‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 2)Chapitre 17 sur 81 · P. Lozano, Hisloria de Jumilla, Lam, n° III · texte numérisé non relu

P. Lozano, Hisloria de Jumilla, Lam, n° III

LA CERAMIQUE

de l'ennemi. Au-dessous des pattes de derrière de l'animal on voit une fleur formée de deux rinceaux opposés, et sous son ventre un ornement en figure d'arête. L'oiseau volant tient au bec une sorte de vrille en zig-zag.

D'un style beaucoup moins original et de forme moins nette est le petit quadrupède que l'on voit sur un débris appartenant à D. Pedro

Fig. 180. — Elche. (Collection Pedro Ibarra.)

Ibarra, à Elche (Fig. 180) ; c'est très probablement un lièvre, si l'on en juge à la longueur de ses oreilles, à la forme de sa queue et à ses pattes de devant plus courtes que celles de derrière. On voit sur le tesson, au-dessus de la tête du lièvre, un long bec d'oiseau, sans qu'on puisse dire si cet oiseau était l'adversaire du premier animal, ou simplement une figure de remplissage.

C'est le seul animal de ce style que je connaisse ; mais le carnassier et l'oiseau de la même espèce que ceux du grand grand fragment d'Elche étaient pour les céramistes de cette ville des sujets de prédilection. La figure 181 représente un reste de tête de chien ou de loup aux dents aiguës, et au-dessus un grand oiseau qui s'envole ; le dessin étant de grandeur naturelle, on voit quelle était l'importance de ces figures, et l'on peut deviner quelles étaient les dimensions du vase. La figure 182 montre une chasse du même genre dans des proportions plus res-

treintes1. L'oiseau paraît encore, ou du moins on le reconnaît très aisément sur les fragments que reproduisent les figures i83, r, 2, 3, i85- 187 2, tantôt plus gros, tantôt plus petit, réduit tantôt à la tête, tantôt au cou, tantôt au ventre, ou même, comme dans le dernier débris, au bout des ailes et à la queue fourchue 3.

Fig. 183. — Elcho. (Musée de Madrid.)

Deux de ces derniers dessins ont surtout de l'intérêt. Sur l'un (Fig. i83, 2) il y a sous le ventre de l'oiseau, dans le champ déterminé par les lignes de son corps et de ses pattes, deux gros poissons affrontés ; on reconnaît très aisément leur dos rond et comme bossu, leur corps strié divisé en trois bandes et leur petite tête pointue ; leurs nageoires dorsales et leurs queues sont très librement développées en rinceaux de style décoratif. Sur l'autre (Fig. i84), le champ laissé libre entre les pattes d'un grand oiseau qui s'envole et une patte d'un autre animal,

1. Ces deux fragments sont, comme le premier, au Musée de Madrid, et proviennent de la collection Àureliano Ibarra.

2. Fig. i83, 1 (Elche-Madrid) ; i83, 2, 3 (Elche, coll. Pedro Ibarra); i84 (Elche- Madrid); i85 (Elche-Louvre) ; 186 (Elche- Madrid) ; 187 (Meca). Sur le fragment fig. i85, on voit son bec et sa tète; il est en train de picorer peut-être sur le dos d'un gros poisson dont l'espèce de crosse placée devant

lui serait une nageoire ; sur les fragments fig. 87, 88, on doit sans doute reconnaître les plumes d'une aile au-dessous de la volute. La présence même de cette volute au-dessus de l'oiseau et rattachée à son corps n'a rien d'invraisemblable ; il y en a d'autres exemples certains, par exemple fig. 181.

3. Cf. Fig. i93 (Meca) ; i94 (Elche-Madrid) ; 195, 196 (Meca); j'avoue que ces fragments sont bien obscurs.

Fie. i83. i, 2( 3. — Elch

Fjg i8'i. — Elclie.

peut-être un quadrupède, est rempli par l'image de trois poissons. L'un, malheureusement incomplet, est de la même race que ceux du vase précédent, les autres sont d'une espèce différente, plus longs et plus minces ;

Fig. i85-i!

leurs corps sont du reste striés de la même manière ; ils sont d'une conception plus libre, sans aucune idée de stylisation.

