de longues tiges pointues et flexibles, comme celles de l'iris, reployées sur elles-mêmes à leur extrémité1.

1. Fig. i4o (Meca); i4i (Elche) ; i4a i46, i4? (Meca) ; 1 48 (Villaricos) ; 149, i5o

(Meca); i43, i44 (Alberca de Murcie) ; i45, (Meca).

Fie i3i, i32. — Amarejo. (Musée du Louvre.)

Fig. 1 33. — Amarejo. (Musée du Louvre.)

Fie. 184. — Amarejo.

Fig. i35. — Musée de Tarragone.

Fie. 1 30-i 3g . — Meca.

Fig. i4o-i48. — Amarejo, Elche, Meca, etc.

LA CERAMIQUE 7g

Une place a part doit être faite à un ingénieux lacis de tiges et de

Fig. i4g. — \feca.

feuilles rubanées, thème qui revient à satiété dans la céramique qui

Fig. iôo. — Meca.

nous occupe. Les décorateurs en ont vraiment abusé, et l'on en serait

mm

Fig. i5i-i57.

LA CERAMIQUE ^ 8j

prompte.ment fatigué, s'il n'était pas d'ordinaire joint à d'autres

Fie. i58. — Àmarejo.

éléments moins banaux qui le rejettent au rang d'accessoire. Avec les

Fie. 159, 160. — Amarejo.

coins formés de quarts de cercles dont j'ai parlé et les faisceaux de

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