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X°s iqo58 et iaoô() de l'inventaire du Cordoue

Musée archéologique de Madrid. La prove- 3. Collection Gôngora, n° 802.

Après le Musée de Madrid, il faut citer celui de Murcie. Les quelques vases de style indigène qui s'y trouvent proviennent peut-être de Monteagudo, et ont été donnés par D. Eulogio Saavedra. Ce musée est l'un des plus pauvres et des plus abandonnés de l'Espagne. Je ne connais de plus lamentable que celui de Cuenca. Il n'y a ni inventaire ni catalogue,

Fig. \\. — Vase ibérique provenant d'Arse Edetanorum (?). Académie de l'Histoire, à Madrid.

et l'archéologie, dans cette merveilleuse province, la plus riche peut-être de la Péninsule en antiquités, est dans le plus complet désarroi.

Le Musée de Grenade ne valait guère mieux quand je l'ai visité une première fois, installé^') dans une salle ohscure de la Casa Consistorial : la seconde fois il était transporté dans une belle maison, mais bien en désordre, du moins en ce qui concerne les antiques. J'y ai noté deux ou trois petits vases à dessins ibériques, en particulier celui qui porte le numéro 5i6. La provenance n'en est pas indiquée.

Le Musée de Valence, sous la direction éclairée de D. Luis Tramoyeres Blasco est bien mieux tenu, mais incomplètement installé en ce

qui concerne la section des antiques. Les inscriptions latines et nombre d'importants fragments d'architecture ou de sculpture sont encore entassés pêle-mêle dans une cour, fort exposes aux intempéries, et difficiles à étudier. La richesse de la collection de tableaux, où se trouvent tant de belles œuvres de la grande école valenciane, fait un peu tort à l'archéologie. Je n'ai pas vu dans la salle des antiquités de spécimens de poterie ibérique peinte. Mais M. Tramoyeres Blasco m'en a montré quelques débris qui venaient d'être envoyés, en octobre 1899, à l'Académie des Beaux-Arts dont il est le secrétaire ; la provenance indiquée était Ledafia, partido de la Molilla dcl Palancar, dans la province de Cuenca.

Pour retrouver de la céramique indigène décorée, il nous faut maintenant faire un saut brusque, et remonter en Catalogne. Le Musée de Tarragone est surtout riche en céramique romaine. Il y a pourtant quelques fragments ibériques de première valeur. Ils ne sont pas tous inédits. Quelques-uns ont été étudiés en 1899 par M. G. J. de Guillén-Garcia, dans un mémoire qui n'est pas passé inconnu en Espagne, et où l'auteur veut soutenir cette thèse extraordinaire, que les Hétéens ont colonisé la Catalogne ', thèse déjà mise en avant par D. Salvador Sanpere y Miquel en 1878 \ Les fragments en question ont été trouvés à Tarragone même.

A Barcelone, le Musée provincial conserve quelques exemplaires. La provenance indiquée est Arles en Provence, et il n'y a pas là une grosse difficulté, soit que ces vases aient été importés en Gaule par Marseille, soit que les Ligures aient eu des fabriques analogues à celles de leurs proches parents de la Péninsule. Mais on peut néanmoins conserver quelques doutes sur l'exactitude des renseignements. Au Musée historique municipal il y a aussi un petit vase de la même série, et de nombreux fragments, trouvés, à ce qu'il semble, à Ampurias.

C'est aussi d'Ampuriasque proviennent quelques débris rassemblés au

I. G.-J. de Guillén-Garcia, Les Hétéens 2, 3, !\ ; ils portent au Musée les numéros

ont-ils colonisé la Catalogne? Acropole 2567, 2565 et 2563. Yoy. nos fig. 101, i35,

eyelopéenne de Tarragone (Extrait des 192.

Comptes rendus du IVe Congrès scienti- 2. D. Salvador Sanpere y Miquel, Origens

fif/tte international tenu à Fribourg (Suisse) y fonts de la nacio catalana, Barcelona,

en août 1897 (Fribourg, 1899). Trois des 1878.

fragments en question sont dessinés aux fig.

Musée de Gérone, parmi les vases grecs précieux sortis en foule de la nécropole de la colonie marseillaise.