Fig. 190. — Elche. (Musée de Madrid.)

Ces poissons ne sont pas les seuls ; en voici un assez gros, dont le ventre et le dos sont hérisés de longues nageoires piquantes (Fig. 188) ; il manque malheureusement la tête et la queue ; et peut-être le reste d'un autre (Fig. 189) dont le dos est aussi barbelé. La tête au contraire

LA CERAMIQUE n-

est seule conservée sur un autre tesson de Meca ; le poisson devait être de grande taille1 (Fig, 192). Enfin, j'ai remarqué parmi les ornements géométriques, droites, triangles, crosses, d'un vase du Musée de Madrid (Elche), la présence de quatre petits dessins, très curieusement placés, dont un au moins figure un poisson (Fig. 190).

Img. 1 g r . — Musée de Tarragono.

Une mention spéciale est due à un fond de coupe du Musée de Tarragone, dont le revers est décoré d'une zone d'oiseaux qui volent : ce sont des oies ou des cygnes, si l'on en juge à la longueur de leur cou, à la grandeur de leurs ailes, et à la forme trapue du corps et de la queue de la plupart (Fig. 191) 2. Ils diffèrent encore des oiseaux décrits jusqu'ici parla technique, car ils sont peints en silhouette brune. II faut en rapprocher, bien qu'il soit dessiné au trait, le fragment reproduit figure 18C.

1. Par analogie, on pourrait songer à retrouver un morceau de corps de poisson dans le fragment de Meca, fig. iqO.

m, (i. .]. de fiuiilén-Garcia, f.es Hétéens etc.. fig. 1 (Y1 a5('i3 du Musée).

n8 LA CÉRAMIQUE

et trouvé à Meca. Il me semble y reconnaître la queue fourchue et la pointe des ailes d'un oiseau volant; le dessin est d'ailleurs plus libre.

Fig. 192-196. — Meca, Elche.

Enfin, les dessins des figures 198-196 pourraient bien se rapporter a des images d'oiseaux ou de poissons fort mutilés.

Je m'arrête tout spécialement sur quelques débris tout petits et très humbles en apparence, mais dont la valeur archéologique est grande. Sur deux d'entre eux sont les seules représentations que je connaisse,

LA CÉRAMIQUE aq

dans cette antique céramique, de la figure humaine. Sur le premier (Fig- l9l) que possède D. Pedro Ibarra, à Elche, il ne reste plus, par malheur, que le quart environ d'un visage vu de face, c'est-à-dire un peu

Fig. 197. — Elche.

(Collection Pedro Ibarro.)

Fig. h

Meca. (Louvre.)

du front et deux rangs étages de houcles indiquées par un quadrillage, la moitié de l'œil, très grand, avec les sourcils, l'oreille et un peu de la joue. On ne voit rien du nez, de la bouche ni du menton. Il va sans dire que le dessin est tout à fait sommaire, un simple trait lourdement appuyé ; il serait impossible, par exemple, de retrouver la forme anatomique de l'oreille, et quant à l'œil, il est tel que l'aurait pu dessiner le plus maladroit des enfants1.

Sur le second, qui provient de Meca (Fig. 198), en laissant de côté deux dessins impossibles à identifier, il reste une jambe d'homme qui se tend pour se poser sur un objet long et recourbé où je ne puis voir qu'une sorte de barque. La rotule, le mollet,

le talon, la pointe du pied sont très nettement profilés en silhouette noire. C'est le même procédé que j'ai noté sur deux autres fragments

Fig. 199. — Meca.

I. On peut se demander si c'est un œil que représente le dessin de la fiirure 199 (Meca).

LA CERAMIQUE

de Meca où l'on peut reconnaître la partie inférieure du ventre et les pattes de quadrupèdes au galop. Le fond libre de l'un des tessons est orné d'une double spirale en forme d'S (Fig. 200, 201).

Fie. 200 et 201. — Meca.

