‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 2)Chapitre 37 sur 81 · Revista de Archivos, 1900, pi. VII, de Grenade · texte numérisé non relu

Revista de Archivos, 1900, pi. VII, de Grenade

n° 18, p. i55. Hauteur ora,i02. Bronze de a. PI. IIII, n° v. Provenance: Murcio.

ton doré clair, avec un peu de patine. Provient

très peu éloignée de Murcic. Les figures 272 et 273 le montrent de face et de profil. Haut de i3 centimètres, le bonhomme a une grosse tête de type sémitique, un torse et des cuisses très plats, mais de gros mollets. L'oreille, au lieu d'être en relief, est dessinée par un Irait creux; les cheveux sont lisses, mais leur chute est indiquée par un relief sur la nuque ; les mains semblent comme enfouies dans des poches. C'est encore ici un spécimen médiocre. Mais la seconde statuette de M. Vives (Fig. 267)

Fie. 267-271. — Collection Vives et Musée de Madrid.

vaut un peu mieux. Elle représente peut-être un conducteur de char; sous ses pieds sont des tenons pour le fixer à un autre objet \ Ses jambes sont écartées et ses bras ramenés en avant par deux gestes divers. Le corps est assez mal façonné, mais la tête, que les cheveux coiffent comme un casque, a du moins apparence humaine. La tunique n'a pas de ceinture, mais s'étrangle à la taille pour s'évaser jusqu'au bord inférieur ; elle s'arrête juste à la naissance du bas-ventre, que cache une pointe allongée de l'étoffe 2.

1. A. moins que ces deux tiges ne soient 2. Revista de Archivos, 1900, pi. IV,

simplement deux coulées de métal non limées n° 17, p. i55. Hauteur om,i55, Rencontrée

après la fonte. entre Grenade et Séville (?).

les Figurines de bronze

Au Musée de Madrid, sous le numéro 35 16, j'ai noté une figurine analogue, dont la provenance est inconnue (Fig. 269). Elle est de proportions très courtes et vaut à peu près ce que vaut la précédente, quoique

Fig. 272-273. — Bronza trouvé à Cehegin. (Musée du Louvre.^

d'un style différent. L'une des mains, la gauche, est conservée ; le poing se ferme pour tenir un objet ; le bras droit est tendu vers le côté et un peu en avant, sans doute pour brandir un trait. Les yeux, à fleur de tête, sont surtout déplaisants et maladroits \

I. J'ai photographié à Elche, dans la collection du marquis de Lendinez, à la Calahorra, un guerrier vêtu de même, sauf que la jaquette est plus courte ; la main droite est percée, et tenait une lance ; le hras gauche est très long, arrondi et porté en avant ; la

main est posée sur le ventre. Hauteur o™, 12. Le chanoine Lozano (f/ist. de Jumilla, pi. IV, n° vm) a donné l'image d'un guerrier debout, les pieds serrés, dont les mains sont disposées comme celles du bonhomme d'Elche ; mais devant le corps la main gauche

LES FlGLÎUIVES t)E BRONZE

Le bronze suivant, qui se trouve aussi au Musée de Madrid, est plus grand et plus intéressant (Fig. 2 7 4). Il représente un soldat marchant vers la gauche, et en acte de bataille. Sa main droite portée en avant dressait une lance ou un javelot, tandis que la gauche, rejetée en arrière,

Fig. 274. — Musée de Madrid.

s'apprêtait à porter un coup avec une arme du même genre. La tunique est serrée à la taille par un ceinturon ; les deux bords se croisent en des-

tient un petit bouclier rond. Ce détail explique très bien l'attitude de la figurine d'Elche. Là se borne le rapport ; le soldat de Lozano (provenance: Murcie) est vêtu de la tunicpie

courte, à manches, dont seulement le corsage a l'air formé de deux pans croisés. Il porte un bracelet au bras gauche, au-dessus du coude.

sinant une échancrure à la naissance de la poitrine. Le mouvement et le geste sont assez naturels. Par malheur la tête, dont tous les traits sont épais et obtus, et qui semble sourire niaisement, relève le menton dans une torsion maladroite.

Il y a, au Musée épiscopal de Vich, près de Barcelone, une statuette assez soignée (Fig. 275 et 276) dont la provenance n'est pas indiquée et qui donne de ce costume une variante intéressante. Sans compter que le ceinturon est très large et si serré qu'il coupe vraiment le corps en deux, le haut de la tunique est transformé en une sorte de cuirasse par une large bande côtelée qui passe sur les épaules et sous les bras, formant

Fie. 270-276. — Musée épiscopal de Vich.