A la Bibliothèque-Musée dont l'illustre Victor Balaguer a doté sa ville de Villanueva y Geltrii, près de Barcelone, j'ai dessiné trois fragments ibériques décorés au pinceau, apportés on ne sait d'où. Un seul a de l'intérêt (Fig. i5).

A Saragosse le Musée provincial conserve quelques vases et coupes d'un très grand intérêt, si j'en juge par les photographies qu'a bien voulu en prendre pour moi mon ami D. José Ramon Mélida. Je n'en connais pas l'origine, mais il y a lieu de croire

qu'ils proviennent des fouilles faites par le distingué professeur de l'Université de Saragosse, D. Pablo Gil, il y a d'assez longues années, dans ce qu'il estime être l'ancienne ville Arsé des Edétaniens, mentionnée par Ptolémée1.

M. Gil possède une collection de vases ibériques qui doit être fort intéressante, si j'en juge par les

deux Spécimens qui en ont FlG- l6- — Lr,ie dc la collection Gil à Saragosse.

été reproduits par la gravure (Fig. 16), et l'on doit attendre avec impatience la publication qu'il préparc dc ses fouilles2.

Fig. i5.

Musée Balaguer.

1. Ptol., Geogr., Il, 6, 62. C'est sur l'emplacement de la ville moderne de Hijar, province de Teruel, qu'on a cru retrouver l'antique ville des Edétaniens (voy. J. R. Mélida, El

Jincle ibérico, dans le Boletin de la Socie-

dad de Excursiones, aoùt-scptcmbrc 1000).

■i. M. Pablo Gil, à qui j'avais demandé de

bien vouloir me communiquer des dessins de

LA CERAMIQUE

Je dois aussi signaler des urnes funéraires trouvées à Cabeza del Griego, province de Guenca, parD. Roman Garcia Soria, qui les conserve dans son corral à Ucles, et des tessons décorés d'ornements circulaires au pinceau que j'ai ramassés moi-même dans les mêmes ruines.

Fie. 17. — Collection Simon, à Palencia.

Les urnes de M. Roman, hautes de vingt-cinq à trente centimètres, sont de formes très simples, renflées au ventre et un peu étranglées au col, semblables à de véritables pots à soupe. Les dessins sont réduits à des bandes horizontales peintes en brun autour du col et de la panse ' .

ses vases ibériques, m'a très aimablement répondu qu'il ne pouvait le faire actuellement, car sa collection n'est ni mise en ordre, ni cataloguée ; mais qu'il mettrait bientôt des photographies à ma disposition, ayant du reste l'intention de publier ses recherches très prochainement. Au moment où le présent livre s'imprime, il ne m'est pas encore possible de combler la lacune que je laisse ici. Les deux vases du cabinet de M. Gil auxquels je fais allusion sont publiés dans Anselmo y Pedro Gascon de Gotor, Zuragoza artîstica, monu-

mental y historica, 1. 1, planche sans numéro. Sans doute la grande urne de l'Académie de l'Histoire à Madrid (voy. plus haut fig. i4) provient aussi des recherches de M. Gil.

1. Sur les recherches faites à Cabeza del Griego, voy. J. de D. de la Rada et Fita, Excursiones arqueologicas a Ucles, Sahelices y Cabeza del Griego, dans Boletin de la Real Academiade la Historia, juillet-septembre 1889, et D. Palayo Quintero, Bulletin hispanique, 1902, p. i85.

LA CÉRAMIQUE 3f)

Enfin, M. le D1 Simon y iSieto possède à Palencia quelques vases peints dans le même style que tous les vases qui motivent cette énumération, et qui ont été trouvés à Palencia même, avec nombre de vases romains dont ils diffèrent absolument par les formes assez basses et ramassées; notre figure 17 donne exactement sinon la décoration, du moins le galbe des principaux.

En terminant cette sorte de catalogue, je dois insister sur ce point que je ne prétends pas être complet. Je serais même fâché de l'être, car je pense que la céramique ibéro-grecque s'est répandue sur toute la surface de l'Espagne et qu'il en existe des produits en maintes ruines ou villes, dans maintes collections que je n'ai pas nommées parce que je ne les ai pas visitées. Je m'en suis tenu à ce que j'ai vu de mes propres yeux et étudié. Je n'ai mentionné que les spécimens dont le caractère ne me paraît pas discutable.

