E. Potlicr, Vases antiques du Louvre, pi. 3i, n
3. Voici quelques exemples caractéristiques que j'ai notés hors de Mycènes et deTyrinthe ; je les ai choisis parce qu'on peut rapprocher de tous ces dessins des dessins ibériques. Troie : Dœrpfeld, Troja und Ilios, I, fig. 171, 17G,
I77> x79' ïSo, 181; Beilage 39, n° III. Thessalie : Sam.VN ide, Nachleben mykenischer Ornamente, dans Athenischc Mitteilungen, XXH, p. 245, fig. i5; XIV, pi. IX. Carie : Athenische Mitteilungen, XII, p. 23o. Crète (Cnossos) : Journal of hellenic studics , igo3, p. 191, fig. 9. Voy. aussi Furtwaîngler et Lœschcke, Mykenische Thongefsesse, pi. VI, n" Va; pi. VII, n° As; pi. XI, n° 56.
4. Voyez encore pi. I, au-dessous des pattes de derrière du carnassier.
LA CERAMIOL'E
mentaires : spirales en S alignées bout à bout(Fig. 91, et une assiette de Saragosse) ; rinceaux simplement alternés de part et d'autre d'une, deux ou trois lignes ondulées (Fig. 169, 170, 171, 172), et des dispositions déjà plus compliquées, où tantôt la symétrie est recherchée et le motif reproduit avec une régularité parfaite, comme on le voit dans de jolies lignes de crosses (Fig. 176, 176) ; où tantôt, au contraire, le pinceau du décorateur s'est abandonné à une fantaisie plus libre (Fig. 92, 128, 129. 1 35-i3c)). Dans cette dernière série il faut signaler comme particulièrement heureuses les crosses juxtaposées dont j'ai relevé d'importants spécimens, en particulier sur la petite urne sans anses trouvée à Meca (Fig. 1 7*3), sur le vase semblable à un pot de fleurs de Saragosse (Fig. 178, 1), sur le débris de l'Amarejo dont j'ai reproduit le dessin figure i34 et sur plusieurs fragments de grandes jarres de même provenance (Fig. i3l, i32). Quelques-uns de ces derniers débris appartiennent d'ailleurs à la troisième catégorie, celle où la spirale ne se suffit plus à elle-même, mais joue son rôle dans des motifs quelquefois assez complexes ' .
Il serait trop long d'analyser même les principaux de ces motifs, et les dessins que j'en ai pris (Fig. 87, 88, 89, 90, 120, 121, 180, i83.2, etc., etc.) me dispensent d'entrer dans le détail. Mais je dois insister sur un point qui a la plus haute importance, à savoir que ces dessins surtout permettent d'établir la parenté des vases ibériques où sont peintes des combinaisons de ce genre avec les vases mycéniens ; c'est que seule jusqu'ici, si je ne me trompe, la céramique mycénienne a présenté des dispositions analogues \ 11 serait facile de multiplier
1 . Cf. des crosses sur une peinture murale du palais de Tirynthe dans Schliemann, Tirynthe, pi. VI. J'ai noté aussi, comme ayant des analogies intéressantes avec les crosses ibériques, les motifs suivants : Journal of hellenic studies, 1901, D. G. Hogarth and F. B. Welch, Primitive painted pottery in Crète, fig. 10; M. Mayer, Ceramica dell Apulia preellenica, dans liœmisc/ie Mitleilungen, XII,
2. Je ne prétends pas. naturellement, que la spirale ou la crosse n'aient pas tenu leur
place dans lacéramiquc en dehors des produits mvcéniens; mais c'est là seulement qu'elles se rencontrent en abondance comme un ornement primordial du décor. En parcourant l'album des Vases antiques du Louvre de M. Pottier, je la rencontre sur trois \ases étrusque- (pl. 20, C, 4i ; pi. 25, G, 5ôi ; pi. 2$, G. 66'i (crosse fort semblable à celle de la petite lasso de Meca (fig. l53), du vu1' ou vic s. après J.-C), et sur un vase de style corinthien trouvé en Italie (pi. 5o, E, 6Ji 2) . Mais ce dernier vase (viu s.) est déjà une œuvre appartenant à la
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encore, ici ou dans des notes, des comparaisons entre les documents mycéniens et les nôtres, mais cet étalage d'érudition facile serait fastidieux, cl de plus sans grande utilité, tant les faits parlent clairemen t ' .
La spirale enlrc, à Mycènes, pour une large part dans l'ornementation végétale : l'élégance naturelle des vrilles enroulées à donné sans peine Vidée du rinceau. En Espagne il en est de même. Des fragments d'Elche (Fig. 87, 88), de l'Alberca (Fig. 90) et surtout de l'Amarejo (Fig. 89, i3o, i3i, i33), sans oublier Meca (Fig. 186-139, etc), en montrent l'exemple constant, et les dessins où apparaît la spirale sont ceux qui donnent surtout à la collection entière l'impression d'influence mycénienne. Au premier rang il faut placer les restes des grandes jarres de l'Amarejo que j'ai décrites (Fig. i3o-i 33), où le mélange des crosses, des vrilles, des spirales, des enroulements en forme d'escargots est si original, mais évoque tant de souvenirs de l'Orient 2.