Un autre débris, en guise d'ornement, porte des lettres de l'alphabet ibérique. Une première ligne est formée de quatre caractères ; sur une

seconde on voit les restes de deux autres (Fig. 202). Je ne connais qu'un autre exemple d'inscription ibérique peinte sur un vase, je veux dire peinte avant la cuisson, de telle sorte que les lettres jouent un véritable rôle décoratif; c'est sur le pied très contourné et très haut d'un vase du Musée de Tarragone (Fig. 2o3). Par malheur il ne subsiste que trois signes complets, l'ustensile s'étant brisé juste à la base de la panse que contournait l'inscription.

Le dernier fragment se trouve aussi à Tarragone (n° 2 568 du Musée); il est très spécial, et ne peut entrer dans aucune des catégories précédentes. C'est une petite tête de femme modelée en bas-relief qui était appliquée contre la paroi d'un vase, à l'endroit où venait s'attacher une anse. Ce petit morceau de sculpture n'est pas d'un très bon style; elle n'est pas une œuvre d'art, elle n'est ni bien fine ni bien jolie ; mais elle n'en a pas moins une notable valeur archéologique. On ne peut du reste mettre en doute la provenance ibérique du vase d'où elle provient,

Fig. 202. — Meca. (Louvre.)

T'ir., 2o3. — Musée de Tarracone.

Fie. ao4 — Musée de Tarragone.

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car elle est prouvée par la qualité de l'argile et les ornements au pinceau que le potier a ajoutés tout autour de la tête. (Fig. 2o4).

Il va sans dire — je l'ai du reste indiqué en passant — que tous les éléments décoratifs que j'ai décrits et énumérés peuvent se trouver mélangés et combinés sur un môme vase. Pour n'en citer qu'un exemple typique, le combat du quadrupède et des oiseaux qui est représenté sur le grand fragment d'Elche (PI. I) occupe une zone au-dessous de laquelle en était une autre où s'étalait le motif purement géométrique des demicercles concentriques. Il est nécessaire d'insister sur cette remarque essentielle pour l'étude du développement du style.

Cette revue des thèmes décoratifs terminée, il est temps d'examiner la forme des vases et d'insister sur les détails techniques de la fabrication ou de l'ornementation qui contribuent à donner à cette céramique son individualité.

Sur le premier point, l'on n'est encore que bien insuffisamment renseigné. J'ai dit dans quel état d'émiettement ont été recueillis la très grande majorité des documents à l'Amarejo, à Meca, à Elche, à l'Alberca de Murcie, à Monteagudo, partout enfin. C'est à peine si une quarantaine de vases complets nous sont parvenus. Sur le nombre je n'en connais que fort peu auxquels on puisse donner un nom précis tiré de la nomenclature antique : c'est d'abord une œnochoé trouvée à Meca (Fig. 170) ; ensuite une sorte de cruche de même provenance, peut, sans trop d'hésitation être nommée askos\ Il y a de plus un assez grand nombre de plats à rebords plus ou moins relevés, de diamètre variable, qui sont de véritables phiales ou patères, comme il s'en trouve par centaines dans la céramique grecque et romaine. Quelques fragments dont l'argile est très

1. Trouvée à Meca, déposée au Louvre. La figure 169 donne l'ornement peint qui la décore.

fine et la peinture très soignée pourraient faire penser à des coupes en forme de kylix, mais je ne suis pas sûr que le pied soit différent du pied des patères précédentes, ni surtout qu'il y ait eu les anses caractéristiques de la kylix.

C'est là tout ; pour chacun des vases entiers qui restent, ou de ceux dont les débris permettent de reconstituer le type, il faudrait une description spéciale ; même la céramique mycénienne, dont j'ai déjà rapidement évoqué le souvenir et qui m'occupera plus encore, cette céramique aux formes plus massives et plus lourdes que celles de l'époque classique mais néanmoins très variées, ne nous offre que très peu de points de comparaison. En Espagne, le galbe des vases décorés est très simple ; les potiers affectionnent la ligne droite. Le vase du Musée de Madrid n° 12527 (Fig- 171) est un simple tronc de cône. L'un des plus jolis vases de Saragosse (Fig. 178), comme le petit vase de Meca (Fig. 172), n'est au fond qu'un cylindre auquel on a ajouté un bord plat en saillie. Le vase de M. Canovas, à Lorca (Fig. 35), ressemble à un barillet trapu construit au moyen de deux troncs de cône unis par un angle à peine émoussé, et ce modèle se retrouve plusieurs fois, très peu modifié, quoique de dimensions diverses. Une variante intéressante est celle où l'on voit le cylindre se resserrer et s'étrangler au-dessous du rebord, afin que l'ouverture soit plus petite (Fig. 33,83). L'urne du Musée des Pères Escolapios d'Yecla, dont les lèvres s'étalent, dont le col est relevé d'un double cordon en relief, a une panse qui donne en profil une droite oblique, et ce n'est que vers le fond qu'elle s'arrondit et se courbe jusqu'à la base (Fig. 28).

