Le Père Lozano a dessiné dans son His- Espagne
LES FIGURINES DE BRONZE jrn
Il n'y a, du reste, rien d'étonnant à ce que ces influences diverses, si influences il y a, se manifestent dans des œuvres qu'on dirait toutes fabriquées à la même époque lointaine, car cette concordance chronologique, si on l'admettait, ne serait qu'une illusion. C'est surtout lorsque les croyances religieuses sont en jeu que les types, les formes, les conventions peuvent persister de longs siècles, quand d'ailleurs les ouvriers semblent assez mal doués par la nature, et c'est ici le cas.
Si j'arrive maintenant à des figurines de valeur un peu plus élevée, le caractère ibérique est surtout marqué dans deux séries de petits bronzes qui méritent aussi d'être étudiés en détail. La vue, du reste, en est moins pénible que celle des ex-voto précédents. La première de ces séries comprend des hommes dont la tête est nue, et qui sont vêtus comme les guerriers lusitaniens de Lisbonne et quelques-uns des guerriers de la collection Saavedra, d'une tunique courte, tombant jusqu'à mi-cuisses et serrée ou non à la taille par une large ceinture.
M. Vives en possède deux de ce type. L'un représente un homme debout, les deux pieds joints, bien que le jour passe entre ses jambes, et les deux mains posées sur les hanches, ce qui oblige les bras à se séparer du corps (Fig. 2C8). Le bronze est d'une facture très molle et très lourde; les traits du visage sont à peine modelés1. Le chanoine Lozano a reproduit dans son Histoire de Jumilla une figurine du même type, sauf que les mains tombent tout droit contre les flancs 2. La tunique est serrée au cou par une sorte de cordon ou de cravate. Suivant Lozano, le bronze proviendrait de Monteagudo. J'incline fort à croire que l'original n'est pas perdu. Il y a en effet au Louvre une statuette absolument semblable à celle-là, qui m'a été gracieusement donnée par le Supérieur du célèbre monastère de Santa-Anna, près de Jumilla ; suivant une indication peu affirmative du reste, l'objet aurait été trouvé à Gehegin, ville