Si Ion considère d'autre part les dessins végétaux où 1 enroulement ne joue pas le principal rôle, on est aussi frappé des nombreux rapprochements qu'ils éveillent avec l'ornementation mycénienne. Cinq tessons espagnols montrent la plante copiée d'après nature, dans sa forme réelle (Fig. 93, 94, 99, 100 et surtout 101 (Tarragone)3. Notre figure 99
Grèce classique ; un rang de spirales décorant la naissance de la panse n'est qu'un ornement très secondaire, une simple bordure. Il en est de même pour les vases d'Éginc publiés par M. L. Pallat dans les Athenische Mitteilungen, XXII, fig. a5, 00, 33, 4o. Ce simple relevé suffit à assurer ma thèse.
1. Voyez cependant Schliemann, Tirynthe, fig. l\i ; i46 a et b. Il faudrait y ajouter les peintures murales, pi. Y et suivantes; Mykenische Vasen, pi. XXIX, nos 255, 261; XXXV, no 357; XXXVI, no« 361, 37o, 37i, 374, etc.
2. Il suffit de comparer a nos figures les quelques dessins suivants : Schliemann, 77rynthe, p. 333, fig. i.'ifi; Duncan Mackenzie, The pottery of Knossos, dans Journal of hellcnic studios, kjo3, p. 177, fig. 4; pi- V; pi. \ II, n° 1 7 (abstraction faite de la couleur) ;
Dcerpfeld, Troja und Ilios, I, fig. 171, 180. Pour les spirales à forme d'escargot, voy. supra, p. 73, et note. Je signale particulièrement quelques débris mycéniens trouvés à Rhodes, et conservés au Louvre (E. Pottier, Catalogue des vases antiques de terre cuite, l'e partie, p. i5q, nos 277 à 285). Quelquesuns de ces tessons ont reçu une décoration florale avec des spirales; ce sont les plus semblables que je connaisse aux tessons ibériques pour la couleur de la terre et de la peinture, et pour le style.
3. La figure 96 rappelle de très près la plante figurée sur un vase de Cnossos publié par M. Duncan Mackenzie (.Tournai of hellenic sludies, 1903, p. 178, fig. 5). C'est une sorte de fougère ou de scolopendre. Bien entendu je parle seulement de la forme, la technique étant toute différente. Dans le même
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(Elche) ressemble d'assez près à un fragment de peinture murale de Tirynthe ' ; c'est la même plante qui est dessinée Figure o3 (Elche) et sur un vase de l'Acropole d'Athènes -, et quant aux vrilles de la figure 9 .'1 , c'est par dizaines qu'on leur trouverait des similaires dans les albums de MM. Furtwaengler et Lœschcke. Au contraire, je ne trouve rien que rappelle le dessin de notre figure 100 (Amarejo) où sont représentées sans doute des grenades. Je ne sais si le grenadier était indigène sur la cote orientale de l'Espagne ; si oui, il y aurait là un fait d'observation notable, parce que l'invention ni la copie de la nature ne semblent des qualités bien développées chez les Ibères. Les fleurettes du fragment de Tarragone représenté par la figure 101 semblent aussi originales ; on ne retrouve, chez les Mycéniens, les marguerites que stylisées.
Les exemples de fleurs ou de plantes stylisées sont d'ailleurs nombreux et je les ai décrits plus haut ; je me borne à rappeler les figures io4 à 116. Les seules qu'on pourrait essayer de compléter donneraient des images très voisines de celles qui décorent, par exemple, la panse d'un beau vase d'Ialysos 3 et de deux beaux vases de Mycènes 4.
Comme il était facile de le prévoir, un certain nombre de dessins ne rentrent dans aucune des catégories précédentes, et néanmoins se rattachent à une ou à plusieurs d'entre elles. Je les ai naturellement groupés avec les motifs qui me semblent avoir le plus d'analogie avec eux °.
Quelques-uns ne manquent pas d'intérêt. Ainsi les figures 87 et 88 font songer au décor de certaines peintures murales de Tirynthe, où l'on dirait représentées de grandes ailes d oiseaux, de sphinx oude griffons ". Si les figures 4 9 à 54 ne font que nous montrer un ornement courant très répandu, des S alignées parallèlement ou feignant de se pourtravail quelques- uns'des dessins qui constituent Mykenische Thonge fasse, pi. II — l'errot la figure n montrent d'ailleurs des copies de et Chipiez. Histoire de l'art, Grèce primifeuilles naturelles traitées exactement comme tive, pi. XXI.
les peintures de nos tessons ibériques. Cerap- 5. Kig. '19, 5o (Klche); ji à .>'i (Meca); 27,
port est très notable. 2 (Lorca); >.i (Amarejo): 27, 1 (Elche) : 1 10.
1. Schliemann, Tirynthe, fig. 109, i4o. 1 45 (Amarejo); 199 (Mcca) ; 1 \> (Mcca) ;
2. Mykenische Vasen, pi. XVI, n° io4. 117. 119 (Amarejo); 26 (Amarejo); 17Î