Si j'écrivais une histoire générale de la céramique de l'Espagne ancienne, je devrais d'abord étudier les très nombreux vases ou fragments qui, dans les différentes stations que j'ai énumérées ou décrites, représentent une industrie purement indigène, à ce qu'il semble, et qui par plus d'un côté ont comme un aspect préhistorique. Ils proviennent certainement de fabriques espagnoles, et ne sont pas importés, bien qu'ils aient à coup sûr voyagé dans l'intérieur du pays. Il s'agit dune poterie grossière, épaisse et rude, faite quelquefois à la main, mais d'ordinaire au tour, laquelle ne porte jamais aucune trace de décoration à la pointe ni au pinceau. La pale, tantôt noire, tantôt grise, tantôt rouge, suivant la nature de l'argile et le degré de cuisson, en est malaxée avec peu de soin, pleine le plus souvent de petits grains de sable, de mica ou de marbre que la chaleur insuffisante des fours n'a pas réussi à mettre en fusion. Beaucoup proviennent probablement de très antiques établissements ibères; mais il est probable aussi que la fabrication et l'usage s'en sont conservés même à des époques de civilisation assez avancée. On sait combien sont imprudentes, en fait de céramique, les chronologies trop

LA CERAMIQUE

rigoureuses, et comme il faut tenir compte de la survivance de certains types, due à la routine des consommateurs autant qu'à celle des fabricants. Mais cette poterie, tout intéressante qu'elle soit, doit rester hors de mon sujet, car elle ne témoigne d'aucune influence étrangère.

D'ailleurs, si les restes n'en étaient pas trouvés constamment avec des tessons décorés de facture beaucoup plus jeune, on serait tenté de les

Fig. 18. — Urnes de La Cabcza la Inbestida (Totana).

appeler préhistoriques. Ce qui ne veut pas dire que les céramistes espagnols préhistoriques n'aient fabriqué que des objets très grossiers de forme et de technique. Entre mille exemples, je signale les grandes et fines jarres que j'ai photographiées à Totana (Fig. 18), et qui proviennent de la très importante station voisine que l'on appelle Cabeza la Inbestida. J'en donne l'image, qui peut servir à d'instructives comparaisons.

De propos délibéré je laisse aussi de côté les vases moins nombreux, mais assez répandus encore, dont la décoration, purement géométrique, est gravée sur l'argile. J'en ai recueilli des spécimens intéressants à l'Ama-

rejo et à Meca, plus ou moins fins de terre, de forme ou de décoration ; il y en a de fort intéressants aussi au Musée de Madrid, par exemple, jet au Musée de Gérone1 (Fig. 19). Mais s'ils sont, comme je le crois, d'âge plus récent, ils ne s'en rattachent pas moins par la technique du décor aux types préhistoriques et, sauf exception, n'ont pas de caractère spécialement ibérique.

Je dois aussi, à mon grand regret, ne pas faire entrer dans le cadre de

Fjg. 19. — Vases préhistoriques au Musée de Gérone.

cette étude la poterie à décor géométrique incis avec incrustations de pâte blanche dont plusieurs importants dépôts ont été retrouvés en différents lieux de l'Espagne, en particulier à Ciempozuelos , près de Madrid2, dans la grotte de Palmella, près de Setubal, en Portugal', à Talaveira de la Reina \ et tout récemment dans la vallée du Bétis, par M. Georges Bonsor. En effet, ce sont des vases préhistoriques. Une commission de l'Académie de l'Histoire chargée d'étudier les trouvailles de Ciempozuelos, et composée de MM. Juan Facundo Riano, Juan de Dios de la Rada y Delgado, Juan Catalina Garcia, a conclu ainsi : « Les vases de Ciempozuelos, par leur forme, leur technique et leur décoration, étant donnés

1. Je donne l'image des trois plus inté- l'Espagne et du Portugal, fig. 107-ini. ressants que j'ai photographiés à Gérone, à M. Cartailhac ne dit pas que les traits incis du titre d'exemples (Fig. 19). décor aient été remplis de pâte hlanche.

2. Boletin de la Real Academia de la 1. Boletin de la Real Academia de la Historia, xxv, p. 436 (avec 12 planches). Ilistoria, 1897, p. V»8.

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