Je pourrais multiplier les exemples, mais les formes arrondies ne manquent pas non plus : bouteilles à gros ventre, à court goulot, sans anses (Fig. 21, Amarejo ; Fig. 175, Elche), petites urnes ressemblant à des pélikés sans anses, avec la panse plus ou moins bombée, l'embouchure plus ou moins évasée (Elche, Meca), cruches très simples à une ou plusieurs anses ne dépassant pas en hauteur le niveau de l'embouchure (Fig. 55, 168, 176) \ et surtout grands récipients à gros ventre, tantôt en

I. Cf. Furtwaengler et Lœschckc, Mykenische Vasen, Yasenformcn, n° Oo.

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LA CERAMIQUE

forme de bouillote sans anse, tantôt en forme de pot à graisse ou de marmite. Ces derniers n'ont pas d'anses, ou en ont deuv ou trois disposées verticalement ou horizontalement à la naissance du ventre (Fig. i4, 29, 36). J'ai noté seulement un vase avec trois anses allant des lèvres à la panse (Fig. 1 7<> ) .

Comme formes particulièrement intéressantes, j'ai remarqué une cruche du Musée de Madrid (Fig. 102) avec une anse en forme de bride,

comme nos cruches modernes1, et un vase imitant un panier rond en vannerie dont l'anse est placée de même (Fig. 2o5).

Enfin le fragment du Musée de Tarragone, où restent quelques lettres ibériques, est un pied de coupe très élevée ; la forme du récipient ne se peut restituer ; mais je ne saurais mieux comparer le support qu'à celui d'un dinos (Fig. 2o3) \

La forme des anses a sa valeur dans l'étude d'une série céramique ; aussi 1|É ai- je recueilli avec soin toutes celles qui m'ont semblé intéressantes. J'ai déjà signalé quelques vases très anciens ayant servi d'urnes cinéraires, dont les deux anses ne sont vraiment que des excroissances d'argile percées d'un trou. Le Louvre en possède un complet, très original, trouvé à Meca. Les tenons en question sont à cheval, si je puis dire, sur le récipient lui-même et sur le couvercle qui adhèrent hermétiquement l'un à l'autre ; un trou est percé dans l'argile de chacun d'eux, dans le sens vertical ; il suffisait de passer une cordelette ou une tresse de sparte dans ces trous pour assurer à lu fois la fer-

Fig. ao5. — Musée de Madrid.

1. Cf. Furtwœnglcr et Lœschcke, Myke- 2. E. Poltier, Catalogue des vases anti-

nische Vasen, Vasenformen, nd 112, sauf les (/ues de terre cuite du Louvre, pi. III.

trois pieds. n° 10.

LA CÉRAMIQUE Iq5

meture et la suspension do cette sorte de marmite. La forme de ces anses d'une part, de l'autre le sens dans lequel elles sont forées sont des marques, comme on sait, de très haute antiquité (Fig. 206, à gauche).

Fig. 20G. — Meca. (Louvre.)

Une autre urne funéraire de même origine a aussi conservé ses deux anses, mais celles-ci sont des pièces adventices très dégagées de la panse, leur forme est d'ailleurs toute simple, comme le montre la figure 20G (à droite), et leur petitesse prouve qu'elles étaient plutôt destinées à une corde de suspension qu'elles ne servaient à porter l'objet directement avec la main.