Fig. 277. — Bronze d'Oreto.

sur le dos une croix ; une bande semblable va transversalement, sur la poitrine, d'une aisselle à l'autre. Les deux bras sont repliés et tendus en avant depuis le coude ; les jambes, fortement musclées et jointes, sont modelées avec assez de justesse et de vigueur ; la tête est de proportions satisfaisantes, et les traits du visage ne sont pas mal dessinés. ^ oicidonc enfin une œuvre où l'on peut trouver quelque mérite d'art. M. Méhda a publié une figurine à peu près semblable à celle-là et qui a été découverte à Oreto, termino de Granatula (Giudad Real). Elle est haulc de 11 centimètres, tandis que celle de Vich n'en mesure que huit. Elle porte aussi la cuirasse à bretelles, mais la bande qui barre la poitrine de

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l'autre fait ici défaut. Le bronze est d'ailleurs d'exécution moins fine, à ce qu'il me semble (Fig. 277) l.

Enfin, c'est encore à MM. Vives et Mélida que l'on doit la connaissance du plus intéressant bronze de cette catégorie. Il représente un cavalier qui, par malheur, a été brutalement séparé de son cheval. Au lieu d'un ceinturon, il porte autour de la taille, sur la tunique, une grosse torsade enroulée, quelque chose comme la ceinture longue qui sert au

menu peuple, dans tant de provinces d'Espagne et de France, à assujettir les pantalons. A ses jambes sont des bottes peu montantes, puisqu'elles s'arrêtent audessous des mollets.

C'était sans doute un soldat qui menaçait l'ennemi de sa lance ; c'est du moins ce que fait supposer la position du bras droit, seul conservé.

Gomme œuvre d'art, le bronze est plus que médiocre ; les bras et les jambes sont trop longs et grêles ; le cou, de forme conique, est monstrueux ; mais la tête, surtout vue de profil, a un peu de finesse. Je ne discute pas la question de savoir si ce cavalier est le dieu ibérique que les archéologues espagnols appellent de ce nom commode Jinete, et sur lequel j'aurai à revenir (Fig. 278-279) 2.

Fig. 278-279. — Jinete de la collection Vives.

1. J.-R. Mélida, Revista de Archivos, 1897, p. i^8 II est curieux de comparer les bretelles de ces deux petits guerriers à celles d'un autre guerrier découvert à Girgenti {Revue archéologique, 1897, pi. XVII), et celles que portent quelques guerriers Sardes, par exemple Corpus Inscriptionum seiniticarum, pars prima, I-i, p. 397, et Perrot et Chipiez, Histoire de l'art, IV, fig. 57.

2. Ibid., 1900, pi. X, p. i63, n° 54. Hauteur om,i4. Provenance ignorée. Le chanoine Lozano, dans son Histoire de Jumilla, que j'ai plusieurs fois citée, donne le bizarre dessin d'une figurine trouvée, dit-il, à Monteagudo (pi. I1II, n° 11) qui représente un guerrier debout, les jambes écartées, tenant de chaque main un court poignard (?). Il porte une sorte de casque, et il est vêtu de lajaquctte à man-

LES FIGURINES DE BRONZE l83

La tunique serrée à la taille n'était pas un vêtement réservé aux soldats. Ce sont peut-être des prêtres, ces troispersonnages qui la portent avec cette légère variante que la partie supérieure, au lieu d'avoir des manches, enveloppe le torse comme un camail, et que la jupe est tout à fait courte. Deux de ces figurines sont au Musée de Madrid. La première (Fig. 270) a perdu les deux bras à l'endroit juste où ils sortaient du camail ; sa tête est fort laidement construite et, généralement, la facture est lourde, carrée, sans aucun soin ' ; la seconde, qui n'a perdu que le bras droit, est plus petite, plus trapue, un peu mieux dessinée. Cependant sa main énorme fait un pitoyable effet, et sa tête, qui porte une longue chevelure tombant sur la nuque, est d'un style très primitif; c'est du mauvais archaïsme (Fig. 27 1)2.

Le troisième bronze est complet ; il fait partie du riche cabinet Vives. C'est lui qui donne la meilleure idée de ce geste religieux des deux bras, semblable à certain geste du prêtre catholique disant la messe ; les mains ouvertes semblent appeler et accueillir en souhaitant la bienvenue. Il est fâcheux que dans le cas actuel ces mains soient de taille énorme et modelées sans le moindre souci de vérité. La coiffure du

prêtre est curieuse ; il porte autour du crâne une sorte de casque d'où pend, à droite et à gauche, jusque sur l'épaule, une très épaisse torsade de cheveux (Fig. 280) 3. La ligure 281 représente, vue de dos,

Fig. 380. — Prêtre ibérique.

(Collection Nives.)

clies dont le col et le bord inférieur semblent brodés de grosses perles ; le même ornement se retrouve sur la ceinture, qui est large, et très serrée, faisant la taille mince.

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