Très fréquemment, dans les ustensiles de grandes dimensions, l'anse, comme il est naturel, devient plus large, plus épaisse et se renforce même d'un boudin d'argile en relief (Fig. 207). Quelquefois elle est constituée par deux ou trois boudins juxtaposés Ibid. ou par une torsade Ibid. \ J'ai recueilli un fragment de ce type dont chaque partie est ornée d'une ligne en zigzags réguliers tracée en creux ou au pointillé (Amarejo).

Il semble que la pratique ait prévalu de placer les anses très près de l'orifice; j'ai recueilli deux exemples curieux : la lèvre du vase, à 1 endroit même d'où l'anse partait verticalement, était découpée ici en dents.

là en festons arrondis (Amarejo, Fig. 207). J'ignore du reste quelle était l'intention utilitaire ou artistique du potier.

Les anses, ou plutôt les poignées horizontales ne sont pas rares non plus. Tantôt elles ne sont constituées que par un renforcement du rebord du vase, que l'on double d'une torsade (Ibid., Meca), ou d'une série de pastilles concaves où peuvent venir s'appliquer et se fixer les doigts (Ibid., Meca), tantôt elles consistent en une pièce de rapport, de modèle très simple, par exemple une torsade (Ibid.), appliquée contre la panse ou détachée (Elche, inédit).

De toutes ces dispositions on pourrait trouver des exemples un peu partout. En voici une que je crois originale et qui a beaucoup d'intérêt ; j'en ai recueilli deux débris à Meca flbid.}. On saisissait le vase par le rebord élargi et épaissi, comme je viens de l'indiquer, mais les extrémités de ces sortes de poignées étaient indiquées par l'adjonction d'une volute qui leur donnait un peu l'aspect d'un chapiteau ionique1. Je ne puis m'empêcher de croire qu'en effet le chapiteau de ce modèle, dont les Ibères ont fait usage dans leur architecture, a sa part d'influence dans cette ingénieuse invention 2-

Tout à fait exceptionnelle est comme technique la forme d'une anse qui est conservée à Madrid et provient peut-être d'Elche : le corps de l'anse résulte de l'assemblage d'une grosse corde entre deux tresses, tout cela modelé en relief; mais au point d'attache, le potier a tracé au pinceau, au-dessous de chacune des tresses, deux jolies spirales opposées. Le motif est heureux dans son élégance (Fig. 208).

Quant à la technique, je n'ai rien noté de bien spécial en ce qui concerne la pâte même des vases ; elle est d'ordinaire fine et bien malaxée, toutes les fois que la surface est destinée à recevoir une déco-

1. Il est peut-être bon de rappeler que les ^70, 3o3, 278). Mycéniens ont fait usage des volutes opposées 3. Chacun connaît les grandes amphores

comme motif de décoration. J'en citerai un grecques dont les anses se convulsent en vo-

exemple sur un cylindre formé d'une plaque lûtes. Il est bien entendu que, vu l'époque où

d'or (Schliemann, Mycènes, fig. 484)- Le elles ont été fabriquées, et vu leur beauté,

motif n'est sans doute qu'une traduction de la elles n'ont aucun rapport avec les modestes

représentation conventionnelle du palmier, débris ibériques dont je parle, telle qu'on la voit à Mycènes {Ibid., fig. i63,

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ration peinle, que, par suite, elle est d'une fabrication relativement récente, et que le tour a été employé par le potier. Au contraire, la céramique la plus ancienne (l'usage a dû persister à travers les ans pour les poteries communes) qu'elle soit faite à la main ou au tour2, est fabriquée avec une terre très peu argileuse, pleine de petits grains blancs qui semblent du marbre pilé, ou de petits graviers noirs ; la couleur en

MrS Ans»

Fie. 208. — Elche? (Madrid.)

varie entre le rose vif, les diverses nuances du jaune, le gris et le noir foncé. J'en ai rapporté au Louvre des spécimens divers. Il faut bien remarquer que dans cette série l'épaisseur des parois ne permet de rien préjuger en ce qui concerne la grandeur du récipient. J'ai trouvé des débris de creusets fort exigus dont les flancs étaient beaucoup plus épais que ceux de jarres de fortes dimensions 3. Mais, comme il est juste, puisqu'il s'agit

a. Quelquefois, malgré l'irrégularité évidente et la maladresse du travail, on reconnaît des marques indéniables de tournassage.

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